Un moratoire sur le solaire et l'éolien terrestre ? Le Premier ministre y songerait pour une raison précise
Se dirige-t-on vers un futur moratoire sur les énergies renouvelables ? L'idée ferait son bout de chemin chez le Premier ministre selon les informations du média en ligne Contexte. Selon ce dernier, Sébastien Lecornu, fraîchement nommé à Matignon après la chute de François Bayrou, serait en effet prêt à publier le décret de la troisième programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE3), à savoir la feuille de route énergétique de la France, en prévoyant un moratoire sur le solaire et l'éolien. L'objectif : éviter la possible censure du Rassemblement national à l'Assemblée nationale. Accusant aujourd'hui deux ans de retard, le texte est pourtant attendu avec impatience par les professionnels du secteur qui ont besoin de pouvoir planifier leurs chantiers pour la prochaine décennie, notamment la filière de l'éolien en mer.
Si ce moratoire serait limité à quelques mois afin de permettre de revoir le dispositif de soutien aux parcs éoliens et solaires, toujours selon nos confrères de Contexte, cette mission d'analyse serait confiée à un ensemble d'économistes. Par conséquent, en attendant, les appels d'offres correspondants seraient gelés et priveraient le secteur des énergies renouvelables d'aides publiques. Cette décision, si elle est prise, suscite d'ores et déjà une levée de boucliers. "Dans la pratique, ça signifierait que le gouvernement déciderait de rétablir par un décret le moratoire que l'Assemblée nationale a rejeté cet été", a fustigé sur LinkedIn Jules Nyssen, le président du Syndicat des énergies renouvelables (SER). Dans un communiqué, le lobby enfonce par ailleurs le clou et dénonce ainsi un "déni démocratique" et un "déni énergétique" permettant aux énergies fossiles de sortir "grandes gagnantes".
Le RN et une partie des LR partisans d'un tel moratoire
Alors qu'en juin dernier, un amendement proposant un moratoire anti-éolien et photovoltaïque avait été déposé à l'Assemblée dans la proposition de loi Grémillet par la droite des Républicains et soutenu par le Rassemblement national, face à l'ire de la gauche et de l'ensemble du secteur des énergies renouvelables, le camp présidentiel avait finalement décidé de faire machine arrière en enterrant lui-même son propre texte. Il faut dire que le sujet fait largement débat dans la classe politique. Objet de négociations politiques, le parti à la flamme souhaite en effet que le sujet soit traité par le biais d'un débat parlementaire, et a déjà fait savoir que la publication du décret PPE serait l'un des motifs à une censure du futur gouvernement.
Quant aux Républicains, l'idée d'un moratoire serait pour eux aussi la bienvenue, le ministre démissionnaire de l'Intérieur, Bruno Retailleau, ayant lui-même fait campagne en faveur d'une telle mesure. "C'est exactement la ligne que nous avons défendue dans l'hémicycle. Je pense que cela conviendra au groupe LR et au parti", a assuré le député LR Jérôme Nury à l'origine d'un amendement dans la proposition de loi Grémillet, rapporte Les Échos. Pour autant, et alors que tous les députés LR ne sont pas sur la même ligne - plusieurs députés du groupe étant favorables aux énergies renouvelables -, Sébastien Lecornu a tenu à remettre les choses au clair. "Il n'est pas question de revenir sur nos ambitions énergétiques car la décarbonation est une priorité pour notre souveraineté. Il faut sortir de certaines dépendances", a-t-il indiqué, vendredi 26 septembre, dans un entretien au Parisien.