"Une main-d'œuvre soumise" : Amine Kessaci cible la responsabilité de l'Etat sur le renforcement du narcotrafic

"Une main-d'œuvre soumise" : Amine Kessaci cible la responsabilité de l'Etat sur le renforcement du narcotrafic Au lendemain de l'enterrement de son frère, le militant politique marseillais Amine Kessaci a pris la parole dans une tribune accordée à un célèbre quotidien. "Je dirai les carences de l'Etat, les failles de la République", lance-t-il.

Le 13 novembre dernier, le petit frère du militant politique Amine Kessaci, Mehdi, a été abattu dans le 4e arrondissement de Marseille. Le jeune homme a été ciblé par un commando à moto, alors qu'il sortait de son véhicule après s'être stationné. Il n'était pas impliqué dans le narcotrafic, il "était en train de passer le concours pour devenir gardien de la paix. Il voulait s'engager pour être policier" a expliqué le maire de la cité phocéenne, Benoît Payan. 

Quatre jours après le meurtre, le procureur de la République Nicolas Bessone indiquait que le crime d'avertissement était, à ce stade, "la piste privilégiée". Il a dénoncé "un acte délibéré" ayant probablement pour objectif "de faire taire" Amine Kessaci. "Si l'hypothèse qui est privilégiée se révèle exacte, on aurait un véritable point de bascule", déplore-t-il sur France Inter. Mardi 18 novembre, l'enquête a pris une nouvelle dimension. Le parquet de Paris et de la Juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco) ont été saisis du dossier.

Connu pour son combat contre les ravages du trafic de drogue dans les quartiers populaires de Marseille, le militant et ancien candidat écologiste aux élections législatives, Amine Kessaci, s'est exprimé dans une tribune au Monde, ce mercredi 19 novembre, après la mort de son frère, Mehdi. Pour rappel, en 2020, la famille d'Amine avait déjà été endeuillée par l'assassinat d'un autre de ses frères, Brahim, 22 ans, dont le corps avait été retrouvé carbonisé dans un véhicule.

"Nous comptons nos morts, mais que fait l'Etat ?"

"Hier, j'ai enterré mon frère, et aujourd'hui je parle (...) On parle de crime d'avertissement. Mais un crime n'est jamais un avertissement. Le sang versé l'est pour toujours, et a plongé ma famille dans l'infini de la mort". "Mehdi est mort pour rien", déclare le militant, au lendemain de l'enterrement de son frère. Amine Kessaci cible directement la responsabilité de l'Etat sur le renforcement du narcotrafic. 

"Face à un tel ennemi, l'Etat doit prendre la mesure de ce qu'il se passe et comprendre qu'une lutte à mort est engagée. Il est temps d'agir", lance-t-il. Selon lui, la faillite de l'Etat prend sa source dans l'abandon des quartiers. "Faire revenir les services publics dans les quartiers" serait un bon début. Il souhaiterait que l'Etat aille plus loin en luttant "contre l'échec scolaire qui fournit aux trafiquants une main-d'œuvre soumise" et en dotant "les enquêteurs et les forces de police des moyens dont ils ont besoin". "Nous comptons nos morts, mais que fait l'Etat ?", déplore-t-il.

Si Amine Kessaci entend logiquement crier son "deuil" et "demander justice", il n'en démord pas concernant la responsabilité de l'Etat dans le drame qui a conduit à la mort de son frère. "Je dirai la violence du narcotrafic. Son emprise (...) Je dirai les carences de l'Etat, les failles de la République, les territoires abandonnés et les populations oblitérées". "Je dirai et répéterai que Mehdi est mort pour rien", martèle-t-il dans la tribune poignante publiée ce mercredi.