Enfant de 5 ans violé à Lille : le père dit être "victime", il raconte la nuit d'horreur
Dix hommes âgés de 29 à 50 ans ont été mis en examen à Lille dans le cadre d'une affaire de pédocriminalité commise sous soumission chimique au préjudice d'un enfant de cinq ans, a révélé le parquet de Lille le 3 février dernier. Une enquête a été ouverte le 15 février 2025 à la suite d'un signalement portant sur l'organisation d'une soirée "chem-sex" la veille à Lille.
D'après un communiqué du parquet, un enfant de cinq ans "mis en relation avec des adultes de sexe masculin par son propre père" aurait subi lors de cette soirée des "violences sexuelles aggravées par l'utilisation de substances chimiques". Le 22 février 2025, le parquet de Lille a saisi un juge d'instruction pour des faits commis à Lille entre le mois de novembre 2024 et le 14 février 2025, notamment pour "viol et agression sexuelle avec administration d'une substance à la victime, à son insu, pour altérer son discernement ou le contrôle de ses actes". L'enfant est aujourd'hui "confié à sa mère dont le père était séparé avant les faits", dit le parquet.
Le père du petit garçon assure être une "victime dans l'affaire"
Suspecté d'agressions sexuelles sur son fils de cinq ans et de l'avoir livré à d'autres hommes, le père de la victime clame son innocence et assure être une "victime dans l'affaire". En effet, il "conteste vigoureusement l'ensemble des accusations portées contre lui, et demeure présumé innocent", rappelle son avocat Me Dylan Slim-Rey, dans un communiqué transmis ce jeudi 5 février à l'AFP. Il s'est porté partie civile et dénonce des "éléments parcellaires, partiaux et erronés" selon lui diffusés par le parquet. Le père de l'enfant, poursuivi pour "agression sexuelle incestueuse" et "complicité de viols et agressions sexuelles aggravées au préjudice de son fils", aurait lui aussi été victime "de faits de viols et d'agressions sexuelles" le soir-même.
Auprès du Dauphiné Libéré, il a raconté cette nuit "chem-sex" d'horreur. Le média explique que le père était séparé de la mère de l'enfant au moment des faits. Dans une situation sociale précaire, il avait pris l'habitude de se faire héberger par des amis lorsqu'il gardait son fils, les week-ends. Parmi ses "amis" figurerait un couple d'homosexuels lillois. Mercredi 4 février, il expliquait dans les colonnes des Dernières Nouvelles d'Alsace avoir été drogué par un couple d'hommes vivant à Lille chez qui il allait régulièrement. Il parle d'un "trou noir avec des flashs" lié à la soirée, et assure n'avoir jamais touché son fils.
Dix mises en examen, un suicide
Rappelons que l'enquête est aussi menée pour "viol et agression sexuelle avec torture ou acte de barbarie" et "administration à un mineur de 15 ans, à son insu, d'une substance de nature à altérer son discernement ou le contrôle de ses actes pour commettre un viol ou une agression sexuelle". Ici, la peine maximale encourue est la réclusion criminelle à perpétuité. Les mis en cause sont également poursuivis pour "sévices graves ou actes de cruauté envers un animal domestique" et "atteinte sexuelle en réunion sur un animal domestique".
L'enquête a permis de confirmer "la réalité des faits". Sur les dix mis en examen, neuf ont été placés en détention provisoire sur décision du juge des libertés. L'un des principaux mis en cause s'est suicidé le 21 juin dernier, lors de sa détention provisoire. Un chauffeur routier âgé de 30 ans et originaire du nord de l'Alsace aurait enfin été interpellé à son domicile, dans le secteur de Saverne. Inconnu des services de justice, il est accusé d'avoir reçu une vidéo des agressions subies par l'enfant lors de la soirée chem-sexe à Lille et de ne pas avoir alerté les autorités judiciaires. Mis en examen et écroué le 23 janvier, il encourt cinq ans de prison. L'homme n'aurait cependant jamais rencontré les organisateurs des soirées, avec qui il échangeait seulement sur l'application Grindr, révèle DNA.
Les faits sont dévoilés en ce début d'année 2026, mais tout aurait commencé après un signalement remontant au 15 février 2025. Selon le parquet, il était alors question d'une soirée "chem-sex" organisée à Lille. Une instruction avait été ouverte le 22 février 2025 pour "viol et agression sexuelle avec administration d’une substance à la victime, à son insu, pour altérer son discernement ou le contrôle de ses actes". Des faits possiblement commis entre novembre 2024 et le 14 février 2025.