La sœur de Marine Le Pen a gagné jusqu'à 60 000 euros par an pour être assistante au FN... Ces chèques qui posent question

La sœur de Marine Le Pen a gagné jusqu'à 60 000 euros par an pour être assistante au FN... Ces chèques qui posent question Yann Le Pen, sœur de Marine Le Pen, a touché jusqu'à 5 000€ par mois en tant qu'assistante du FN au Parlement européen à une période où elle travaillait pour le siège du parti...

Si l'affaire des assistants parlementaires des eurodéputés du Front national (FN) éclabousse de nombreux membres du parti aujourd'hui renommé Rassemblement national (RN), elle tâche aussi la famille Le Pen elle-même. Marine Le Pen, cheffe de file du parti depuis 2011, est évidemment au cœur de l'affaire, car accusée d'être une des têtes pensantes du montage financier illégal. Pour rappel, l'élue est soupçonnée avec d'autres membres du parti d'avoir embauché des personnes en tant qu'assistants au Parlement européen, qui rémunérait ces individus, et de les avoir fait travailler pour le parti. Des faits condamnés pour détournements de fonds en première instance.

La triple candidate à l'élection présidentielle n'est pas la seule membre du clan Le Pen à être mêlée à cette affaire. Le patriarche Jean-Marie Le Pen l'était également, mais il est décédé en janvier 2025 avant le jugement en première instance. Plus étonnant, une des sœurs de Marine Le Pen fait aussi partie des personnes mises en examens et condamnées. Il s'agit de la cadette de la fratrie et de la mère de Marion Maréchal, Yann Le Pen.

La sœur de Marine Le Pen a été mise en examen en février 2019 pour "recel de détournements de fonds publics". Il lui est reproché d'avoir perçu des rémunérations en tant qu'assistante parlementaire de l'ancien eurodéputé Bruno Gollnisch, entre 2012 et 2014, alors que sur la même période elle était chargée des événements au siège du FN à Nanterre, comme le révélait le Canard enchaîné en 2019. D'autres sources évoque une période plus longue entre 2009 et 2014. Le journal précisait que Yann Le Pen avait été recrutée par le parti à la demande de son père.

Pendant ces deux années, Yann Le Pen a pu gagner jusqu'à 60 000 euros par an grâce à des rémunérations confortables en tant qu'assistante parlementaire. Les membres du FN officiellement employés au Parlement européen pouvaient toucher entre 3 000 et 5 000 euros par mois selon la fourchette rappelée lors du procès en appel. Des montants très disparates, mais la sœur de Marine Le Pen a profité de rémunérations situées dans la moyenne haute : 4 800 euros lorsqu'elle était à un temps plein, puis 5 000 euros à temps partiel. Soit un salaire annuel compris entre 57 600 et 60 000 euros.

"Bien qu'elle soit ma sœur, je n'étais pas au courant de cette situation"

Des montants sur lesquels Marine Le Pen a été interrogée les 21 et 22 janvier lors du procès en appel. L'élue à botter en touche assurant ne pas avoir avoir été au courant de la rémunération exacte de sa sœur : "Bien qu'elle soit ma sœur, je n'étais pas au courant de cette situation". Si la cheffe de file du RN a reconnu durant l'audience avoir "validé les noms" des personnes qui étaient embauchées en tant qu'assistant parlementaire, elle a ajouté ne pas avoir validé le système d'emplois fictifs et ne pas avoir organiser ce financement, donc ne pas avoir eu de regard sur les rémunérations.

Tentant d'expliquer les disparités dans les rémunérations des assistants, Marine Le Pen a évoqué la prise en compte de l'ancienneté. Sur une période de deux ans, ce critère ne permet pas d'expliquer le montant élevé du salaire de Yann Le Pen. Il le peut davantage sur une période de cinq ans, bien qu'il ne s'agisse pas d'un record d'ancienneté. Les rémunérations auraient été laissées à l'appréciation des députés selon les déclarations de Marine Le Pen, rapportées par un journaliste de BFMTV. Celle-ci a indiqué avoir simplement "demandé aux députés de ne pas mettre des choses délirantes" dans les montants et "de prendre en compte les assistants avec 30 ans d'expérience...". Un expérience dont ne jouissait pas Yann Le Pen lorsqu'elle était employée au Parlement européen.