La chanteuse Théodora juge que la France est "raciste" et donne des détails
Une sortie qui fait parler. Dans une interview accordée au magazine américain The Fader, la chanteuse Théodora explique que "quand on est une fille noire" au sein de l'industrie musicale en France "il faut se battre cinq fois plus". Lili Théodora Mbangayo Mujinga, de son nom complet, est née en Suisse en 2003. Ses parents ont fui le Congo pour des raisons politiques. Elle a déménagé en Grèce, au Congo, à La Réunion, avant de s'installer en métropole.
Elle s'est notamment fait connaître du public français avec le titre "Kongolese sous BBL" et a obtenu le prix de la Révélation féminine de l'année aux Flammes 2025. La marque de fabrique de Théodora, et de son succès, vient également de ses textes. Elle aborde la sexualité sans pincettes, les relations amoureuses, le plaisir, dans des chorégraphies relativement sensuelles, comparables à certaines stars américaines comme Cardi B ou Nicki Minaj.
"Personne n'aime les filles noires"
Mais selon l'artiste de 22 ans, qui se fait appeler "Lady Boss", "personne n'aime les filles noires", d'où l'importance de faire davantage d'efforts pour les filles noires qui font "de la musique en France". "Si je n'avais pas réussi à me faire une place, vous ne me verriez même pas, parce qu'on vit dans un pays raciste", abonde la jeune femme. Le magazine dans lequel elle s'exprime fait un parallèle entre ses propos et une autre artiste noire ultra populaire en France et à l'international, Aya Nakamura. Elle n'est autre que l'artiste francophone la plus écoutée au monde.
Cette dernière avait notamment été visée par une banderole raciste lors de l'annonce de sa participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris 2024. "Pas question, Aya, ici c'est Paris, pas le marché de Bamako", avaient écrit des membres du groupe nationaliste "Les Natifs". Dix d'entre eux ont été condamnés pour "injure publique aggravée". Une vague de racisme avait aussi inondé les réseaux sociaux après sa prestation devant l'Académie française, pendant la cérémonie lors d'une prestation avec la Garde républicaine.