Grève des médecins : pourquoi manifestent-ils aujourd'hui à Paris ?
Les médecins libéraux sont en grève depuis le 5 janvier. Ils manifestent ce samedi 10 janvier à Paris. Le cortège s'est réuni à 12 h 30 place du Panthéon (Ve arrondissement) pour un départ à 14 heures vers l'Hôtel des Invalides (VIIe arrondissement), proche du ministère de la Santé. Ils dénoncent une "dérive autoritaire" du système de santé, selon les mots du syndicat Jeunes Médecins. Certaines parties du PLFSS, voté en décembre, sont loin de plaire aux médecins libéraux, tout comme du PLF dont le vote devrait arriver dans les prochaines semaines.
Tout d'abord, il y a la possibilité donnée à l'Assurance maladie de fixer unilatéralement des tarifs médicaux dans certains cas (PLFSS), rapporte Le Parisien. Il y a aussi la réduction à un mois de la durée maximale du premier arrêt de travail. Une mesure qui a été justifiée par la ministre de la Santé Stéphanie Rist sur France Inter : "Ce qui est dit dans ce budget, c'est que le premier arrêt maladie ne peut pas dépasser un mois, sauf si le médecin d'ailleurs explique pourquoi il le dépasse. Cette mesure a été proposée pour permettre aux malades qu'ils soient revus au bout d'un mois, parce que dans le suivi médical, ça paraît aussi assez intéressant pour les malades."
Les médecins libéraux craignent aussi de se voir imposer des objectifs de réduction de prescriptions dans le PLF, ainsi que des entraves à leur liberté d'installation. Celles-ci auraient pour but de lutter contre les déserts médicaux mais sont largement décriées par les syndicats.
Une grève du 5 au 15 janvier
Cette manifestation intervient en pleine grève des médecins libéraux, du 5 au 15 janvier, dont le pic devrait arriver la semaine prochaine. Celle-ci est plutôt bien suivie à en croire les chiffres publiés mardi par l'Assurance maladie : les télétransmissions étaient en baisse de 19 % chez les généralistes libéraux et de 12 % chez les spécialistes.
L'intersyndicale a refusé, vendredi 9 janvier, le rendez-vous proposé par Stéphanie Rist. Celle-ci a tout de même assuré être au ministère toute la journée et être "prête à les recevoir malgré tout, si jamais ils changent d'avis". Les syndicats demandent à rencontrer le Premier ministre la semaine prochaine.