Eurovision : une semaine après l'échec, le triste constat est tombé pour Monroe - les langues se délient

Eurovision : une semaine après l'échec, le triste constat est tombé pour Monroe - les langues se délient Une semaine après la 11e place de Monroe à l'Eurovision, l'heure est au bilan avec des analyses parfois sévères sur les raisons de cet échec face au public européen.

On a beau tenter de voir le verre à moitié plein, l'Eurovision 2026 restera comme une déception pour la France, avec une 11e place très éloignées des ambitions de la délégation tricolore. La candidate française, Monroe, 17 ans, révélée dans l'émission Prodiges sur France 2, avait pourtant tout pour séduire : une voix exceptionnelle, une présence scénique remarquable et une chanson ambitieuse. En chantant "Regarde !" sur scène à Vienne, la jeune franco-américaine a livré samedi dernier une prestation vocale impeccable, saluée par tous les observateurs.

La performance technique de Monroe a été unanimement saluée. Alexandra Redde-Amiel, cheffe de la délégation française, s'est dite "extrêmement fière de Monroe", qualifiant sa prestation de "magistrale". "C'est incroyable cette aventure qu'on a faite avec une jeune fille de 17 ans", a-t-elle ajouté, soulignant le parcours remarquable de l'adolescente. De son côté, la principale intéressée préférait elle aussi retenir le positif : "Je suis très fière ! Je pense qu'on a donné tout, on a donné notre cœur sur cette scène. On avait un message qu'on aime tellement et quand tu aimes ton message tellement comme ça, tu es content de juste l'avoir partagé."

Pourtant, malgré cette prestation saluée et même très bien notée par les jurys professionnels qui l'avaient classée à une très honorable quatrième place avec 144 points, le public européen n'a pas suivi. Avec seulement 14 points accordés par huit pays, Monroe s'est classée 18e sur 35 au vote des téléspectateurs. Un score qui l'a fait dégringoler à cette 11e place finale, hors du top 10 et très loin du top 3 espéré. Et c'est ce décalage entre l'appréciation des professionnels et celle du public qui interroge et fait débat une semaine après la compétition.

Les commentateurs français de l'Eurovision ont été les premiers à analyser cet échec. Stéphane Bern, fort de ses onze concours au compteur, a tenté de comprendre ce désamour : "Ce que je note c'est que le jury a très bien placé Monroe. Elle a eu plusieurs fois 12 points et tous les pays lui ont donné des points. La chanson est validée. Maintenant, le vote du public, c'est autre chose. Le public européen n'a pas forcément adhéré", a-t-il lâché en salle de presse. "La chanson est élégante, stylée, le tableau est spectaculaire. Il fallait peut-être quelque chose de plus accessible, comme la chanson bulgare."

Sa binôme Camille Cerf, "plus dans l'incompréhension que dans la déception", semble pas loin de penser la même chose, même si elle ne s'explique pas non plus le désamour du public pour ce qu'elle qualifie d'"hymne à l'amour" interprété par Monroe. "Je pense que toutes les équipes de France Télévisions vont travailler sur ce point pour comprendre ce qui s'est passé", estime l'ex-Miss France dans les colonnes de Télé-Loisirs. Tableau spectaculaire, mise en scène élégante, prestation théâtrale... Tout cela était-il trop pompeux pour l'Eurovision ?

L'analyse d'Antoine Gouiffes-Yan, patron de Parlophone, la maison de disques de Monroe, est une des plus parlantes une semaine après le concours. "La chanson n'a pas pris dans le public. C'était un choix artistique de faire sobre et élégant. Mais le côté théâtral et lyrique n'a pas plu", a-t-il très justement conclu. "Cette année, le public voulait de la fête et du délire. Le tableau français était trop classique, le raffinement, le côté sombre et introspectif était en décalage."

Un constat partagé par plusieurs observateurs interrogés par Le Parisien, qui estiment que la France a misé sur une proposition trop sophistiquée pour un concours où le public privilégie souvent les performances plus accessibles, festives voire délurées. Si rien ne peut être reproché à Monroe, les commentaires sont sans pitié sur le choix de la chanson : un titre "pas pour le public, mais pour le jury", "pas ce que le téléspectateur lambda va écouter en boucle", "trop poli", et même "un peu chiant".

Le mot est lâché, et illustre un autre constat cinglant : "en France, 'Regarde !' ne passe pas à la radio, c'est un signe", conclut Marie, qui gère le site web Eurovision au quotidien. Un autre point a peut être aussi pénalisé Monroe, benjamine de cette 70e édition du concours et d'ailleurs l'une des plus jeunes représentantes françaises de l'histoire de l'Eurovision : sa jeunesse qui a pu étonner voire choquer. La candidate de La France pourrait d'ailleurs bientôt être la dernière candidate mineure du concours, l'Union européenne de radio-télévision envisageant de relever l'âge minimum à 18 ans dès 2027.