"Conseil de paix" : les pouvoirs de Trump y sont gigantesques, il a même choisi des bras droits très connus
Premier jour du "Conseil de paix" de Donald Trump. C'est ce jeudi 22 janvier 2026, en marge du Forum économique mondial à Davos, en Suisse, que le président américain signe la charte de la nouvelle institution créée par ses soins dans le but de concurrencer l'Organisation des Nations unies (ONU). Le conseil qui devait initialement se contenter de superviser la reconstruction de Gaza est finalement présenté comme "une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits" selon la charte obtenue par l'AFP.
Des missions qui incombent déjà à l'ONU, mais qui ne sont pas remplies selon Donald Trump. Le milliardaire critique les "approches et institutions qui ont trop souvent échoué" de l'institution internationale et appelle plusieurs pays à s'en "écarter" au profit du "Conseil de paix" qu'il compte bien entendu présider. Si aucun membre de l'ONU invité à s'associer au projet du président américain n'a annoncé quitter l'organisation, ils sont plusieurs a avoir accepté l'invitation. Au moins une vingtaine selon le décompte.
Ces pays prêts à rejoindre le "Conseil de paix" de Trump
L'invitation des Etats-Unis à rejoindre ce nouveau conseil n'a pas rencontré de franc succès en Europe. Plusieurs pays, dont la France, la Norvège et la Suède, l'ont déclinée. La plupart des pays n'ont pas répondu, mais se sont montrés sceptiques. Seules trois nations ont accepté l'offre : l'Albanie, la Hongrie et la Biélorussie.
Reste que sur les plus de 50 invitations envoyées par la Maison Blanche, une vingtaine a reçu des réponses positives. Parmi les pays à avoir accepté on compte d'anciennes républiques soviétiques comme l'Arménie, l'Azerbaïdjan, le Kazakhstan et l'Ouzbékistan et plusieurs pays du Moyen-Orient : l'Arabie Saoudite, le Bahreïn, les Emirats arabes unis, l'Egypte, Israël, la Jordanie, le Qatar et la Turquie. Quelques pays d'Amérique ont accepté de siéger ou comptent le faire à l'instar de l'Argentine, le Paraguay et le Canada. Même chose pour plusieurs pays d'Asie comme l'Indonésie, le Pakistan et le Vietnam. Le Maroc complète la liste des pays à avoir dit oui. Selon la charte, il suffit que trois pays la signent pour rendre possible la création du "Conseil de paix", un objectif a priori atteint.
D'autres puissance ont été conviées comme la Commission européenne, l'Australie, le Brésil, la Chine, l'Inde ou la Russie, mais ces dernières n'ont pas encore donné de réponse. La Chine a semblé émettre des réserves indiquant défendre un système mondial centré sur l'ONU. Quant à la Russie, Vladimir Poutine a déclaré avoir chargé le "ministère russe des Affaires étrangères d'étudier les documents qui ont été transmis et de consulter [les] partenaires stratégiques à ce sujet" avant de répondre à l'invitation. Le Kremlin n'a donc pas encore tranché, contrairement a ce qu'a affirmé Donald Trump se réjouissant de la participation russe au "Conseil de paix".
Comment fonctionne le "Conseil de paix" diriger par Donald Trump ?
Si Donald Trump souhaite concurrencer l'ONU avec une nouvelle instance internationale, c'est lui qui devrait être le seul chef à bord. C'est en tout cas lui qui, en tant que président, aura les plus grands pouvoirs. Le charte du "Conseil de paix" prévoit que le milliardaire sera à la tête de l'organisation jusqu'à ce qu'il "démissionne", il pourra donc conserver sa présidence même après la fin de son mandat présidentiel. A son départ, Donald Trump pourra également choisir seul son successeur. Le seul autre moyen de retirer la présidence du Conseil de paix à l'Américain sera le constat d'une "incapacité" par l'unanimité du conseil exécutif, lequel est composé de sept membres choisis par le locataire de la Maison Blanche. Parmi eux se trouvent le secrétaire d'Etat américain Marco Rubio, l'émissaire spécial Steve Witkoff, le gendre de Donald Trump Jared Kushner, et l'ex-Premier ministre britannique Tony Blair.
Le président du Conseil de paix disposera de pouvoirs très étendus : il sera le seul à pouvoir inviter d'autres membres à l'intégrer et pourra virer qui lui chante, à moins d'un "veto par une majorité des deux tiers des États membres". Il aura également un droit de veto sur les décisions qui y seront prises, ainsi que la main sur l'agenda de l'instance.
Un ticket d'entrée à un milliard de dollars pour les membres permanents
Si Donald Trump dispose d'un mandat à durée indéterminée pour la présidence de son "Conseil de paix", les pays membres de l'organisation ne peuvent siéger que pour "un mandat de trois ans maximum, avec une possibilité de renouvellement par Donald Trump" selon la charte. Ceux qui souhaiteraient pérenniser leur participation peuvent toutefois s'offrir un siège permanent contre le versement d'un milliard de dollars. Une option à laquelle le roi du Maroc serait prêt à souscrire selon Le Figaro.
Macron décline l'invitation, Trump le menace
La France a été l'un des premiers pays à refuser publiquement de siéger au "Conseil de paix" de Donald Trump. Emmanuel Macron estime, selon son entourage, que cette initiative "soulève des questions majeures, en particulier quant au respect des principes et de la structure des Nations unies, qui ne sauraient en aucun cas être remis en cause". Avec ce refus, le chef de l'Etat a irrité son homologue américain qui a aussitôt proféré des menaces pour contraindre le Président a changé d'avis : "S'il se montre hostile, j'imposerai des droits de douane de 200 % sur ses vins et ses champagnes et il nous rejoindra. Mais il n'est pas obligé".
Des déclarations qui n'ont pas plu au gouvernement français. "Comme nous l’avons toujours souligné les menaces tarifaires pour influencer notre politique étrangère sont inacceptables et inefficaces", a réagi l'entourage du chef de l'Etat.
A la mi-janvier, plusieurs pays ont indiqué avoir reçu une invitation à rejoindre le "Conseil de paix" que Donald Trump entend créer et présider. Cette instance, initialement pensée par le président américain dans le cadre des négociations de paix à Gaza, devait normalement superviser la reconstruction de l'enclave palestinienne. Mais le milliardaire présidente désormais ce "Conseil de paix" comme une "une organisation internationale qui vise à promouvoir la stabilité, à rétablir une gouvernance fiable et légitime, et à garantir une paix durable dans les régions touchées ou menacées par des conflits" selon la charte consultée par l'AFP. De quoi manifestement concurrence l'ONU, vivement critiquée par le président américain.
Plusieurs pays européens ont été conviés, mais aucun n'a répondu, pas plus que la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen. La Russie a également été conviée, mais le maître du Kremlin n'a pas donné de réponse non plus. Seul Emmanuel Macron a tranché et a décliner l'invitation de Donald Trump, provoquant la colère de ce dernier. Le président américain s'est moqué de son homologue français et du fait qu'il "ne sera bientôt plus au pouvoir" avant de le menacer de taxer à 200 % les vins et champagnes français en cas de refus pour le pousser à revoir sa position.