Plus de 110 villages français ont disparu depuis deux ans, pourquoi
Le Héron en Seine-Maritime, Barmainville en Eure-et-Loir ou encore Caunay dans les Deux-Sèvres. Ces villages ont officiellement disparu de la carte française ces deux dernières années, comme plus de 110 autres communes historiques. Cela ne signifie heureusement pas que leurs maisons, leurs habitants ou leurs traditions ont été rayés de la carte, mais qu'ils ne sont plus des communes indépendantes avec un maire et un conseil municipal propres. La disparition des villages ne date pas d'hier. Au début des années 2000, la France comptait 36 567 communes sur son territoire. En 2010, ce chiffre était descendu autour de 36 000 communes, puis la baisse s'est accélérée. La France ne compte plus que 34 875 communes au 1ᵉʳ janvier 2025, soit 1 692 communes de moins qu'en 2000.
Que deviennent ces villages ? Ils ont été fusionnées avec leurs voisines pour former de nouvelles entités appelées communes nouvelles. Entre 2012 et 2020, environ 2 500 anciennes communes ont fusionné pour former près de 770 communes nouvelles. Pourquoi ces fusions se multiplient-elles ? La principale raison est financière. Beaucoup de petites communes rurales peinent à équilibrer leur budget face à la hausse des coûts d'entretien des routes, des bâtiments publics ou des écoles. En se regroupant, plusieurs villages partagent leurs dépenses et peuvent conserver des services qui auraient été menacés s'ils étaient restés seuls. L'État encourage aussi ces regroupements afin de simplifier l'organisation territoriale. Un autre facteur est humain. Dans de nombreuses communes rurales, il devient difficile de trouver des habitants prêts à s'engager comme maires ou conseillers municipaux. Les responsabilités administratives sont lourdes et prennent beaucoup de temps. Les fusions permettent de partager les tâches.
Le mouvement ne touche pas toutes les régions de la même manière. Ces dernières années, la Nouvelle-Aquitaine et la Bourgogne-Franche-Comté figurent parmi les régions ayant connu le plus de créations de communes nouvelles, suivies par la Normandie et certaines zones rurales des Pays de la Loire et du Grand Est. À l'inverse, les régions fortement urbanisées sont moins concernées, car leurs communes sont déjà de taille plus importante. Pour beaucoup d'habitants, voir disparaître le nom de leur commune reste un moment difficile. Même si le village continue d'exister, l'identité administrative change et certains craignent de perdre une partie de leur histoire locale. Dans la réalité quotidienne, pourtant, les écoles, les fêtes et les commerces restent en place, et les anciennes communes conservent souvent un statut de commune déléguée ou une mairie annexe.
Le phénomène devrait se poursuivre, car les contraintes budgétaires et démographiques ne disparaissent pas. Les élus cherchent surtout à préserver les services de proximité plutôt qu'à effacer les villages. Mais les élections municipales ont mis le phénomène en pause. Plus aucune fusion de village n'a été possible depuis le 1er janvier 2025 et ce jusqu'au-delà des élections.