Accident de Millas : la conductrice accablée par les témoignages

Accident de Millas : la conductrice accablée par les témoignages MILLAS - Un rapport d'enquête a été publié et les témoignages qu'il contient sont formels : les barrières étaient fermées avant que le car ne s'engage sur la voie ferrée, mettant en cause la responsabilité de la conductrice. L'accident avait coûté la vie à 6 enfants

L'ESSENTIEL


Alors que l'accident de Millas survenait il y a plus d'un mois, les causes de ce drame restent toujours non élucidées. Un autocar scolaire avait été percuté par un TER, provocant la mort de six enfants et les blessures de cinq autres collégiens. La principale interrogation réside dans le fait de savoir si les barrières du passage à niveau étaient fermées ou ouvertes au moment du drame. Un rapport d'enquête a pu être consulté par franceinfo, dont les grandes lignes ont été révélées ce vendredi. Ce rapport accable la conductrice puisqu'il va clairement dans le sens des barrières fermées. "Je suis formel : le bus conduit par une femme a forcé le passage à niveau alors qu'il était fermé et que le signal lumineux clignotant rouge était actif", dit un témoin direct de la scène dans le rapport. Un autre élément troublant vient encore un peu plus alimenter l'idée de la possible responsabilité de la conductrice. Cette dernière a reçu un SMS, qu'elle n'a pas ouvert, quelques secondes seulement avant le choc. Quelques jours après l'accident, elle avait assuré que les barrières de sécurité étaient levées. Cette conductrice expérimentée est toujours mise en examen pour "homicides et blessures involontaires par imprudence".

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17:06 - "Je suis formel : le bus conduit par une femme a forcé le passage à niveau"

[FIN DU DIRECT] Le rapport d'enquête consulté et révélé par franceinfo accable la conductrice, selon les témoignages recueillis. L'un d'entre eux est particulièrement évocateur, il s'agit de celui de deux hommes qui ont assisté à la terrible scène le 14 décembre dernier depuis leur véhicule de l'autre côté du passage à niveau. "Je suis formel : le bus conduit par une femme a forcé le passage à niveau alors qu'il était fermé et que le signal lumineux clignotant rouge était actif. J'ai vu le bus s'ouvrir en deux, le pare-brise a été projeté dans notre direction, j'ai entendu des gosses hurler", racontent conjointement ces témoins, qui furent les premiers à appeler les secours. 

16:28 - Un SMS responsable de l'accident ?

Le rapport d'enquête consulté ce vendredi par franceinfo met en lumière de nouveaux éléments sur les circonstances du drame de Millas, qui avait coûté la vie à six collégiens mi-décembre dernier. La conductrice du bus, dont la responsabilité dans l'accident est fortement suspectée mais toujours pas prouvée, a reçu un SMS quelques secondes seulement avant la collision avec le TER. Elle n'aurait pas ouvert ce message mais sa vigilance a pu être perturbée.

16:04 - Un passage à niveau tout à fait classique

Le passage à niveau sur lequel eu lieu la collision entre le TER et le bus scolaire à Millas ne présente pas de danger particulier. Il n'avait pas été classé dans la liste des passages à niveau à risque, comme l'avait indiqué le Premier ministre lors de son intervention à l'Assemblée nationale peu après l'accident. Voici, sur la photo, le passage à niveau en question.

Un passage à niveau tout à fait classique - Accident à Millas ©Google Maps

15:36 - Les vitesses du bus et du train étaient réglementaires

Selon le rapport d'enquête consulté et publié par franceinfo, avant d'entrer en collision, le bus scolaire et le train roulaient à des vitesses tout à fait normales. Le TER circulait à 75 km/h alors que le bus roulait à 12 km/h. Le rapport indique par ailleurs qu'aucune "trace de freinage" n'a été constaté "sur les relevés de l'enregistreur de vitesse de l'autocar".

15:19 - "Il y a des choses à vérifier", dit l'avocat de la conductrice

Interrogé par Le Figaro, l'avocat de la conductrice remet en cause les témoignages accablant sa cliente. Maître Jean Codognès pointe du doigt les expertises techniques réalisées après l'accident. "Ce qui nous intrigue, c'est à quel moment le train a freiné et à quel moment le conducteur de la locomotive a appuyé sur le frein d'urgence, expliquait-il. Il y a des choses à vérifier là-dessus car les relevés techniques sont un peu brumeux", a-t-il déclaré au quotidien.

15:03 - Des enfants toujours hospitalisés

Plus d'un mois après la collision entre un bus scolaire et un train express régional qui avait provoqué la mort de six collégiens, trois filles et un garçon qui avaient été blessés pendant l'accident sont toujours à l'hôpital. "Certains enfants sont handicapés et des familles vont devoir réaménager leur logement", expliquait il y a quelques jours au Figaro Olivia Mons, porte-parole de l'Association France Victimes.

14:42 - La SNCF réfute une éventuelle défaillance technique

Alors que la majorité des témoignages accablent la conductrice du bus, l'éventualité d'un problème technique ou d'une volonté de faire dysfonctionner le système de barriérage est toujours évoquée. Une hypothèse qui engagerait la responsabilité de la SNCF dans l'accident de Millas, mais que réfute la société des chemins de fer. "Il n'y a aucune trace ou indice laissant supposer un acte de malveillance qui aurait pu occasionner un dysfonctionnement du passage à niveau (...) Plusieurs éléments évocateurs d'un passage à niveau fermé ont été relevés", peut-on lire de la part de la SNCF dans le rapport.

14:24 - Quant une collégienne rescapée de l'accident racontait la scène

Quelques jours après l'accident de Millas, RTL avait contacté la mère de l'un des enfants qui étaient dans le car de ramassage scolaire, Léana, 11 ans. "Ma fille m'a dit que les barrières n'étaient pas baissées, qu'elles étaient relevées. Le bus est passé et là, elle a juste eu le temps de tourner la tête, le train arrivait. Elle a crié 'Attention !' et là c'était le trou noir". La mère de Léana, fait part du "choc" émotionnel de la jeune fille, qui s'est évanouie lors de l'impact. "'J'ai vu tout noir maman', c'est ce qu'elle m'a dit. 'Et après je me suis réveillée par terre avec mes chaussures d'un côté, mes vêtement tous déchirés'".

14:07 - La version de la conductrice

Alors que les témoignages du rapport d'enquête publié ce vendredi par franceinfo sont accablants pour la conductrice du bus percuté par un TER, cette dernière n'en démord pas. Pour elle, sa responsabilité est nullement engagée dans le drame de Millas. "Je me retrouve à travers le passage à niveau où les barrières sont levées. Les enfants sont calmes, ils rigolent, ils discutent", a-t-elle soutenu devant les enquêteurs, qui lui demandent alors si elle a ressenti une fatigue particulière pendant le trajet. "Non, rien du tout. J'avais bien dormi la veille, j'avais pris mon cachet pour dormir à 20h", a répondu la conductrice.  

12:41 - Des expertises attendues

Le rapport  de l'enquête publié par franceinfo ce vendredi n'a rien de définitif. Les enquêteurs travaillent toujours pour éclaircir les circonstances de ce drame et des expertises sur les traces de peinture sur le car sont attendues. Ces analyses pourraient révéler si le véhicule a forcé ou pas les barrières du passage à niveau, auquel cas la responsabilité de la conductrice serait clairement engagée dans cet accident qui a coûté la vie à six collégiens.

12:35 - D'autres témoignages en faveur des barrières fermées

Au-delà des deux témoins situés de l'autre côté du passage à niveau au moment du drame, d'autres personnes ont témoigné en faveur d'une des barrières fermées : le conducteur du TER, sa stagiaire présente dans la cabine, ainsi que deux collégiens qui étaient dans le bus. L'une des deux était assise au premier rang du véhicule et avait, toujours selon le rapport d'enquête publié par franceinfo, "une visibilité parfaite sur le passage à niveau".

12:30 - Le matériel n'était pas défaillant

Selon les informations délivrées quelques jours après le drame par Xavier Tarabeux, le procureur de Marseille en charge de l'enquête, le système électrique du passage à niveau n'était pas défaillant au moment de la collision entre le train TER et le bus scolaire jeudi dernier à Millas. "L'armoire électrique qui commande le fonctionnement ne possède pas de défectuosité", avait-il indiqué.

30/12/17 - 10:06 - Le train avait 9 minutes de retard

Nouvel élément dans l'enquête sur me dramatique accident à Millas. Selon Jehanne Collard, avocate d'une partie des familles des victimes, le train circulait avec neuf minutes de retard. "La barrière s'est fermée à une heure inhabituelle, pouvant expliquer l'accident", explique Jehanne Collard, sur BFMTV. Pour l'heure, cette information n'a pas été confirmée par le parquet. Elle assure également que "les traces de la barrière apparaissent sur le car". Pou rappel la collision entre un bus scolaire et un TER, survenue le 14 décembre dernier, a couté la vie à six enfants.

20/12/17 - 17:04 - La conductrice du bus "devrait être mise en examen"

Placée en garde à vue pour la seconde fois hier, la conductrice du bus, blessée durant l'accident, "devrait être mise en examen". Ces propos, relayés par France Bleu Roussillon, sont de Xavier Tarabeux, procureur de Marseille en charge de l'enquête. La radio locale nous apprend également q'une information judiciaire pour "homicides et blessures involontaires" a été ouverte ce mercredi.

20/12/17 - 00:00 - Une garde à vue pour être entendue

FIN DU DIRECT - Le procureur de la République de Marseille a indiqué que la conductrice du bus, une mère de famille quadragénaire, était "de nouveau" placée en garde à vue pour être entendue après un premier bref interrogatoire vendredi. Son état physique et psychologique ne permettaient pas de mener à bien l'audition. Dans cette nouvelle garde à vue, les enquêteurs espèrent donc sans doute découvrir pourquoi la conductrice du bus a indiqué que les barrières étaient ouvertes alors que tant les "constations matérielles" que la majorité des témoignages vont "plutôt dans le sens d'une barrière fermée". "Nous nous dirigeons vers l'ouverture d'une information judiciaire pour homicide et blessure involontaire", a également fait savoir le procureur. 

22:00 - La conductrice du bus à son patron : "Rien ne m'interdisait de passer"

France 3 rapporte les dires du patron de celle qui était au volant de l'autocar percuté par un TER. Lilian Faur, qui a vu la conductrice blessée à l'hôpital a déclaré : "Elle m’a dit que rien n’interdisait de passer, qu’elle s’est engagée sur le passage à niveau normalement quand tout à coup le bus a été violemment percuté. Ensuite c’est le trou noir, elle ne se souvient de plus rien et se réveille à l’hôpital. [...] Elle me dit qu’elle n’a eu aucun malaise, aucune panne du véhicule". Ce témoignage s'oppose à l'hypothèse privilégiée par le procureur de Marseille selon laquelle les barrières de sécurité étaient fermées lorsque le bus est arrivé au niveau de la voie ferrée. Et le patron de l'entreprise de bus a ajouté : "Ces enfants elle les connaissait bien, elle est très choquée, elle préparait même Noël pour eux et comptait décorer son bus".

21:15 - La SCNF se dit "choquée" par les déclarations de la conductrice du bus

Alors que la conductrice du bus blessée dans la collision n'a pas encore pu être entendue par les enquêteurs, elle aurait assuré à son patron que rien ne l'empêchait de franchir le passage à niveau au moment où elle s'est engagée. "La SNCF se déclare choquée par les accusations particulièrement graves qui viennent d’être formulées à son encontre, et cela alors que l’heure est au recueillement et à la solidarité avec les victimes, leurs familles et leurs proches", a tweeté le groupe SNCF avant d'ajouter : "La SNCF s’en remet aux enquêtes en cours. Elle s’interdit toute communication sur les causes de l’accident et continuera à prêter son concours, en toute transparence, à la manifestation de la vérité".

20:50 - Vers le scénario d'une barrière fermée

Lors d'une conférence de presse donnée ce mardi après-midi, le procureur de Marseille en charge de l'enquête a indiqué que les "constations matérielles [allaient] plutôt dans le sens d'une barrière fermée". Ce qui contredirait la version de la conductrice du car qui avait certifié au lendemain de l'accident que la barrière était bien ouverte. 

18/12/17 - 21:14 - "La majorité des témoignages" évoquent des barrières fermées au passage à niveau

Les premiers éléments de l'enquête, communiqués vendredi dernier par le procureur de la République de Marseille en conférence de presse, vont pour le moment dans le sens de la direction de la SNCF. Le magistrat a en effet indiqué que plusieurs témoignages crédibles et fiables avaient pu être recueillis. "Les barrières étaient fermés au moment où le bus était sur la voie, selon la majorité des témoignages", a ainsi affirmé Xavier Tarabeux, sans préciser si le bus avait forcé le passage à niveaux.

18/12/17 - 20:30 - Un sixième enfant est décédé

FIN DU DIRECT - C'est un nouveau choc. Le bilan de la collision entre un bus scolaire et un TER à Millas s'est à nouveau alourdi ce lundi soir à six enfants décédés. La préfecture des Pyrénées-Orientales a annoncé la mort d'un blessé grave. Cette catastrophe a également fait dix-sept blessés dont la conductrice du car. Le pronostic vital de cinq collégiens est toujours engagé.

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Accident à Millas : ce qu'il s'est passé

Comme chaque jour de la semaine, un autocar de ramassage scolaire a récupéré des collégiens ayant fini les cours à 16 heures ce jeudi 14 décembre 2018 au collège de Millas pour les ramener à Saint-Féliu-d'Aval. A 16h10, le bus est passé sur la voie ferrée, au moment où passe le TER assurant la liaison entre Perpignan et Villefranche-de-Conflent. L'autocar est percuté alors que le train circulait à 80 km/h, sa vitesse habituelle à cet endroit. Les images du bus détruit témoignent de la violence du choc.

Accident à Millas : 24 victimes

Le bilan humain est très lourd. 6 enfants qui se trouvaient dans l'autocar ont trouvé la mort dans l'accident. Ils avaient entre 11 et 13 ans. 8 autres collégiens sont dans un état critique, 10 autres sont dans blessés. Tous ont été pris en charge par les services hospitaliers, dans différents établissements de la région. Dans le train TER qui a percuté le car, quelques personnes ont été légèrement blessées. La conductrice de l'autocar de ramassage scolaire a aussi été grièvement blessée.

Accident à Millas : l'enquête

Une enquête judiciaire a été ouverte pour établir les circonstances du drame. En parallèle, la SNCF a ouvert une enquête interne pour établir s'il y a eu ou non une défaillance technique, une erreur humaine ou un dysfonctionnement du passage à niveau. Le procureur de la République de Marseille,
Xavier Tarabeux, avait affirmé après l'accident que "les barrières étaient fermés au moment où le bus était sur la voie, selon la majorité des témoignages". Le patron de la conductrice du bus laissait entendre le contraire un peu plus tôt, sur France 3. "Elle m’a dit que rien n’interdisait de passer", a indiqué ce dernier, après l'avoir vue à l'hôpital. Plusieurs témoignages contradictoires se sont accumulés dans la journée sur ce sujet central, l'hypothèse que la conductrice n'ait pas vu la barrière est évoquée.

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