Affaire Guerriau : Sandrine Josso s'attaque au Sénat après la condamnation de son agresseur

Affaire Guerriau : Sandrine Josso s'attaque au Sénat après la condamnation de son agresseur Dans une lettre adressée au président du Sénat, Gérard Larcher, Sandrine Josso appelle l'institution à sortir du silence et, surtout, à procéder à quelques changements en interne pour mettre fin aux dérives mises en lumière par l'affaire Guerriau.

Il y a deux jours, l'ex-sénateur Joël Guerriau a été condamné à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué Sandrine Josso à son insu dans le but de l'agresser sexuellement ou de la violer. Quarante-huit heures après, la députée de Loire-Atlantique a révélé sur X une lettre qu'elle a adressée au président du Sénat, Gérard Larcher. "Comme cela fait deux ans et demi que j'attends un signe de votre part, j'espère que cette fois-ci je vais enfin obtenir une réponse", a-t-elle écrit en commentaire du document.

Dans cette lettre, Sandrine Josso, qui s'est depuis son affaire faite la porte-voix politique de la lutte contre la soumission chimique, regrette le "silence" de Gérard Larcher. Un silence qui l'a à la fois "peinée" et "surprise". Au-delà du fait qu'il ne soit pas de lui-même venu lui parler lors de ses différents passages au Sénat ces derniers mois, pour sa mission gouvernementale sur la soumission chimique, Sandrine Josso reproche à Gérard Larcher son manque de réaction aux dérives mises en lumière par l'affaire Guerriau qui ont lieu au sein même de l'institution qu'il préside.

"Au nom de la transparence élémentaire"

"Le 24 septembre 2024 et à nouveau le 23 juin 2025, plus de 18 mois après les faits, je vous ai sollicitée à travers mon avocat, Maître Arnaud Godefroy, afin que vous saisissiez un comité de déontologie, comme le règlement intérieur de votre institution le permet", a révélé en premier lieu Sandrine Josso. Elle a ensuite évoqué pêle-mêle des récits de victimes publiés dans les médias, la présence d'une autre victime de M. Guerriau dans un reportage réalisé par Complément d'enquête, les pressions du Sénat sur l'ARCOM pour mettre en garde Complément d'enquête, ou encore les "nombreuses pratiques illégales ou contraires à l'éthique" mises en lumière par l'ex-sénateur Joël Guerriau lors de son procès, comme le fait qu'un collègue lui aurait remis la drogue utilisée sur elle.

C'est après avoir dressé ce constat que Sandrine Josso réclame, aujourd'hui, à Gérard Larcher, "au nom de la transparence élémentaire que nous tous élus devons aux membres de la société civile", de "mettre en œuvre dès maintenant des actions pour expliquer et mettre fin définitivement à ces graves dérives, qui se sont répétées pendant de nombreuses années, et toutes les autres actions qui vous sembleront utiles dans ce contexte".