Procès de Naps : le rappeur condamné pour viol va-t-il aller en prison ?

Procès de Naps : le rappeur condamné pour viol va-t-il aller en prison ? Le rappeur Naps a été condamné pour le viol d'une jeune femme de 21 dans sa chambre d'hôtel. Une peine de sept ans de prison a été prononcée contre l'artiste par la cour criminelle de Paris ce jeudi 19 février.

Le verdict est tombé. Jugé pour le viol d'une jeune femme de 21 ans lors d'une soirée en 2021, le rappeur Naps a été reconnu coupable et condamné à sept ans de prison avec un mandat de dépôt à effet différé. Cela signifie que que le rappeur ne sera pas conduit à prison à la sortie du tribunal, mais sera convoqué dans un délai d'un mois pour être incarcéré. La cour criminelle de Paris a décidé de suivre les réquisitions de l'avocate générale et a également prononcé une peine d'inéligibilité de sept ans contre l'artiste et une inscription de ce dernier au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes (Fijais). L'avocate générale avait jugé cette peine "adaptée" compte tenu du fait que "le risque de réitération s'agissant de l'accusé, aujourd'hui, demeure" et la cour s'est alignée.

Nabil Boukhobza, vrai nom du rappeur marseillais, a toujours contesté les faits qui lui sont reprochés, évoquant un rapport sexuel consenti avec la victime. S'il s'était dit confiant au début de procès et être "tarpin serein", il est devenu plus fébrile au fil des audiences et a été décrit comme "tétanisé par le verdict" par l'un de ses avocats à la fin du procès. Alors que la victime a accueilli la décision "avec beaucoup de soulagement", estimant que "la cour l'a pleinement établie dans sa qualité de victime", a fait savoir son avocat, le rappeur a, lui, annoncé, via son conseil, qu'il comptait faire appel de la décision.

"Elle ne dormait pas, je suis catégorique" : la version de Naps

L'affaire remonte à une soirée organisée dans une boîte de nuit de IXe arrondissement de Paris durant laquelle l'artiste, qui fêtait le succès de son titre La kiffance, a rencontré la plaignante alors âgée de 20 ans. Le rappeur a convié la jeune femme et les deux amies avec qui elle était à sa table pour qu'ils s'amusent ensemble, rapporte La Dépêche. Il leur a ensuite proposé de poursuivre la fête avec l'ensemble de son équipe dans sa chambre d'hôtel située près de la Gare de Lyon, ce que les jeunes femmes ont accepté. 

Les faits auraient dégénéré dans la chambre d'hôtel. La plaignante a indiqué avoir consommé du cannabis, de l'alcool et du protoxyde d'azote durant la deuxième partie de soirée et avoir remarqué que les proches du rappeur s'éloignaient peu à peu, les laissant elle et ses deux amies seules avec Naps. Deux des jeunes femmes dont la plaignante, disent ensuite être parties se coucher dans le même lit se sentant "dans les vapes". L'accusatrice se serait endormie avant d'être réveillée par la douleur d'une pénétration vaginale qu'aurait effectué le rappeur. Selon elle, Naps lui aurait retiré ses sous-vêtements pendant qu'elle dormait avant de la violer. Elle aurait réussi à s'extraire du lit grâce à l'intervention d'une de ses amies.

Interpellé et placé en garde à vue en 2021 après la plainte déposée par la jeune femme, le rappeur a contesté cette version des faits et a évoqué un rapport sexuel consenti entre lui, la plaignante et l'une de ses amies. Il a argumenté en citant "les gémissements de plaisirs" qu'aurait eu la jeune femme. Lors de son audition, Naps a affirmé que lui et la plaignante se chauffaient avant d'avoir un rapport lors duquel la jeune femme a pris du plaisir, explique BFM TV. Une version qu'il a maintenu à la barre le mercredi 18 février détaillant ce qu'il a appelé un "plan à trois" : "Pendant que je le faisais avec elle [la plaignante], sa copine était réveillée et me regardait. Je l’ai embrassée". Tentant de prouver sa bonne foi et son respect du consentement, il a également affirmé que lorsque la copine de la plaignante a repoussé ses avances, il n'aurait pas insisté. Mais il assure, concernant la plaignante, que "tous les signaux étaient au vert" et "à aucun moment, elle était endormie". Et le rappeur d'insister : "Pour moi, elle ne dormait pas. Je suis catégorique. Jamais de la vie, ça ne me viendrait à l’idée de coucher avec une personne endormie. C’est sordide."

Ces témoignages et éléments qui fragilisent sa défense

La défense de l'artiste est toutefois mise à mal par les témoignages de la plaignante et de ses deux ex-amies qui insistent sur le fait que la jeune femme dormait. Un état qui ne permettait pas à la jeune femme "d'exprimer un consentement libre et éclairé", a rappelé la justice. Autre élément fragilisant la défense de Naps : le rapport d'expertise génétique atteste de la présence de l'ADN du chanteur mélangé à celui de la plaignante sur les sous-vêtements de cette dernière.

Au cours de l'audience, les deux amies de la plaignante ont également appuyé la version du viol. L'une d'elle a déclaré avoir constaté des faits semblant être constitutifs d'un viol. Ce qu'elle avait pourtant nié lors des ses auditions devant les policiers et les magistrats. Devant la cour, la jeune femme a avoué "être rongée par les regrets de ne pas avoir mieux protéger son amie". La seconde, à qui la plaignante avait reproché de ne pas être venue à son secours, avait déclaré en audition s'être "proposé à Naps pour qu'il l'arrête les faits" sur la plaignante, mais a reconnu avoir menti. Elle s'est défendue en insistant sur le fait "qu'elle n'avait pas conscience que c'était un viol" et qu'elle avait "fait son maximum" ce jour-là.

Naps mis en examen pour d'autres accusations de viol

"Je conteste les faits", a répété Naps à la barre en préambule de son procès pour viol le lundi 16 février. Dans une publications sur ses réseaux sociaux, depuis supprimée, l'artiste s'est dit très confiant concernant son procès avant le début de l'audience rappelle Le Parisien : "J'ai fait le choix de ne jamais communiquer sur les affaires en cours, et ce, afin de préserver l'intégrité et la sérénité des procédures. Déterminé à démontrer mon innocence, je continuerai à me tenir à l'entière disposition de l'autorité judiciaire. Je suis tarpin [très] serein".

Naps, déjà condamné pour divers délits dont l'usage de stupéfiant ou conduite sans permis, est également mis en examen dans une autre procédure pour viols et agressions sexuelles. Trois femmes ont déposé plainte contre lui et l'accusent d'avoir abusé d'elles dans un hôtel de Saint-Cyr-sur-Mer, dans le Var. Des faits que le rappeur conteste également, et pour lesquels une enquête est toujours en cours.