La valeur de la cave de l'Elysée est impressionnante, les prix de certaines bouteilles peuvent atteindre des sommets

La valeur de la cave de l'Elysée est impressionnante, les prix de certaines bouteilles peuvent atteindre des sommets Symbole de l'excellence française et outil de la "diplomatie du verre", la cave du palais de l'Élysée fascine. Surtout pour le prix des bouteilles !

La cave de l'Elysée, créée en 1947 alors que Vincent Auriol était président de la République, demeure encore aujourd'hui un lieu de mystère et de prestige. Loin d'être un simple stock de bouteilles, il s'agit d'un véritable actif stratégique de la présidence, géré avec une précision d'horloger pour répondre aux exigences du protocole, bichonner des invités de prestige avec parfois des compromis diplomatiques à arracher, tout en s'adaptant aux contraintes économiques actuelles. 

En conséquence, la cave à vins du palais présidentiel comte près de 14 000 bouteilles, pour une valeur en stock estimée à 500 000 euros, selon le tout dernier rapport de la Cour des Comptes. Et l'Elysée consacre aujourd'hui environ 150 000 euros par an à son cellier, pour renouveler les bouteilles écoulées. Les approvisionnements sont effectués auprès d'une grande variété de producteurs et négociants, français uniquement, dans un triple objectif : refléter la diversité des vins et régions viticoles françaises ; couvrir des niveaux de service différents entre les dîners ; et enfin, disposer des vins de garde et des vins de consommation immédiate.
Si les achats sont nombreux, avec près de 150 actes d'achat par an, le Palais fait attention depuis quelques années. "On ne peut plus se permettre de mettre sur la table des bouteilles à 2000 ou 3000 euros", a ainsi expliqué à l'AFP la chef sommelière de l'Elysée, Virginie Routis, en pleine période de rigueur budgétaire. De plus, "on ne peut servir les grands crus que pour des dîners d'Etat, où il y a souvent 300 personnes, alors que nous n'avons que cinq ou six bouteilles" de certains crus, a-t-elle ajouté.

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De ce fait, le recours à des procédures formalisées s'avère complexe. Face à la forte hausse des prix des premiers et grands crus, servis lors des dîners d'État et officiels, le service de l'intendance développe le recours à des conventions de mécénat avec des producteurs de vins ou de champagne.

Seul le champagne utilisé lors des cocktails et des événements ordinaires fait l'objet d'un marché, dont le renouvellement a été engagé début 2024. Par ailleurs, si les dîners d'État affichent des prix records, le quotidien de l'Élysée est marqué par une recherche d'économies. Pour les cocktails et réceptions courantes, l'objectif est de maintenir le coût du champagne à environ 15 euros par bouteille, grâce à des marchés publics massifiés. Un suivi mensuel informatisé des sorties de cave assure désormais qu'aucune bouteille n'est débouchée sans une justification diplomatique précise.

En 2013, une partie du stock du palais présidentiel avait été vendue aux enchères. La plupart des crus les plus prestigieux avaient été vendus le premier jour de la vente, l'occasion d'observer de près les prix de certaines bouteilles. Mais les prix étaient souvent multipliés par deux, trois ou quatre. Un château l'Angelus de 1961, estimé à 220 euros, a par exemple été vendu 1 100 euros. Et la bouteille la plus ancienne, un Château Latour 1936, a été adjugée à 3 500 euros, selon La revue du vin de France. "Il y avait un risque que les stocks se perdent. Le mieux, c'était de les vendre", avait assuré l'Elysée à l'époque. Rappelons, évidemment, que l'alcool est à consommer avec modération.