Un quart des Français doit recourir à cette technique, faute de pouvoir s'acheter des produits d'hygiène et d'entretien
Certains produits du quotidien nous apparaissent indispensables comme le gel douche, le shampoing ou encore le dentifrice. Pourtant, se les procurer requiert des dépenses que certains Français ne peuvent plus se permettre aujourd'hui. C'est ce que confirme le "Baromètre Dons Solidaires, Ifop avril 2026" qui a interrogé 4002 personnes en novembre 2025. 4 millions de Français renoncent aujourd'hui à une partie de leurs achats de tels produits. Ce chiffre était à 3 millions de personnes en 2019, lors de la première édition du baromètre. 43% des Français ont d'ailleurs déjà un jour pris une telle décision. Pour 8 millions d'entre eux, il leur est arrivé de choisir entre ces produits ou de l'alimentaire.
Ce manque dépasse l'aspect matériel : il provoque un véritable "décrochage social" à travers la perte de confiance en soi ou encore l'isolement. Il a même un effet sur l'emploi : 18 % des Français ont ainsi déjà renoncé à se rendre à un entretien d'embauche pour ce motif. Pour tenter d'y faire face et pour faire des économies, un tiers des Français mettent en place des stratégies d'adaptation. Un quart d'entre eux portent les vêtements plus longtemps pour limiter les lessives, 17% contrôlent leur consommation de papier toilette et même 7% se brossent les dents sans dentifrice.

Cette précarité hygiénique est particulièrement marquée chez les "travailleurs pauvres" : leurs revenus sont insuffisants pour subvenir à leurs besoins. 52 % d'entre eux sont angoissés par leurs dépenses, au point de les empêcher de dormir et 42 % ont déjà dû choisir entre acheter de la nourriture ou des produits d'hygiène contre 16 % pour l'ensemble des Français. Les jeunes, les femmes, les parents d'un jeune enfant et les familles monoparentales sont aussi très affectés.
"La stabilisation des prix est une réalité statistique, et pourtant sur le terrain, la précarité hygiénique demeure à un niveau trop élevé. Aujourd'hui, des millions de Français doivent arbitrer en permanence entre l'alimentation, le logement, l'énergie ou les transports. Dans ce contexte, l'hygiène devient une variable d'ajustement, alors même qu'elle touche à la dignité, à la confiance en soi et au lien social", a commenté Dominique Besançon, déléguée générale de Dons Solidaires. Il appelle à "une réponse plus forte des pouvoirs publics". Une mesure vient d'ailleurs d'être actée alors que 13% des femmes manquent régulièrement de protections menstruelles. Un décret sur le remboursement, au moins partiel, des protections périodiques réutilisables pour les moins de 26 ans et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire sans limite d'âge devrait entrer en vigueur à la rentrée universitaire. 6,7 millions de personnes seront concernées.