Des proxénètes de mineures arrêtés dans la Drôme : les réactions stupéfiantes des prostituées "amoureuses"

Des proxénètes de mineures arrêtés dans la Drôme : les réactions stupéfiantes des prostituées "amoureuses" Cinq hommes âgés 19 à 27 ans ont été mis en examen pour "proxénétisme aggravé" pour avoir prostitué des adolescentes de 12 et 17 ans. Les jeunes filles ont été entendues par les enquêteurs.

Un réseau de prostitution démantelé dans la Drôme. Cinq jeunes hommes, âgés de 19 à 27 ans, ont été mis en examen et placés en détention provisoire pour "proxénétisme aggravé", car soupçonnés d'avoir prostitué des adolescentes de 12 à 17 ans, rapporte Le Dauphiné Libéré. Quatre des cinq suspects ont été interpellés le 14 octobre à Marseille et Valence et le dernier a été arrêté le 25 novembre à Saint-Etienne. Des coups de filets réalisés par les policiers de la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS)de la Drôme.

L'enquête, qui a conduit les policiers dans plusieurs villes de France, a débuté à l'été 2025 avec les signalements par deux mères de famille de la fugue de leurs filles respectives. Une des mères avait mené son enquête et apporté des indications précieuses aux enquêteurs, comme la position de sa fille "plus ou moins localisée sur Valence" explique Philippe Toussaint, chef de la DCOS de la Drôme au Parisien. Rapidement, les enquêteurs ont retrouvé l'adolescente avec deux autres jeunes filles de 14 et 15 ans dans un appartement du centre-ville mis en location sur Airbnb.

La découverte a mis les enquêteurs sur la piste d'un réseau de prostitution. Des soupçons confirmés par les enquêtes menées par la police judiciaire de Valence qui, après plusieurs semaines, a fini par identifier six adolescentes, âgées de 12 à 17 ans, exploitées sexuellement par les cinq proxénètes mis en examen.

"Vous nous gâchez la vie" : les déclarations des adolescentes aux enquêteurs

Les six adolescentes retrouvées présentent le même profil : ce sont des mineures déscolarisées en rupture familiale, parfois placées en foyers, et ayant fugué. Toutes ont été arrêtées, non sans résistance certaines ayant mordu ou frappé des policiers. Quatre ont été placées en garde à vue et deux ont été entendues en audition libre. Face aux enquêteurs, les adolescentes ont semblé évoquer une sorte de prostitution consentie explique Philippe Toussaint : "Vous nous gâchez la vie, laissez-nous faire ce qu'on veut, c'est notre vie, notre choix". Elles "ne voyaient pas le mal à se prostituer" rapporte le policier. Certaines ont ajouté être amoureuses de leurs proxénètes. A l'issue des auditions, toutes les jeunes filles ont été remises en liberté et replacées dans des foyers.

Les proxénètes "organisaient tout"

Quant aux cinq hommes interpellés, quatre sont âgés de 19 ans et le dernier à 27 ans. Ils sont tous connus des services de police pour des délits mineurs comme des vols ou du trafic de stupéfiants selon Le Parisien. Ce réseau de prostitutions fonctionnait "au moins depuis le début de l'année 2025" et s'occupait de tout la logistique autour des jeunes filles, des annonces et des passes : "Ils organisaient tout, ils faisaient les photos des adolescentes, rédigeaient leurs profils, les mettaient en ligne et payaient les abonnements sur le site Internet Sexemodel", énumère Philippe Toussaint.

Ce sont aussi les cinq mis en cause qui réservaient les chambres d'hôtel ou les logements sur Airbnb à travers différentes villes parmi lesquelles Valence, Avignon, Saint-Etienne, Marseille ou encore Perpignan. Ils finançaient les déplacements des adolescentes en les conduisant en voiture ou en leur achetant un billet de train et assuraient leurs besoins : "Ils les nourrissaient, les habillaient, leur faisaient des cadeaux" selon Philippe Toussaint. Les proxénètes prenaient également en charge la protection des jeunes filles en restant "dans une chambre à côté" lors des passes.

Outre ces cinq mis en cause, "une douzaine de clients" a déjà été entendue par les enquêteurs d'après Le Parisien. Ces individus comparaîtront devant la justice pour avoir fait appel à des prostituées mineures, un acte passible de cinq ans d'emprisonnement et 75 000 euros d'amende, voire à dix ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende si la victime a moins de quinze ans. Les hôtels et logements loués risquent aussi d'être inquiétés pour "proxénétisme hôtelier" puisque "certains savaient ce qui se passait et ont fermé les yeux" selon Philippe Toussaint. Ceux-là encourent dix ans d'emprisonnement et de 750 000 euros d'amende et fermeture administrative en cas de poursuite.