Accident mortel à Alès : l'enquête avance, CNews crée une polémique avec le maire
Les circonstances de l'accident qui a entrainé la mort de trois adolescents à Alès se précisent. Dans la nuit du mardi 2 au mercredi 3 décembre, autour d'1h30, une voiture du modèle Peugeot 207 a terminé sa course dans la piscine d'une maison. Les trois jeunes hommes qui étaient à bord, Naël âgé de 14 ans, Amin de 15 ans et Amine de 19 ans, selon Le Parisien, sont morts noyés coincés dans le véhicule. Leur accident et leur mort n'ont pu être constatés qu'à l'aube lorsque le propriétaire de la maison, un boulanger qui rentrait du travail, a signalé les secours. "C'est vraiment le comble de l'horreur. [...] Ce n'est pas le choc de l'accident qui les a tués. Ils se sont retrouvés la tête retournée, dans de l'eau glacée, incapables de sortir. Ils n'avaient aucune chance. Cet accident relève d'un concours de circonstances invraisemblable", expliquait Abdelkrim Grini, procureur de la République d'Alès.
Le conducteur du véhicule, qui serait le jeune de 14 ans ou celui du 19 ans, la troisième victime ayant été retrouvée à l'arrière du véhicule, semble avoir perdu le contrôle du véhicule au moment de prendre un virage selon France. La chaussée glissante à cause de la pluie pourrait avoir contribué à l'accident. La vitesse excessive du véhicule pourrait également avoir contribué à l'accident selon les précisions du parquet. L'enquête a révélé que la Peugeot 207 avait été signalée sur les ondes de police après être passée "en trombe" devant une patrouille peu après minuit.
"Une amorce de course-poursuite" s'est engagée selon le procureur, mais a rapidement pris fin "après quelques dizaines de secondes et quelques centaines de mètres parcourus seulement" les policiers ayant perdu la trace du véhicule. La course-poursuite ne semble cependant pas être en lien direct avec l'accident. L'horodatage des faits et les différents témoignages de témoins rendent l'hypothèse d'un lien entre la course poursuite et l'accident "improbable" à ce stade selon une source proche de l'enquête
Alcool, stupéfiants et protoxyde d'azote
Une autre éventuelle circonstance à l'accident est étudiée par les enquêteurs : la consommation d'alcool, de cannabis et de protoxyde d'azote qui est un gaz aux effets hilarants. Des bouteilles vides, du cannabis et des capstules de protoxyde d'azote ont été retrouvés dans le véhicule. Les analyses toxicologiques ont indiqué que le jeune homme de 19 ans était positif à l'alcool et au cannabis, les tests sont en revanche revenus négatifs pour l'adolescent de 14 ans. Si le parquet n'a pas précisé qui des deux victimes était le conducteur, une source policière du Parisien avance que le conducteur serait l'adolescent âgé de 14 ans. Des analyses ont été menées pour rechercher les traces du gaz hilarant, mais les résultats sont attendus lundi.
Les trois jeunes victimes étaient connues des services de police, notamment pour trafic de stupéfiants. Naël et Amine, originaires d'Alès, étaient des "petites mains" du trafic dans le quartier des Cévennes. Tandis que l'adolescent de 15 ans, originaire de Nevers, avait été interpellé le week-end dernier pour consommation de stupéfiant et avait pris la fuite après sa remise en liberté.
La délinquance des mineurs en hausse ? Alès dément
L'accident mortel des trois jeunes hommes a donné lieu à une polémtique sur la délinquance des mineurs à Alès. En cause : un chiffre avancé sur les ondes de CNews. La chaîne du groupe Canal+, régulièrement taxée de relayée de fausses informations, a diffusé un bandeau assurant que la délinquance des mineurs a augmenté de 128% en quatre ans à Alès. Une information fermement démentie par le maire Christophe Rivenq. Les autorités locales ont assuré une stabilité des chiffres de la délinquance des mineurs, notamment en ce qui concerne le trafic de stupéfiants : "Sur 100 mis en cause, il y a 16 mineurs alors que la moyenne nationale est de 12 %. On n’est pas en décrochage et c’est stable depuis 10 ans", a assuré le commissaire Emmanuel Dumas lors du Conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance (CISPD) qui s'est tenu le 4 décembre.
"Ça fait sept ans qu'on dit qu'il y a un problème dans cette rue"
"Ça fait sept ans qu'on dit qu'il y a un problème dans cette rue" assure la propriétaire de la maison où a eu lieu l'accident au micro de franceinfo. Elle explique que le virage est "très dangereux" et assure avoir fait de multiples signalements au sujet de cette zone limitée à 30 km/h. La propriétaire aurait également demandé "à de nombreuses reprises" à la mairie de mettre en place des dispositifs pour sécuriser la zone comme des "chicanes" ou des "dos d'âne". "Je leur ai dit : 'Un jour il se passera quelque chose et j'aurais une voiture dans mon jardin'". Sollicité par franceinfo, le maire d'Alès a indiqué avoir mis en place des sens interdits et des îlots pour couper la vitesse. L'édile a également assuré que cette route n'est pas dangereuse : "C'est un endroit à 30 km/h, en pleine ville, il n'y a rien de dangereux sauf si on roule à 50 km/h ou 70km/h", rapporte BFM. L'élu a finalement précisé que la rue a un "angle droit à 90 degrés" qui peut être dangereux.
Après l'accident la propriétaire songe à quitter les lieux : "Je pense qu'on ne pourra plus vivre dans cette maison". La mort des trois jeunes l'a émue, "Ils ont l'âge de mes enfants", explique-t-elle. L'une des victimes était d'ailleurs à l'école avec eux : "Je connais son papa, je n'ose imaginer leur tristesse".