Considéré comme une mauvaise herbe, ce légume vaut plus cher que l'or en Allemagne

Considéré comme une mauvaise herbe, ce légume vaut plus cher que l'or en Allemagne Certains agriculteurs cherchent seulement comment s'en débarrasser mais en Allemagne des chefs étoilés l'utilisent dans leurs plats.

Sur les chemins de randonnée, certaines plantes ne retiennent jamais l'attention. Elles s'étendent sans ordre apparent, s'accrochent aux arbres, envahissent talus et lisières. Le promeneur les évite, l'agriculteur les combat. Elles font partie du décor, au point de devenir invisibles. Et pourtant, l'une d'entre elles est aujourd'hui considérée en Allemagne comme une matière première rare, parfois qualifiée de "plus chère que l'or". Pourquoi ce paradoxe ?

Dans certains pays d'Europe, cette plante — le kudzu — ne pousse presque pas à l'état naturel. En Allemagne, la racine kudzu est séchée puis réduite en poudre pour entrer dans la fabrication de compléments alimentaires tandis que des chefs et artisans l'intègrent dans des plats trois étoiles, notamment pour ses propriétés épaississantes proches de celles de l'arrow-root. En Allemagne, le kudzu n'est donc pas un légume du quotidien, mais un produit de niche. Mais sa culture est délicate, son accès limité. Cette rareté suffit à lui conférer un statut particulier. Ce qui est difficile à obtenir devient précieux. Les chercheurs s'y intéressent, les circuits spécialisés se développent, les prix s'envolent.

Ailleurs, à l'inverse, il est omniprésent. Il pousse vite, profondément, obstinément. Ses racines solides compliquent l'entretien des terres, ses tiges étouffent les cultures voisines. Trop commun pour susciter la curiosité, il est catalogué sous une appellation pratique mais définitive : une mauvaise herbe. Dès lors, plus personne ne se demande ce qu'il pourrait être, seulement comment s'en débarrasser. C'est le cas en Corée du Sud : le kudzu couvre des pans entiers de montagnes et de zones forestières. Selon les services forestiers et les collectivités locales, il est présent sur des dizaines de milliers d'hectares, notamment le long des routes de montagne, des lignes ferroviaires et dans les zones rurales abandonnées. Sa croissance rapide et ses racines profondes en font une plante difficile à contenir, au point qu'il est régulièrement classé parmi les espèces envahissantes à éliminer plutôt que comme une ressource à exploiter. Dire qu'il est "plus cher que l'or" relève moins d'une comparaison stricte que d'un symbole. Il s'agit d'un écart d'accessibilité. Là où certains peuvent l'obtenir sans effort, d'autres doivent investir du temps, de l'argent et des moyens considérables. La valeur ne réside donc pas dans la plante elle-même, mais dans le contexte qui l'entoure.