Retailleau candidat à la présidentielle : c'est fichu pour Wauquiez ? Les sondages sont limpides et divisent
"J'ai pris la décision d'être candidat." Ex-ministre de l'Intérieur et président des Républicains, Bruno Retailleau a officiellement annoncé sa candidature à l'élection présidentielle de 2027 ce jeudi 12 février 2026. Lors d'une conférence de presse, mais aussi à l'occasion de nombreuses interviews accordées dans la foulée de son annonce, Bruno Retailleau a déclaré vouloir être "le président de l'ordre, de la justice et de la fierté française".
Plus de six mois après avoir raflé la présidence des Républicains à Laurent Wauquiez, dont les ambitions élyséennes sont connues de tous depuis longtemps, cette nouvelle annonce semble à nouveau couper l'herbe sous le pied de son concurrent. Selon les informations du Figaro, Laurent Wauquiez, qui plaidait dernièrement pour une primaire à droite allant de "Gérald Darmanin à Sarah Knafo", aurait envoyé un SMS à Bruno Retailleau après son officialisation pour militer pour une candidature unique de toute la droite et "au-delà de la seule maison Les Républicains", avancent nos confrères.
Les sondages pourtant très clairs
Si Laurent Wauquiez se voyait bien concourir pour son parti dans la course à l'Élysée, et pourquoi pas toute la droite, depuis près d'un an maintenant, les sondages qui mettent en concurrence le député de Haute-Loire et le sénateur vendéen sont plutôt limpides. La part belle est faite à Bruno Retailleau. En avril dernier, un sondage, réalisé par l'Ifop en amont du congrès de mai 2025 et de la candidature à la présidentielle 2027 auprès des sympathisants LR, donnait Bruno Retailleau largement favori. Tandis que 65% des sondés confiaient préférer le Vendéen pour devenir le nouveau président des Républicains (contre 35% pour Laurent Wauquiez), ils étaient encore davantage (72%) à plaider pour une candidature de Bruno Retailleau à la prochaine présidentielle. Derrière lui, selon le sondage : Laurent Wauquiez (48%), Xavier Bertrand (41%), Valérie Pécresse (17%), David Lisnard (15%) et Gérard Larcher (8%).
Ce constat était déjà établi quelques mois avant, dès février 2025, par une enquête OpinionWay réalisée pour Force républicaine et publiée par Le Point. Bruno Retailleau écrasait largement la concurrence. Pas moins de 24% des Français questionnés le désignaient pour présider LR, loin devant l'autre candidat alors quasi déclaré : Laurent Wauquiez, qui récoltait 13%. Parmi les électeurs de droite, 37% plaidaient sa cause, contre à peine 15% pour Laurent Wauquiez. L'écart était moindre chez les sympathisants LR avec 32% pour Retailleau et 17% pour Wauquiez. Mais dans les trois cas, Xavier Bertrand s'intercalait entre les deux hommes. Le sondage mettait par ailleurs en exergue le coup de pouce qu'avait insufflé sa nomination Place Beauvau en septembre 2024. Et alors que chez les Républicains, le chef du parti fait souvent figure de candidat naturel pour la présidentielle, le sondage OpinionWay révélait que Bruno Retailleau apparaissait clairement comme étant "le meilleur candidat pour LR pour succéder à Emmanuel Macron" (23% des Français, 36% des électeurs de droite), loin devant Laurent Wauquiez encore une fois (11% et 12%, toujours derrière… Xavier Bertrand).
Ce point qui divise toutefois les électeurs…
Plus récemment, l'engouement pour Bruno Retailleau ne semble pas se démentir. En témoigne un sondage Elabe réalisé fin janvier 2026 pour BFMTV selon lequel 45% des électeurs de droite jugeaient Bruno Retailleau comme le meilleur candidat pour les représenter pour l'élection présidentielle 2027. À nouveau, et en dépit des ambitions de Laurent Wauquiez, Xavier Bertrand arrivait deuxième sur le podium, avec 33% des électeurs de droite. Laurent Wauquiez clôturait le Top 3 avec 21% des sondés.
En revanche, les électeurs se montraient plus divisés concernant la stratégie du parti à adopter en vue du premier tour de l'élection, avec 37% des sympathisants LR qui plaidaient pour une alliance avec le bloc central, contre 29% plutôt favorables à une alliance avec l'extrême droite (Rassemblement national, Reconquête et parti d'Éric Ciotti) et 22% qui ne souhaitaient pas d'alliance du tout.