Papillomavirus : les femmes vaccinées doivent-elles vraiment faire des frottis aussi souvent ?
Toutes les femmes le redoutent, à tel point que beaucoup l'évitent. Pourtant, le frottis est essentiel dans la prévention du cancer du col de l'utérus, qui "touche chaque année près de 3 000 femmes et cause environ 1 100 décès", rappelle Santé publique France. Ce cancer est évitable, et pourrait même être éradiqué, grâce à deux méthodes complémentaires : le dépistage et la vaccination contre les papillomavirus (HPV). Ces virus sont à l'origine de la presque totalité des cas de cancer du col de l'utérus.
De plus en plus de jeunes femmes sont vaccinées contre les papillomavirus. Ce vaccin, recommandé depuis 20 ans, est en effet aujourd'hui proposé directement aux collégiennes (et collégiens) dans les écoles. D'après Santé publique France, près de 45 % des adolescentes de 15 à 18 ans sont désormais vaccinées contre les papillomavirus. Beaucoup des femmes vaccinées se demandent alors s'il reste vraiment nécessaire pour elles de faire le dépistage du cancer du col de l'utérus.
En France, la recommandation est la même pour les femmes, qu'elles soient vaccinées ou non. A partir de 25 ans, deux frottis espacés d'un an doivent être réalisés, puis trois ans plus tard, puis tous les 5 ans jusque 65 ans. Mais alors pourquoi les femmes vaccinées contre le papillomavirus ne sont-elles pas dispensées de dépistage ? Tout simplement parce que "la vaccination ne protège pas contre tous les HPV liés au cancer du col de l'utérus", précise le site Vaccination Info Service. Le vaccin protège en effet uniquement contre les souches de papillomavirus qui sont responsables d'environ 90 % des cancers du col de l'utérus. Une récente étude vient pourtant de remettre en cause la nécessité des frottis aussi réguliers chez les femmes vaccinées.
Un dépistage tous les 15 à 25 ans seulement serait "privilégié"
Des chercheurs des universités d'Harvard, d'Oslo et de l'Institut national du cancer américain ont en effet modélisé l'impact à long terme de différentes stratégies de dépistage chez les femmes norvégiennes vaccinées contre le papillomavirus. Ils ont conclu que "le dépistage du cancer du col de l'utérus pourrait être réalisé beaucoup moins fréquemment que ne le recommandent les directives actuelles, sans compromettre les bénéfices pour la santé". L'étude, publiée début février 2026 dans Annals of Internal Medicine, met en évidence qu'un dépistage "effectué seulement deux ou trois fois au cours de la vie s'est révélé à la fois rentable et associé à un moindre nombre de procédures de suivi inutiles". Un dépistage tous les 15 à 25 ans serait ainsi "privilégié".
Bien sûr, cette étude n'est pas un essai clinique comparant les effets des différentes fréquences de dépistages chez les femmes vaccinées. L'impact réel sur la santé d'un dépistage moins fréquent contre le papillomavirus peut être majeur. Plus les lésions cancéreuses sont détectées tôt, plus les chances de guérison et donc de survie sont grandes. A l'heure actuelle, il reste donc indispensable de suivre les recommandations établies, qui pourraient cependant être amenées à changer suite à cette étude.