Nouveau CDI pour les jeunes : le gouvernement a tranché sur ce contrat
Le gouvernement Lecornu a pris sa décision concernant la proposition du Medef de créer un "CDI jeunes". Dans des documents portant sur l'emploi des jeunes et remis la semaine passée aux syndicats, l'organisation patronale proposait notamment de mettre en place un CDI spécifique destiné aux jeunes arrivant sur le marché du travail. Un contrat qui avait comme caractéristique de pouvoir "être rompu sans motif pendant les premières années", avec toutefois, précisait le Medef, "une indemnisation croissante en lien avec l'ancienneté du salarié en cas de rupture".
Et c'est une fin de non-recevoir qu'a finalement adressée le gouvernement au patronat. Contacté par Le Parisien, Matignon a indiqué "avoir découvert comme tout le monde" cette proposition dans la presse, précisant au passage que celle-ci n'est "aucunement à l'ordre du jour du gouvernement".
Matignon renvoie la balle aux... candidats à la présidentielle
Le gouvernement reconnaît toutefois auprès de franceinfo que la proposition du Medef constitue un "bon sujet pour les candidats à la présidentielle". Matignon rappelle par ailleurs que pour l'heure, "la priorité du Premier ministre est de terminer les négociations en cours sur les ruptures conventionnelles".
Alors que les détracteurs de la proposition du Medef dénoncent un "contrat première embauche" (CPE) déguisé, l'ex-Premier ministre Michel Barnier analyse auprès du Parisien : "Le débat sur davantage de flexibilité sur le marché du travail pour faciliter l'embauche des jeunes est utile. Mais, très franchement, les conditions politiques et sociales d'un tel débat ne sont pas réunies dans le moment de fractures actuelles de la société française." En 2006, le contrat première embauche avait finalement été abandonné après une très large mobilisation nationale dans la rue.
Interrogé par franceinfo, le Medef insiste sur le fait qu'il ne s'agit que "des pistes de réflexion soumises aux organisations syndicales et patronales" à l'occasion d'une réunion organisée mercredi dernier et non "pas de propositions". "On a en France 1,4 million de jeunes qui ne sont ni en emploi, ni en étude, ni en formation. Donc nous nous demandons comment faire pour les ramener à l'emploi", se défend-on.