"Cela met en danger des milliers d'animaux" : l'alerte de 30 Millions d'Amis, des animaleries françaises sont hors-la-loi
Plus d'une dizaine d'animaleries françaises continuent de pratiquer la vente illégale d'animaux de compagnie, malgré une loi l'interdisant complètement, révèle la Fondation 30 Millions d'Amis. Interrogée par Linternaute.com, Lorène Jacquet, responsable campagnes et Plaidoyer de la fondation, explique pourquoi elles ne craignent aucune sanction.
Linternaute.com : Vous avez mené une enquête publiée en mars 2025, puis une autre sur les animaleries en 2026. Qu'avez-vous découvert ?
Lors de nos deux enquêtes, nous avons révélé que certaines animaleries continuent de vendre des chiens et des chats en toute impunité, alors que la loi l'interdit pourtant depuis 2024. D'autres détournent la loi interdisant la vente en animalerie en vendant leurs animaux sur internet au lieu de les vendre en magasin. Cette dizaine d'animaleries encourage toujours l'achat d'impulsion, sans rencontre préalable avec l'animal.
Que dit réellement la loi aujourd'hui ?
L'article L214-6-3 du Code rural et de la pêche maritime indique que "la vente d'animaux de compagnies en magasin est interdite pour les établissements exerçant une activité d'animalerie", sans ambiguïté. Cependant, aucune sanction n'est prévue. Ni amende, ni fermeture. Sans sanction, rien ne pousse réellement à respecter l'interdiction. Les animaleries continuent donc leur activité sans être inquiétées. La ministre Annie Genevard s'était engagée à publier le décret prévoyant cette sanction à l'été 2025, mais aujourd'hui, toujours rien. C'est un vrai problème : les animaux deviennent un simple objet commercial et risquent la maltraitance. Cela crée en plus une concurrence déloyale pour les animaleries qui ont cessé ces ventes et qui essayent de s'en sortir en ne proposant que des accessoires. Les pouvoirs publics affichent une politique engagée sur le sujet, mais sans action concrète. Nous avons donc engagé un recours devant le Conseil d'État.
Les autorités ne peuvent rien faire contre ces animaleries qui ne respectent pas la loi ?
Les autorités peuvent rappeler les animaleries à l'ordre, mais c'est tout. Elles font parfois des contrôles, mais ne peuvent pas punir en l'absence d'un décret-sanction. Certaines autorités sanitaires n'interviennent même plus pour venir en aide aux animaux en danger, souffrants ou malades, comme le montre notre enquête. Pourtant, ils n'ont pas besoin de fermer l'animalerie pour ça.
Quelle est votre demande aujourd'hui ?
Notre demande principale est la publication d'un décret prévoyant de vraies sanctions dissuasives et les plus sévères possibles, permettant de faire cesser ces ventes. Nous souhaitons aussi que le commerce en ligne d'animaux de compagnie soit tout simplement interdit. Ce business ne profite qu'à un petit nombre d'acteurs, mais met en danger des milliers d'animaux.
Quelles sont les bonnes pratiques lorsqu'on souhaite adopter un animal ? À quoi faut-il faire attention dans les offres ?
Il faut avant tout réfléchir sérieusement avant de s'engager et ne pas prendre cette décision à la légère. Un animal a un coût, demande du temps et implique des sacrifices : il faut en avoir conscience. Nous encourageons toujours l'adoption via les associations et les refuges. Dans tous les cas, la rencontre préalable avec l'animal est indispensable, il ne faut jamais acheter un animal en ligne ni auprès d'une portée de particuliers, car les risques de problèmes administratifs, de santé ou d'éducation sont décuplés. La vente sans rencontre est une pratique extrêmement décriée et irresponsable, qui favorise l'abandon et la maltraitance. Les animaleries se sentent aujourd'hui intouchables. Il faut également éviter les salons du chiot, souvent liés à l'élevage intensif et à la maltraitance.