Interdire les réseaux sociaux aux moins de 15 ans : pourquoi l'ambassadrice contre le harcèlement est contre
L'Assemblée nationale a approuvé, lundi 26 janvier 2026, l'article 1 de la proposition de loi portée par la députée Laure Miller, qui vise à interdire les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 15 ans. "Avec cette loi, nous poserons une limite claire dans la société. Nous disons une chose simple : les réseaux sociaux n'ont rien d'anodin", avait estimé en préambule la députée Ensemble pour la République de la Marne, relaie Le Monde.
Et alors que l'interdiction des réseaux sociaux aux jeunes de moins de 15 ans était la grande recommandation du rapport de la commission d'enquête parlementaire portant sur les effets psychologiques de TikTok sur les mineurs, le résultat de ce vote risque de ne pas plaire à tout le monde. Au micro de RMC ce matin, l'ambassadrice nationale de la lutte contre le harcèlement scolaire, Anne-Liz Deba, déplorait cette décision. "Avant même de vouloir interdire un outil fondamental à la vie des jeunes, il faut de la prévention, de l'éducation et de l'accompagnement, ce qui manque dans le système éducatif français", pointait-elle.
"Les lois applicables ne s'appliquent même pas"
Alors que jusqu'à présent la loi interdisait déjà les réseaux sociaux aux mineurs de moins de 13 ans, Anne-Liz Deba a pointé sur RMC lundi matin que le "gros problème" est qu'il existe déjà une loi en France "sur le programme phare qui mène des actions de prévention à l'école, sur le harcèlement et l'utilisation des réseaux sociaux, notamment avec l'association E-enfance qui gère le 3018, le numéro contre le harcèlement scolaire".
Mais le constat est sans appel : "Sur le terrain, il y a encore beaucoup trop d'établissements où il n'y a pas de prévention", explique Anne-Liz Deba. Et d'insister : "On a besoin de prévention puisque les lois applicables ne s'appliquent même pas."