"Ils ne s'attendaient pas à ça" : des chercheurs ont trouvé une piste pour soigner la maladie de Charcot

"Ils ne s'attendaient pas à ça" : des chercheurs ont trouvé une piste pour soigner la maladie de Charcot Les causes de la maladie de Charcot sont très mal connues, jusqu'à aujourd'hui. Des chercheurs ont découvert "des preuves" du mécanisme à l'origine de cette maladie, qui offrent un espoir de la soigner.

C'est une des maladies les plus terribles. La maladie de Charcot, ou sclérose latérale amyotrophique (SLA), est une maladie neurodégénérative qui paralyse progressivement les personnes touchées jusqu'au décès. Celui-ci intervient en seulement 3 à 5 ans en moyenne. Depuis de nombreuses années, les scientifiques tentent de mieux connaître ses mécanismes, ce qui est essentiel pour espérer trouver un traitement.

Après avoir analysé le sang de patients atteints de la maladie de Charcot, des chercheurs ont justement découvert des différences dans leur système immunitaire. Plus précisément, "des cellules immunitaires inflammatoires ciblent par erreur certaines protéines qui font partie du système nerveux chez les personnes atteintes. Ce type d'"auto-attaque" (du système immunitaire, ndlr) est la caractéristique déterminante des maladies auto-immunes", expliquent-ils.

Olivier Goy ancien entrepreneur et atteint de la maladie de Charcot est à l'origine de concerts pour financer la recherche medicale. © SADAKA EDMOND/SIPA (publiée le 14/10/2025)

La maladie de Charcot pourrait ainsi être une maladie auto-immune, comme le diabète de type 1, la sclérose en plaques ou encore la polyarthrite rhumatoïde. Un phénomène suspecté "depuis longtemps" dans cette maladie, mais jusqu'ici "aucune preuve directe d'une telle réponse" n'avait été rapportée jusqu'alors, écrivent les chercheurs dans l'étude publiée dans la renommée revue Nature. "Il s'agit de la première étude démontrant clairement que chez les personnes atteintes de SLA, il existe une réaction auto-immune qui cible des protéines spécifiques associées à la maladie", s'est réjouit le professeur Alessandro Sette, qui a dirigé l'étude.

Cette découverte est particulièrement intéressante pour la connaissance de cette maladie, mais elle représente également une piste de traitement. "Maintenant que nous connaissons la cible spécifique de ces cellules immunitaires, nous espérons pouvoir mettre au point des traitements plus efficaces contre la SLA", espère ainsi Tanner Michaelis, premier auteur de l'étude. 

Les chercheurs ont d'ailleurs observé des différences dans la réponse immunitaire en fonction de la durée de survie des patients. Les cellules immunitaires impliquées ont en effet une "réponse protectrice plus forte chez les personnes dont la durée de survie prévue est plus longue", a expliqué le Pr Emil Johansson. Cela pourrait expliquer les différences de survie entre les patients, jusqu'ici inexpliquées. Par exemple, le célèbre joueur de baseball Lou Gehrig en est décédé en deux ans, alors que le physicien Stephen Hawking a survécu pendant 55 ans après le diagnostic !

La maladie de Charcot ne serait d'ailleurs pas la seule maladie neurodégénérative ayant une composante auto-immune, puisque qu'il y a "plusieurs maladies neurodégénératives pour lesquelles nous disposons désormais de preuves évidentes de l'implication des cellules immunitaires", a précisé le Pr Sette. La piste de traitement visant ce dérèglement immunitaire pourrait ainsi "s'appliquer à d'autres troubles tels que la maladie de Parkinson et la maladie d'Alzheimer", estime-t-il. Un vrai espoir pour les malades...