Voie de covoiturage : des automobilistes reçoivent des PV de 135 euros alors qu'ils ne sont pas seuls à bord

Voie de covoiturage : des automobilistes reçoivent des PV de 135 euros alors qu'ils ne sont pas seuls à bord Plusieurs habitués du périphérique parisien se plaignent de recevoir des amendes alors qu'ils transportent un passager dans leur véhicule.

La voie de covoiturage sur le boulevard périphérique parisien fêtera très bientôt son premier anniversaire. Depuis son ouverture, le 3 mars 2025, les automobilistes qui empruntent la voie de gauche de l'anneau qui ceinture la capitale doivent être au moins deux à bord. Si tel n'est pas le cas ils s'exposent - depuis le 2 mai dernier - à une amende de 135 euros. Seulement voilà, les radars implantés sur le périphérique pour détecter le nombre de passagers dans les voitures qui circulent sur la voie de covoiturage semblent connaître quelques ratés.

Selon Le Parisien, plusieurs conducteurs ont été verbalisés alors qu'ils n'étaient pas seuls dans leurs véhicules. Le problème ? Les caméras infrarouges et le logiciel d'intelligence artificielle chargés de détecter les passagers ne voient pas les bébés installés dans leur siège auto, masqués par la coque et l'habitacle du véhicule. Une situation assez absurde qui provoque la colère de nombreux automobilistes. C'est le cas de Souhaila, citée par nos confrères du quotidien régional : "Mon bébé est à l'avant de la voiture et, pourtant, ils ne le voient pas." Cette directrice commerciale a déjà reçu deux PV en moins d'un mois alors qu'elle transportait son enfant pour le déposer chez sa nourrice à Bagnolet.

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Un autre témoignage provient de Marc, 39 ans, lui aussi déjà sanctionné à deux reprises alors qu'il circulait avec son jeune enfant. "J'ai un panneau à l'arrière de mon véhicule qui indique que je transporte un enfant", s'agace ce journaliste, prêt à contester toutes les amendes qu'il recevra avec le justificatif du contrat de la nourrice de son bébé, le bulletin de salaire de celle-ci et la pièce d'identité de sa fille.

Reste qu'il est impossible de mettre ces erreurs d'appréciation sur le seul dos des machines. En effet, un agent assermenté est chargé de vérifier à l'œil nu toutes les photos prises par les caméras infrarouges lorsqu'un radar s'est déclenché. "Des erreurs sont possibles mais elles restent très limitées", assure de son côté la mairie de Paris auprès du Parisien, avant de confirmer que les bébés sont bien "des passagers éligibles à la voie de covoiturage." Si la loi est bien du côté des automobilistes, il semblerait que ces couacs ne disparaîtront pas du jour au lendemain, obligeant des conducteurs en règle à perdre du temps pour contester des amendes de 135 euros qu'ils n'auraient jamais dû recevoir.

L'Association 40 millions d'automobilistes a d'ailleurs vite réagi pour défendre ces personnes verbalisées à tort. "Aujourd'hui, la mairie de Paris semble faire peu de cas de la réalité des familles, réagit Pierre Chasseray, le délégué général de l'association. Sous couvert d'écologie, on verbalise des parents qui circulent avec leur bébé, comme si leur situation n'entrait pas en ligne de compte. À force de contrôles automatisés défaillants, le message envoyé est clair : la considération pour la vie de famille passe après la logique de sanction, ce qui compte, c'est l'argent et vous dégoûter définitivement de la voiture." 

Souhaila, désabusée par le manque de fiabilité de ces radars, a déjà pris une décision : elle ne prendra plus la voie de covoiturage quand elle transportera son bébé.