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Nucléaire en France : l'année où tout a commencé

picto nucleaireL'Ina met en avant sur son site plusieurs vidéos de 1956, "l'année zéro" de l'atome en France. Voyage hallucinant à l'époque du nucléaire joyeux et triomphant.

Publié le 20/04/2011

Cinquante huit réacteurs, plus de 1000 sites de stockage des déchets, un nucléaire représentant plus des trois quarts de la consommation d'électricité dans le pays... La France s'est imposée ces dernières décennies comme la championne du nucléaire dans le monde, avec un développement sans précédent de cette industrie. Pays le plus nucléarisé en rapport à la population (les Etats-Unis comptant 104 réacteurs mais 5 fois plus d'habitants), elle est aussi l'une des plus grandes exportatrices de centrales au monde, avec ses champions que sont Areva et EDF. Mais comment en est-on arrivé à cette situation ? Tandis qu'on s'interroge sur l'avenir de nos réacteurs, L'Ina a retrouvé dans ses archives plusieurs vidéos retraçant les débuts du nucléaire français. Des documents édifiants.

 

Marcoule : première centrale nucléaire

Après le tournant d'Hiroshima et de Nagasaki, la France se lance, comme plusieurs autres pays, dans la course à l'arme atomique. En 1945, le Commissariat à l'Energie atomique (CEA) est créé par le Général de Gaulle. Les premiers essais de la bombe française ont lieu dans le Sahara, dans les années 1960. Une longue période débute pendant laquelle près de 210 de ces essais seront menés par la France jusqu'en 1996. Malgré un moratoire de François Mitterrand en 1991, ils reprendront en 1995 en Polynésie française, après l'élection de Jacques Chirac. Mais Paris comprend vite l'intérêt de développer en parallèle le nucléaire civil. Un gage d'indépendance énergétique du pays, chère à Charles de Gaulle.

 

Un premier réacteur est créé en 1948 à Fontenay-aux-Roses, en région parisienne. On parle alors de la "Pile Zoé". Dans les années 1950, beaucoup d'autres suivront et seront progressivement regroupés au sein de centrales. Le site nucléaire de Marcoule, mis en service en 1956 dans le Gard, est de celles là. Deux vidéos de l'époque montrent l'enthousiasme béat des médias officiels face à ce complexe à la pointe du nucléaire, militaire comme civil :

 

 

 

Euratom et le consensus politique

Dans le même temps, l'ancêtre de l'Union européenne, la Communauté européenne du charbon et de l'acier, lance Euratom. Un organisme public chargé du développement du nucléaire à l'échelle européenne. Une fois encore, en pleine crise du Canal de Suez, c'est l'indépendance énergétique de l'Europe face aux problèmes d'approvisionnement en pétrole qui est mise en avant. Si son impact réel sur le développement du nucléaire en France est limité (on lui doit la centrale de Chooz, près de la frontière belge), Euratom sera l'occasion de sceller un véritable pacte politique sur la question. L'Assemblée nationale approuvera par un "vote massif" sa création en juillet 1956, comme le montre cet extrait des "Actualités françaises" de l'époque :

 

 

C'est grâce à ce large consensus politique que le développement du nucléaire industriel s'accélère dans les années 1960, avec la mis en service d'une dizaine de réacteurs. Celui-ci explose littéralement dans les années 1970, sous l'égide de Georges Pompidou et de son Premier ministre Pierre Mesmer. Le premier choc pétrolier incite alors le gouvernement à lancer un programme de grande ampleur, prévoyant la construction de 3 réacteurs par an ! Ce dernier sera réalisé sans consultation préalable des citoyens ou du Parlement.

 

 Votre avis | Le dossier spécial "Nucléaire" de L'Internaute



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