Nouvelle fusillade à Rennes : deux adolescents blessés par balles samedi, la ville demande des renforts

Nouvelle fusillade à Rennes : deux adolescents blessés par balles samedi, la ville demande des renforts Samedi, une nouvelle fusillade a éclaté dans le quartier de Villejean, sur la dalle Kennedy, à Rennes, malgré une sécurité accrue. La ville demande des renforts.

C'est la deuxième fusillade dans le quartier de Villejean, à Rennes, en moins de trois semaines. Et la sixième depuis l'automne 2024. Samedi 3 mai, vers 19 h 20, trois personnes sont sorties d'une Peugeot 3008 et ont tiré à plusieurs reprises sur des individus au pied d'un immeuble, près de la dalle Kennedy. Deux adolescents de 16 et 17 ans ont été blessés par balles aux jambes. Ils ont été transportés à l'hôpital ; leur pronostic vital n'est pas engagé. Une troisième victime a reçu des coups de poing.

Le quartier faisait l'objet d'une sécurisation renforcée depuis la fusillade précédente. On vous en parlait ici : le 17 avril dernier, trois individus armés d'armes à feu ont tiré sur un groupe positionné sur un point de deal, situé sur la dalle Kennedy. En voiture, les assaillants avaient foncé sur des jeunes attablés à la terrasse d'un Subway, avant de tirer à l'intérieur de l'enseigne. Un épisode qui avait profondément choqué et suscité le renforcement de la présence policière sur les lieux.

Des effectifs de la brigade spécialisée de terrain (BST) étaient ainsi à proximité de la nouvelle fusillade et ont entendu les coups de feu. Ils ont pu intervenir rapidement. "Les policiers présents sur les lieux ont pris en charge un premier blessé et pratiqué les premiers secours. Un autre individu a été pris en charge par les forces de l'ordre quelques instants plus tard. Grâce aux premiers renseignements, les policiers ont très rapidement donné le signalement de trois individus munis d'une arme de guerre, de type 'kalachnikov' à bord d'un 3008", a déclaré une source policière à *Actu Rennes*.

"Cela fait des mois que nous interpellons l'État à tous les niveaux, nous devons être entendues"

Si les assaillants ont pu prendre la fuite, ils ont été rapidement interpellés, près du cimetière de Saint-Grégoire, par la brigade anti-criminalité (BAC). Ils ont été placés en garde à vue. Une enquête pour "tentative de meurtre en bande organisée, association de malfaiteurs et violences volontaires en réunion" a été lancée et confiée à la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Rennes.

"Comment ne pas éprouver une profonde lassitude, mêlée à une colère froide, devant la répétition de ces faits ? Rennes ne peut rester la terre d'asile de ceux qui défient l'autorité, nient la légitimité des forces de l'ordre, et entretiennent, parfois en silence, le climat d'impunité qui permet à la violence de prospérer", a réagi, exaspéré, Charles Compagnon, conseiller municipal et chef de file de la droite municipale. "Il est temps de sortir de cette torpeur", a fustigé l'élu sur X. Il précise avoir demandé "le déblocage de 1 million d'euros sur les fonds de réserve du budget pour renforcer la police municipale et la vidéo protection".

"Ce nouvel épisode de règlement de comptes entre narcotrafiquants est particulièrement glaçant et révoltant. (...) Malgré une mobilisation exemplaire des effectifs locaux de la police et de la justice, cette nouvelle fusillade n'a pas pu être évitée", a regretté Lénaïc Briéro, adjointe à la mairie déléguée à la sécurité. "Le Ministre de l'Intérieur a garanti que la CRS 82 resterait sur place aussi longtemps que nécessaire. (...) Il est primordial que notre ville soit dotée de renforts importants, de manière durable", a-t-elle déclaré dans un communiqué, cité par France 3 Bretagne. Et d'ajouter : "Cela fait des mois que nous interpellons l'État à tous les niveaux, avec Madame la Maire, pour réclamer ces moyens indispensables. Nous devons être entendues."