Crans-Montana : "Je suis dévastée", les propos des gérants du bar aux enquêteurs au lendemain de l'incendie
Cela fait près de dix jours que l'incendie de Crans-Montana en Suisse a eu lieu, le 1er janvier 2026, et tout le monde est encore sous le choc. Les propriétaires du bar Le Constellation ont alors été très vite interrogés séparément par les enquêteurs suisses. À ce moment-là, ils ne sont pas encore mis en cause. Le bilan humain de l'incendie est alors encore provisoire mais il est déjà terrible.
Lors de son audition, Jacques Moretti a pris la parole en évoquant spontanément l'une des victimes, serveuse dans le bar, Cyane Panine, 24 ans. "J'ai élevé un enfant comme si c'était le mien, c'était son petit ami. Lui et moi avons tenté de la réanimer pendant plus d'une heure dans la rue près du bar, jusqu'à ce que les secours nous disent que c'était trop tard", raconte-t-il
"À minuit, il y avait très peu de monde"
Pour Jessica Moretti, la soirée débute moins agitée que les autres. Elle-même arrive au Constellation à 22 h 30 sans son mari qui se trouve dans un autre établissement du coin. "À minuit, il y avait très peu de monde [...] Je disais justement à Cyane qu'il fallait faire rentrer du monde pour que l'ambiance prenne.", explique la propriétaire. Elle évoque alors une centaine de clients présents.
C'est alors que des serveuses, le visage masqué sur les épaules de serveurs, amènent près des tables des bouteilles avec des feux de Bengale. "Tout à coup, j'ai senti un mouvement de foule", a expliqué Jessica Moretti. Elle raconte ensuite : "J'ai vu de la lumière orange vers l'angle du bar. J'ai tout de suite hurlé : 'tout le monde sort !' et j'ai tout de suite pensé à faire appel aux pompiers. Je suis sortie de l'établissement par l'entrée principale, en prenant les escaliers, pour dire à l'agent de sécurité de faire sortir tout le monde. Une fois dehors, j'ai fait le 118. Il était 1 h 28."
"Je me sens responsable de n'avoir pas su protéger"
Jacques Moretti est arrivé plus tard au cours de la soirée, il explique aux enquêteurs : "Je suis rentré sur la terrasse extérieure. Toutes les baies vitrées étaient ouvertes [...] il y avait beaucoup de monde". Il raconte sa tentative pour rentrer à l'intérieur "mais c'était impossible. Il y avait beaucoup trop de fumée".
Il explique alors avoir fait le tour avec deux autres personnes, pour aller vers la porte de service, "fermée et verrouillée de l'intérieur, avec un loquet", ce qui, selon lui, était inhabituel. "Nous avons forcé et elle a fini par céder en quelques secondes", explique-t-il. Une fois la porte ouverte, il raconte que sa "belle-fille Cyane faisait partie" des personnes à terre. "Nous les avons tirés vers l'extérieur et mis en PLS", avant de faire des massages cardiaques, dit-il, submergé par l'émotion dans son audition. "Je suis dévasté [...] je me sens responsable de n'avoir pas su protéger toutes les victimes", conclut Jacques Moretti.