La loi va changer : dès le 1er mai, tous ces conducteurs seront privés de permis

La loi va changer : dès le 1er mai, tous ces conducteurs seront privés de permis

A partir du 1er mai, tous ces départements vont mettre en place une mesure drastique.

Instauration d'un "permis senior" qui obligerait les conducteurs âgés à repasser régulièrement des tests d'aptitude à la conduite, examens médicaux obligatoires dès 70 ans, voire une interdiction pure et simple de conduire après 80 ans... Des publications sur les réseaux sociaux ont avancé ces derniers mois de nombreuses futures interdictions, parfois vidéos virales à l'appui. Pourtant, aucune de ces mesures n'est réellement à l'ordre du jour en France, seuls des projets  et études étant avancés au niveau européen.

En revanche, certains conducteurs seront bien visés spécifiquement dans quelques jours, mais pour une toute autre raison ! Quatre départements ont décidé d'agir via une expérimentation visant à lutter contre un fléau sur nos routes. Ce test pourrait bien préfigurer une généralisation nationale.

L'utilisation du téléphone en conduisant reste aujourd'hui sanctionnée par une amende forfaitaire de 135 euros et un retrait de trois points sur le permis de conduire dans la majorité du territoire français. Depuis mai 2021, un décret permet également la rétention immédiate du permis lorsque cette infraction s'accompagne d'une autre violation du Code de la route, comme un excès de vitesse ou un non-respect de priorité. Dans ce cas précis, le préfet dispose de 72 heures pour décider d'une suspension de permis pouvant aller jusqu'à six mois.

Certains départements vont donc plus loin. Les Landes ont ouvert la voie en novembre 2025, suivies par le Lot-et-Garonne en décembre, puis le Pas-de-Calais en février. Ils ont instauré une suspension systématique du permis pour tout conducteur surpris avec son téléphone en main, même sans autre infraction.

La Charente-Maritime va rejoindre ce mouvement le 1er mai, après une phase de sensibilisation menée durant tout le mois d'avril. La préfecture justifie cette décision par des chiffres alarmants : "Malgré la mobilisation forte des gendarmes et des policiers avec des opérations de contrôle amplifiées, malgré le durcissement du barème des sanctions, le nombre d'accidents et d'infractions routières demeure trop élevé." En 2025, l'utilisation du téléphone était impliquée dans "15 % des accidents mortels, ce qui représente 7 morts sur 45" dans ce seul département, explique la préfecture.

Que risquent les conducteurs pris en flagrant délit ? Les modalités de cette expérimentation varient selon les territoires. Dans le Pas-de-Calais, la suspension est fixée à deux mois maximum. En Charente-Maritime, elle peut aller jusqu'à six mois et s'accompagne d'une obligation de "s'acquitter d'une contribution citoyenne auprès d'une association d'aide aux victimes d'un montant de 200 €, supérieur à celui de l'amende forfaitaire".

Ces mesures s'appuient sur les articles L224-7 du Code de la route, qui permettent aux préfets de prendre de telles décisions après respect d'une procédure contradictoire. Téléphoner au volant "multiplie par trois le risque d'accident" selon la Sécurité routière et lire un message pendant qu'on conduit multiplie le risque par 23 en obligeant "à détourner les yeux de la route pendant au moins cinq secondes".