Deux femmes séquestrées retrouvées dans la Drôme : six interpellations, leurs profils se précisent
Une magistrate - qui serait la vice-présidente de la cour d'appel de Grenoble selon France 3 - et sa mère ont été enlevées sur la commune de Saint-Martin-le-Vinoux et séquestrées par des ravisseurs puis dans un garage de Bourg-lès-Valence (Drôme) vendredi 6 février au matin. La magistrate de 35 ans hébergeait sa mère de 67 ans à son domicile près de Grenoble.
Les deux femmes ont été enlevées au beau milieu de la nuit. La porte du domicile aurait été fracturée vers 2h50 et c'est un voisin qui aurait donné l'alerte à l'aube. Il aura fallu attendre 24 heures de séquestration et une absence des ravisseurs pour que les deux victimes parviennent à défaire leurs liens et se mettent à appeler à l'aide.
"Elles tapaient, elles criaient, j'ai ouvert la porte et les femmes sont sorties dehors", explique un riverain à l'AFP, dont France 3 se fait l'écho. Ce grand-père était sur le chemin de l'école avec sa petite-fille lorsque, alerté par le bruit des deux femmes, il a participé à leur libération d'un box à Bourg-lès-Valence. "Je suis content de les avoir fait sortir vivantes !".
Pour l'heure, les commanditaires de l'enlèvement et de la séquestration n'ont pas été identifiés par les enquêteurs. En revanche, le véhicule qui a servi à transporter les victimes a été retrouvée carbonisées, et plusieurs personnes ont été interpellées, elles vont être auditionnés pour tenter de faire toute la lumière sur cette affaire.
Six personnes interpellées dont une femme et un mineur
Six personnes ont été interpellées dans cette affaire. Elles ne sont pas les commanditaires de l'enlèvement, mais plutôt les exécutantes. "Ces suspects sont jeunes : entre 18 et 20 ans, le sixième est mineur", révèle ICI Drôme Ardèche. Ils sont connus de la police pour des faits de petite délinquance.
Les deux premiers suspects ont été interpellés "à la gare routière de Chambéry en Savoie samedi 7 février". Ils montaient dans un bus direction l'Espagne. La petite amie d'un des deux a aussi été arrêtée, précise le média local. Dimanche 8 février, deux autres hommes ont été interpellés. Dans la journée, un sixième homme, mineur, a été appréhendé. L'enquête est pilotée par l'Office centrale de lutte contre la criminalité, 160 policiers sont mobilisés.
Un enlèvement lié aux cryptomonnaies
D'après Le Dauphiné Libéré, qui a révélé l'information, l'enlèvement serait lié aux cryptomonnaies. Le compagnon de la magistrate est associé dans "une start-up qui a des activités de cryptomonnaie". Il était absent du domicile au moment des faits, mais il a reçu "un message et une photo de sa compagne" jeudi vers 9h30. On lui réclamait "le versement d'une rançon en cryptomonnaie", a expliqué en conférence de presse, vendredi après-midi, le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran. Les ravisseurs menaçaient de mutiler leurs victimes s'il ne se pliait pas à leur demande. "Après la libération des victimes, aucune rançon n’a été versée", a précisé le procureur.
D'après les informations rapportées par France 3, les deux femmes ne sont pas sorties indemnes de cette affaire. Outre le choc psychologique, la femme de 35 ans portait des "traces de coups au visage". Il est aussi question d'hématomes et de plaies sur le cuir chevelu. Elle a été transportée avec sa mère à l'hôpital par les sapeurs-pompiers. La trentenaire a reçu une interruption totale de travail (ITT) provisoire de quinze jours. Sa mère, qui a également été malmenée, a obtenu deux jours.
Aujourd'hui, il est possible d'affirmer que la magistrate n'a pas été visée pour ses activités, mais ciblée en raison des activités de son compagnon. Les enquêteurs envisageraient la piste d'un commanditaire à l'étranger, qui recruterait "des petites mains ultra-violentes", selon une source policière auprès de France 3.
Cette nouvelle affaire d'enlèvement et de demande de rançon liée aux cryptomonnaies n'est pas sans rappeler deux autres faits divers survenus en janvier 2026 dans les Alpes. À la mi-janvier, en Haute-Savoie, deux septuagénaires s'étaient retrouvés pris pour cible par des ravisseurs qui réclamaient une rançon de plusieurs millions d'euros à leur fils, propriétaire de cryptomonnaies. Le 25 janvier également, un septuagénaire avait été enlevé et séquestré à Voiron (Isère). Là encore, il était question d'extorquer des cryptomonnaies à son fils.