"Leroy Merlin n'acceptera plus jamais ces clients" : l'enseigne cible d'une polémique liée à l'extrême droite
Leroy Merlin va-t-il perdre des clients ? L'enseigne de bricolage fait l'objet d'un appel au boycott d'une partie de la classe politique après une polémique qui a éclaté sur les réseaux sociaux, le lundi 17 novembre. La direction de Leroy Merlin a été interpellée par le collectif militant Sleeping Giant qui s'attaque aux revenus des sites d'extrême droite. L'objet du signalement ? La présence de publicités de l'enseigne de bricolage au triangle vert et blanc sur le site d'extrême droite Frontières.
"Votre pub, Leroy Merlin, apparaît sur le site abject Frontières Media, obnubilé par l'immigration, qui vend du merch avec le slogan xénophobe du FN/RN et de Génération Identitaire et qui est accusé de diffamer des ONG de défense des droits humains. Est-ce OK ?" interrogent les militants sur les réseaux sociaux. La réponse du magasin n'a pas tardé et la direction a annoncé avoir "immédiatement ajouté à [sa] liste de blocage publicitaire" le site Frontières. "Nous ne cautionnons en aucun cas les propos tenus sur cette plate-forme, ni les messages qu'on a pu y voir relayés" a souligné le géant du bricolage.
Bonjour,
— Leroy Merlin (@leroymerlinfr) November 17, 2025
Votre alerte a bien été prise en compte.
Le site mentionné a été immédiatement ajouté à notre liste de blocage publicitaire.
Nous ne cautionnons en aucun cas les propos tenus sur cette plateforme, ni les messages quon a pu y voir relayés.
Leroy Merlin France
Si la réaction rapide de Leroy Merlin France a été saluée par le collectif Sleeping Giant et par des élus insoumis qui ont relayé le signalement, à l'instar du député Thomas Portes qui a évoqué une "victoire", l'extrême droite est montée au créneau contre l'enseigne. A commencer par le directeur de Frontières, Erik Tegnér, qui s'est dit "exaspéré et scandalisé" sur les réseaux sociaux. "Les Sleepings Giants ont lancé une opération de déstabilisation contre Frontières", a-t-il assuré dans une vidéo publiée sur X. Il dénonce une "campagne de harcèlement de la part du collectif d'extrême gauche, qui harcèle les entreprises qui voient leurs publicités diffusées sur le site Internet de Frontières avec l'objectif de nous assécher financièrement".
Des appels au boycott : "Nous aussi, on va vous mettre dans les indésirables !"
La réaction de la direction du magazine visé n'a rien d'étonnant, mais elle a été suivie par de nombreux élus de l'extrême droite française qui ont appelé au boycott de Leroy Merlin. L'enseigne est accusée de "céder aux injonctions idéologiques de l'extrême gauche" par le député lepéniste Matthias Renault. Lequel juge "l'appel au boycott, pour raison politique, tout à fait justifié" et invite les clients à "valoriser les enseignes qui ne cèdent pas à ce chantage".
Damien Rieu, cofondateur du groupuscule Génération identitaire, dissout en 2021, dénonce une cession "à la pression de l'extrême gauche". "Je n'irai plus jamais chez eux", a ajouté le militant ancien membre de Reconquêtes. "Nous aussi, on va vous mettre dans les indésirables !", a renchéri le député lepéniste de l'Ain Jérôme Buisson aux côtés de nombreux internautes. Des réactions sous lesquelles émergent un "#BoycottLeroyMerlin".
Plus que de présenter la marque Leroy Merlin comme soumise à ce qu'ils appellent l'extrême gauche, des élus d'extrême droite accusent le magasin d'écarter une partie des clients en fonction de leur idéologie politique comme le fait l'ancien porte-parole de Reconquête, Stanislas Rigault : "Leroy Merlin n'acceptera plus jamais des clients de droite dans ses enseignes." Le député de l'Eure Kévin Mauvieux, qui siège également avec les élus du RN, abonde, estimant que Leroy Merlin va perdre "11 millions de clients", à savoir les 11 millions d'électeurs du RN, après le retrait de ses pubs sur Frontières. Le même élu qualifie tout bonnement l'enseigne "d'entreprise politique et politisée d'extrême gauche".