Crise au Louvre : une grève et une quatrième crise consécutive au musée parisien

Crise au Louvre : une grève et une quatrième crise consécutive au musée parisien Le musée du Louvre s'apprête à vivre une nouvelle crise après le vol d'octobre, et des dégradations sérieuses de l'édifice ou de certaines collections en novembre. Trois syndicats du musée appellent à faire grève pour dénoncer les dysfonctionnement de l'établissement.

"Visiter le Louvre est devenu un véritable parcours du combattant" et y travailler aussi à en croire une lettre des syndicats du musée parisien adressée à la ministre de la Culture, Rachida Dati. Trois syndicats du Louvre ont appelé les personnels du musée à participer à une "grève reconductible" à partir du lundi 15 décembre. La CGT, la CFDT et Sud sont à l'origine de l'appel à la mobilisation qui a été "voté à l'unanimité" lors d'une assemblée générale ayant rassemblé "environ 200 personnes" ce lundi 8 décembre. Les organisations dénoncent "des conditions de travail dégradées" ainsi que "des moyens insuffisants".

Cette nouvelle sonne comme un nouveau coup dur pour le musée le plus visité du monde, le quatrième en l'espace de deux mois. La série noire du Louvre a débuté avec le vol de plusieurs joyaux de la Couronne française, qui a eu lieu en plein jour le 19 octobre. Ont suivi la fermeture de la galerie Campana le 17 novembre, en raison de la vétusté de l'édifice et du plancher du deuxième étage qui menace de s'effondrer, mais aussi d'une fuite d'eau qui a inondé la bibliothèque des Antiquités égyptiennes et a endommagé plusieurs ouvrages le 26 novembre.

Des problèmes "prévisibles"

Des dégradations rendues publiques, mais qui ne sont que des déconvenues parmi d'autres selon Alexandra Kardianou, secrétaire de la section CGT du Louvre. Invitée sur BFM, la syndicaliste a assuré que la fuite du 26 novembre n'était qu'une parmi "toutes les autres que nous subissons depuis des années dans les bureaux, les bibliothèques". "La vétusté des installations techniques, la vétusté bâtimentaire, les manquements concernant le schéma sûreté sécurité, tout était prévisible car connus de tous et dénoncés depuis des années lors des instances", a-t-elle déploré soulignant les signalements faits sur l'état du musée.

Or, les difficultés du Louvre commencent à peser sur l'expérience des visiteurs. "Chaque jour, les espaces muséographiques sont fermés bien au-delà des prévisions du plan d'ouverture garantie faute d'effectifs en nombre suffisant ainsi qu'en raison des défaillances techniques et de la vétusté du bâtiment constatées", écrivent les syndicats dans la lettre qu'ils ont envoyé au ministère de la Culture et transmis à l'AFP.

L'objectif est des "mettre la pression" au ministère

L'appel à la grève apparaît comme un des derniers recours pour alerter sur la situation au Louvre après que "les différentes alertes internes [soient] restées lettre morte". Avec cette mobilisation, qu'ils espèrent suivie, les syndicats veulent "mettre la pression pendant une semaine pour obtenir gain de cause", explique une syndicaliste au Monde. Ils ont demandé une négociation directe avec le ministère de la Culture "en raison de la dégradation sans précédent du climat social interne et de la nécessité d'obtenir des réponses de la part des autorités compétentes".