Meurtre de Lizabete à Nice : visé par un mandat d'arrêt européen et écroué, qui est le suspect ?

Meurtre de Lizabete à Nice : visé par un mandat d'arrêt européen et écroué, qui est le suspect ? Le principal suspect du meurtre de Lizabete 23 ans à Nice mercredi a été mis en examen ce dimanche pour assassinat et écroué. Il est connu défavorablement des services de police en France et au Portugal.

Interpellé samedi 24 janvier à Grasse, le meurtrier présumé de Lizabete, a été mis en examen et placé en détention provisoire, dimanche 25 janvier. L'homme de 45 ans a été arrêté "avec l’appui" des policiers spécialisés de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) et du Raid, a indiqué le procureur de Nice, Damien Martinellia, dans un communiqué. En revanche, le mystère sur le mobile reste entier à ce stade de l'enquête.

La victime, Lizabete, une mère de famille de 23 ans a été tuée par balles mercredi vers 18 heures à bord de son véhicule, au croisement de l'avenue Henri Matisse et du boulevard Napoléon III à Nice. Son bébé, âgé de sept mois, se trouvait à bord de la voiture au moment des faits. Selon le procureur de la République, "la victime a été atteinte par une dizaine d'impacts tirés à bout portant à travers la vitre". "De nombreux étuis de calibre 9 mm étaient retrouvés au sol en amont de l’intersection boulevard Napoléon III et de l’avenue Henri Matisse", a ajouté le procureur dans son communiqué publié au lendemain des faits. Grièvement blessée, la victime a perdu le contrôle de sa voiture avant de terminer sa course sur la chaussée. En arrêt cardio-respiratoire, la jeune femme "n'a pas pu être réanimée malgré l'intervention des sapeurs-pompiers", révèle BFM Nice Côte d'Azur.

Cinq jours après le meurtre, Cathy Guittard, l'avocate de ses proches, s'exprime. Elle dénonce notamment un déferlement de haine sur les réseaux sociaux auprès de France 3 PACA. "On a des personnes en souffrance. Je suis choquée. Je suis scandalisée de découvrir ces messages, et j'épargne mes clients. Je leur interdis d'aller sur les réseaux sociaux. On doit gérer ça à côté, comme si on en avait besoin", poursuit-elle, annonçant qu'elle va signaler les posts ou commentaires haineux.

Le profil complexe du principal suspect 

Après la fusillade, les deux suspects ont pris la fuite en scooter. Le deux-roues a été retrouvé un peu plus tard dans la soirée, sans plaque d'immatriculation, abandonné dans l'impasse Castelli secteur Trachel, à 6 kilomètres du lieu du crime. D'après le procureur, le propriétaire du scooter se serait rendu de lui même à la police peu après le drame. Connu pour des faits de conduite sans permis, il a été placé en garde à vue. Mais les enquêteurs ne pensent pas qu'il soit le meurtrier.

Alors que la piste du règlement de compte était évoquée au tout début de l'affaire, désormais la piste intrafamiliale est privilégiée. Le suspect principal ne serait autre que le beau-père de la jeune femme tuée à Nice. L'homme de 45 ans avait été placé en garde à vue il y a tout juste quelques jours de cela, après des violences sur la mère du compagnon de la victime. Il avait ensuite été placé sous contrôle judiciaire, dimanche dernier. Le parquet de Nice a fait savoir qu'une perquisition avait eu lieu mercredi soir au groupe scolaire Fuont Cauda, avenue Saint-Lambert, à Nice. C'est là que réside et travaille comme agent du service des sports le principal suspect. Il n'était pas sur les lieux qui ont depuis été placés sous surveillance.

Le suspect a été interpellé samedi à Grasse. Tireur présumé, il né en 1980 au Portugal et était visé par un mandat d'arrêt européen dans le cadre de l'information judiciaire ouverte à la suite du meurtre de Lizabete. Il a été ensuite mis en examen pour assassinat. Il a été présenté dans la matinée de dimanche devant le magistrat instructeur. L'individu a préféré garder le silence.

Comme le souligne Le Figaro, le passé du suspect mis en examen interroge. En 2014, une procédure pour viol visant l'homme de 45 ans a finalement été abandonnée en raison d'un manque d'éléments suffisants. Originaire du Portugal, il pourrait avoir fait l'objet de poursuites dans son pays d'origine pour des faits de vols aggravés qui remonteraient au début des années 2000. Deux autres personnes ont été interpellées. Elles étaient soupçonnées d'avoir aidé le suspect lors de sa fuite. Les deux garde à vue ont été levées dans la soirée de samedi, selon le procureur de la République de Nice. 

Le nourrisson miraculeusement en vie

Dans une vidéo publiée sur X, le maire de Nice Christian Estrosi déplore "une tragédie", affirmant que le nourrisson est "heureusement sain et sauf". Il a été transporté à l'hôpital Lenval, à Nice. "Il y a de l'exploitation de témoignages, d'images de vidéo de protection, des recherches sur le véhicule... Autant d'investigations pour permettre de tirer des fils et d'identifier le ou les personnes impliquées", précise-t-il.

"De ce que j'ai compris, la femme a plongé sur son bébé qui était sur le siège passager pour le protéger, c'est pour ça qu'elle semble avoir pris les balles au niveau du torse. On a tout de suite sorti le bébé de la voiture. Au départ, on a entendu une dizaine de coups de feu. On pense qu'ils ont tiré 5 premiers coups de feu, et comme elle respirait encore, 5 autres", raconte un témoin de la scène dans les colonnes du Parisien.

Les témoignages des riverains

"Dès qu’il a tiré, le pilote du scooter est parti directement. Il y avait énormément de monde autour, on a été choqué que personne ne s’arrête. Quand on a ouvert la porte de la voiture, ça avait l’air trop tard pour la victime, qui avait l’air d’avoir la vingtaine. Je ne la connais pas du tout. Ici c’est un quartier très calme, je vis ici depuis toujours, c’est choquant, tirer sur une femme et un bébé, c’est inquiétant", confie un témoin auprès du Parisien. De son côté, une voisine confirme avoir entendu "une pétarade", suivie d’un court silence, avant de nouveaux coups de feu. "Ça fait froid dans le dos", confie-t-elle auprès de La Provence ce jeudi matin.