Claude François : derrière le mythe, une fille cachée et une image maintes fois écornée

Claude François : derrière le mythe, une fille cachée et une image maintes fois écornée Claude François n'est pas seulement le chanteur populaire qu'on connaît. Il a aussi vu son image ternie des années après sa disparition.

Claude François est au coeur d’une soirée spéciale sur France 2, qui a programmé un numéro spécial de son émission Le Grand Échiquier, consacré à l’idole. Une soirée d'exception présentée par Claire Chazal et André Manoukian au sein de l'Opéra royal du château de Versailles, avec l'Orchestre de l'Opéra Royal, les 200 chanteurs de la chorale Spectacul'Art, mais aussi une pléiade d'invités d'exception comme Alain Chamfort qui fit ses débuts à ses côtés et partagera ses souvenirs, M. Pokora qui lui a consacré un album hommage, Claude François Junior le fils aîné de l'artiste et gardien de sa mémoire, Dani Borg ancienne Clodette, mais aussi Natasha St-Pier, China Moses, Amir ou Agustín Galiana.

"Tout au long de cette soirée, l'histoire, le destin et la personnalité hors norme de Claude François seront racontés. Chanteur, danseur, producteur et showman visionnaire, il a révolutionné la scène musicale française en inventant une nouvelle manière de se produire sur scène et à la télévision", indique France Télévisions dans son dossier de presse. Disparu tragiquement en mars 1978, électrocuté dans sa salle de bains, à seulement 39 ans, Claude François a suscité un engouement populaire sans précédent, jusqu'à l'hystérie.

Claude François : une face sombre régulièrement rappelée

Pourtant, derrière les paillettes et les tubes inoubliables, une autre image de "Cloclo" persiste, comme l'ont rappelé notamment plusieurs articles et documentaires en 2017 et 2018, à l'occasion des 40 ans de sa mort. Dans Claude François, l'ombre au tableau, réalisé par Karl Zéro et Daisy d'Errata et diffusé sur Arte, l'artiste était décrit comme un "roi du tempo et despote des plateaux, rongé par l'angoisse de sa finitude et obsédé par les très jeunes filles". Le film évoquait une existence survoltée, entre "coups de colère et coups de foudre".

Affaire de plagiat en 1972 contre Robert Lamoureux (qui avait écrit le texte de la chanson "Viens à la maison"), de fraude fiscale en 1973, coups de colère et humiliation de ses collaboratrices... Claude François avait aussi une facette sombre qui refait régulièrement surface pour contrecarrer les hommages. Comme l'a encore noté 20 Minutes récemment, "45 ans après sa mort, Claude François ressuscite régulièrement sur les réseaux sociaux". Et pas toujours pour ses chansons. Les relations avec les fans et "l'attirance du chanteur pour les jeunes filles" sont régulièrement pointées. Sur TikTok notamment, une interview accordée à la RTBF dans les années 1970 est abondamment partagée.

Dans cet entretien, l'interprète de "Cette année-là" ne cachait pas ses préférences : "J'aime jusqu'à 17-18 ans, après je commence à me méfier. Bien sûr, j'ai des aventures au-delà de 18 ans, heureusement, mais après 18 ans je me méfie, parce que les filles commencent à réfléchir, elles ne sont plus naturelles, ça commence même quelquefois avant. Et puis, on retrouve cette forme humaine et équilibrée après une bonne trentaine d'années. Il y a une espèce d'horrible moyenne entre 18 et 30 ans". Et d'ajouter : "Je suis obsédé par les adolescentes".

La fille cachée de Claude François, avec une mère âgée de 15 ans

Ces propos, qui passaient inaperçus à l'époque, choquent aujourd'hui. La réputation de Claude François s'en trouve ternie, celui-ci étant couramment qualifié de coureur de jupons quand il n'est pas accusé d'avoir abusé de ses jeunes fans. Au point que Fabien Lecœuvre, qui a un  temps géré la communication et la carrière posthume du chanteur, déclarait en 2023 au JDD que jusqu'à huit personnes ont prétendu être ses enfants naturels.

Il faut dire qu'au-delà des déclarations, des faits concrets alimentent la controverse. En plus de Claude François Jr., né le 8 juillet 1968 et surnommé "Coco" pendant son enfance et Marc François, né le 15 novembre 1969, et souvent caché au grand public pour ne pas ternir son image de séducteur, Claude François a eu une fille cachée, Julie Bocquet. Celle-ci serait née sous X à Gand, en Belgique, le 15 mai 1977, d'une relation entre la star, alors âgée de 37 ans, et Fabienne, une adolescente de seulement 15 ans à l'époque.

Adoptée à l'âge de deux mois, Julie Bocquet apportera son témoignage dans plusieurs titres dont Gala ou encore dans un documentaire très remarqué, Claude François le dernier pharaon, réalisé par François Pomès et diffusé sur la chaîne Paris première en février 2018. "Ma mère et Claude ont entretenu un type de relation suivie d'une dizaine de rencontres entre 1976 et 1977", assurera-t-elle, précisant que l'interprète du "Téléphone pleure", "Le lundi au soleil" ou "Comme d'habitude" était "intimement convaincu" que sa compagne d'alors "avait 18 ans".

Claude François Jr. monte au créneau pour défendre son père

Face à ces accusations récurrentes, les proches de Claude François tenteront plusieurs fois de défendre sa mémoire. En mars 2024, sur C8, deux anciennes Claudettes, Ketty Sina et Carole Plumelle, prendront la parole pour assurer qu'il "n'était pas un pervers". "On n'avait pas ce genre de rapport avec Claude, en fait. Il avait un comportement vis-à-vis de nous très protecteur", a déclaré Ketty Sina, ajoutant : "Il était bienveillant avec nous, c'est l'attitude qu'il avait".

Claude François Jr., s'est également exprimé avec véhémence dans TPMP People en mars 2023 : "Mon père est associé à de la pédophilie, donc ça revient à le mettre dans le même sac que Marc Dutroux, ce qui est juste scandaleux", s'indignait-il, sans nier que Claude François avait eu une fille avec une ado de 15 ans ("un manque de vigilance" selon lui).

Reconnaissant que le chanteur "aimait bien les jolies filles", il martelait : "on ne parle en aucun cas d'enfants". Il déplorait que Claude François ne soit "plus là pour se défendre" et que la loi ne lui permette pas d'engager des procédures en diffamation pour défendre la mémoire de son père disparu.