Ecole et Covid : le protocole change, les nouvelles règles

"Ecole et Covid : le protocole change, les nouvelles règles"

Ecole et Covid : le protocole change, les nouvelles règles ECOLE ET COVID. Suite au Conseil de défense sanitaire de lundi, Jean Castex a annoncé le passage du protocole sanitaire au niveau 3 dans les écoles primaires. Masques, brassage, cantine, cour de récré, sport... Le point sur les nouvelles mesures anti-covid à l'école.

[Mis à jour le 7 décembre 2021 à 11h39] A quelques semaines de Noël, la France prend de nouvelles mesures face à la pandémie de Covid-19 . Lundi 6 décembre, à l'issue du Conseil de défense sanitaire tenu à l'Elysée un peu plus tôt dans la journée, le Premier ministre Jean Castex et le ministre de la Santé Olivier Véran se sont exprimés sur de nouvelles mesures de lutte contre le Covid-19 en France. Parmi elles, le passage du protocole sanitaire dans les écoles primaires du niveau 2 au niveau 3. "Nous allons prendre quelques mesures simples : nous allons rehausser au niveau 3 le protocole sanitaire dans les écoles primaires", a ainsi indiqué Jean Castex.    

Principale nouveauté pour lutter contre le Covid à l'école primaire, à compter du jeudi 9 décembre : les élèves et le personnel des écoles primaires doivent désormais porter le masque non seulement en intérieur, mais aussi en extérieur. Il faudra également de nouveau limiter les brassages par niveau et par classe pendant la restauration. Pour les activités sportives, seules celles de basse intensité, compatibles avec le port du masque et les règles de distanciation, sont autorisées en intérieur. En revanche, les vacances scolaires ne sont pas avancées. 

Quel est le protocole sanitaire dans les écoles pour lutter contre le Covid ?

A compter de ce 6 décembre, le ministère a indiqué faire passer toutes les écoles primaires en niveau 3. Les collèges et les lycées restent eux en niveau 2. Depuis la mi-novembre, le protocole sanitaire contre le Covid-19 à l'école, établi par le ministère de l'Education nationale, était maintenu au niveau 2 dans l'ensemble des départements (voir de détail des règles dans le tableau ci-dessous). Le ministère de l'Education avait décliné quatre niveaux de mesures à l'été 2021, selon l'intensité de circulation du virus. Jusqu'au 4 octobre dernier, le niveau 1 s'appliquait dans les départements où le taux d'incidence était sous les 50 pour 100 000 habitants depuis au moins cinq jours.

Protocole sanitaire contre le Covid dans les écoles (version à jour).
Protocole sanitaire contre le Covid dans les écoles (version à jour). © Ministère de l'Education nationale

Le port du masque est-il obligatoire à l'école ?

Le port du masque est à nouveau obligatoire en intérieur dans l'ensemble des écoles primaires, collèges et lycées, autrement dit pour tous les enfants et ados à partir de 6 ans, depuis le 15 novembre. Le niveau 3 du protocole, annoncé par Jean Castex le 6 décembre prévoit le port du masque également en extérieur. Avant la mi-novembre, les élèves de primaire avaient pu tomber le masque dans 40 départements (39 en France hexagonale). A noter que la mesure de la fin du masque obligatoire ne s'était pas appliquée aux enseignants, qui devaient le conserver au sein de l'établissement. Pour ce qui est des sorties scolaires, "un décret rend à nouveau obligatoire le port du masque partout en intérieur" depuis le 26 novembre, dans les lieux réceptionnant du public, y compris dans les lieux où le passe sanitaire est réclamé.

Tests et autotests à l'école, comment ça marche ?

Dans un avis rendu dès le 19 avril et intitulé "Les autotests : une opportunité de santé publique", le Conseil scientifique a mis en avant les tests de dépistage comme le meilleur outil de lutte contre la propagation du coronavirus à l'école. Les scientifiques estimaient dans ce rapport qu'un dépistage hebdomadaire chez 75 % des élèves était susceptible d'entraîner une réduction de 50% des contaminations. La stratégie de test a en conséquence considérablement évolué dans les écoles, le gouvernement se rangeant progressivement à l'avis des sages, notamment face à la puissance de la 5e vague à l'automne. Alors que les tests sont devenus payants pour tous les Français mi-octobre, ils restent par ailleurs gratuits en milieu scolaire pour les enfants et les adultes, a confirmé le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer dès le 13 septembre dans Le Parisien.

Depuis le lundi 29 novembre, les tests "en aveugle" se sont donc tout d'abord généralisés dans les établissements scolaires pour traquer le Covid. Deux autotests par semaine sont censés être effectués en classe de 6e. Distribués au sein des collèges, ils doivent être réalisés en famille. Pour justifier cette mesure, le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a mis en avant le "cas particulier" des enfants de moins de 12 ans, qui ne peuvent pas encore se faire vacciner en France (sauf s'ils présentent d'importantes comorbidités), mais chez lesquels le virus circule actuellement de façon intense.

Depuis le 10 mai, l'organisation du dépistage par autotests dans les collèges et les lycées est par ailleurs décidée à l'échelle de chaque établissement. Un lieu dédié est choisi à l'intérieur du bâtiment puis, classe par classe, les élèves viennent pratiquer leur autotest, sur le temps scolaire, sous la supervision d'un personnel médical, de médiateurs ou de volontaires. Plus d'un millier de médiateurs a d'ailleurs été recruté pour aider au dépistage. 

Au printemps 2021, ont également été mis en place des tests salivaires dans les écoles élémentaires. L'objectif du gouvernement à la rentrée était de réaliser 600 000 tests salivaires, comme précisé par Jean-Michel Blanquer sur RTL le 27 août. Objectif affiché par le gouvernement : "avoir la vie la plus normale pour les enfants". Le nombre de tests salivaires réalisé en réalité dans les écoles cet automne s'élevait à 205 000 la semaine du 5 octobre, selon L'Etudiant.fr.  Une nouvelle impulsion a été donnée par le gouvernement fin novembre. Un protocole pour organiser des séances d'autotests est en ligne sur le site du ministère de l'Education nationale.

Que faire si mon enfant est positif au Covid ou cas contact en primaire ?

Le 29 novembre 2021 a marqué un tournant dans les mesures pour freiner la propagation du Covid à l'école en France, avec la fin de la fermeture automatique des classes de primaire au premier cas de Covid-19 détecté. "Notre boussole, ça reste la priorité d'une école ouverte", avait martelé le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, le 25 novembre, avant d'annoncer la modification du protocole dans les établissements scolaires. 

Le protocole à suivre si un cas de coronavirus est avéré dans une classe de primaire est disponible sur le site du ministère de l'Education. Il prévoit plusieurs procédures à suivre pour les chefs d'établissements. Les règles suivent un cheminement en trois à quatre étapes :

  • Si votre enfant est positif au coronavirus, vous devez prévenir l'école et ou l'accueil de loisirs si ce n'est pas encore fait et entamer un isolement de votre enfant pendant 10 jours à domicile.
  • Si votre enfant est cas contact, car dans la même classe qu'un autre enfant positif, l'établissement est en charge de vous en informer. La classe reste ouverte mais tous les enfants de la classe devront être testés dans un laboratoire ou une pharmacie.
  • Si votre enfant cas contact est déclaré négatif au Covid-19 à l'issue de ce test, il pourra faire son retour en classe immédiatement, en présentant le résultat de son dépistage (une attestation sur l'honneur des parents ou un certificat médical n'est pas/plus accepté). Un nouveau test est fortement conseillé après 7 jours, mais pas obligatoire. 
  • Si votre enfant cas contact est à son tour déclaré positif au Covid-19, même sans symptômes, il doit lui aussi rester isolé à domicile pendant 10 jours. Si son état le permet, il devrait également pouvoir poursuivre ses apprentissages à la maison (en fonction de la disponibilité de son professeur à distance). Un nouveau test sera nécessaire pour retourner en classe.

En cas de survenue de 3 cas dans une même période de 7 jours au sein d'une même classe, celle-ci sera fermée. Enfin, si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas réaliser de test Covid pour votre enfant cas contact, celui-ci devra alors rester isolé 7 jours à domicile, comme dans le précédent protocole et devra poursuivre ses apprentissages à la maison. Il pourra retourner en classe à J+7 après son dernier contact avec l'élève infecté... et ce, sans avoir obligatoirement besoin de fournir de résultat négatif à un test.

PCR, antigénique, salivaire... Quels tests sont acceptés pour le retour à l'école ? 

Pour les enfants cas contact, sont acceptés les tests PCR nasopharyngés et salivaires réalisés en laboratoire, mais aussi les tests antigéniques réalisés en pharmacie. Les autotests (même supervisés par un professionnel de santé) ne sont a contrario pas valides dans ce cadre, les attestations sur l’honneur ne sont plus acceptées en primaire. S'ils sont gratuits pour les enfants, les tests doivent être réalisés sous la responsabilité des parents. Ce sont eux qui doivent prendre rendez-vous ou se rendre avec leur enfant au sein d'un laboratoire en ville, ou dans une pharmacie. 

Les parents doivent aussi assurer la garde de leur enfant à domicile dans l'attente du résultat du dépistage (au terme, parfois, d'une attente de plus de 24 heures en fonction du type de test et des laboratoires). Trouver une solution de garde sera donc nécessaire pour les élèves cas contact, mais pas nécessairement une semaine, plutôt un à deux jours si les enfants concernés s'avèrent négatifs au Covid-19. 

A noter également : des équipes mobiles de laboratoire sont en capacité de se rendre au sein de l'établissement sous 24 à 48 heures. Leur mission : identifier d'éventuels cas de Covid. Attention, les personnels scolaires sont non-concernés par ce dépistage massif, et la réouverture de la classe est autorisée dès le lendemain, même si seuls un ou deux élèves disposent d'un test négatif. Les tests antigéniques, par exemple, nécessitent en effet, beaucoup moins de temps pour être réalisés en pharmacie, par rapport à la démarche de test en laboratoire. 

Où trouver un test salivaire ?

Pour les enfants de moins de 6 ans, il est conseillé de privilégier les tests salivaires car ils sont indolores et impressionnent moins les petits que les tests nasopharyngés. Les tests salivaires actuels sont forcément des tests PCR. Ils ne peuvent par conséquent pas se trouver ni se réaliser en pharmacies. Il faut donc se déplacer dans les laboratoires qui le proposent, avec ou sans son enfant, car il y a deux options : 

  • Faire une recherche des laboratoires proposant des tests salivaires en se rendant sur santé.fr. Vous devez taper "dépistage", puis entrer votre département / vous géolocaliser et enfin filtrer uniquement par "tests salivaires". Dans la liste qui s'affiche, vous avez alors accès aux lieux disponibles, à la nécessité de prendre ou pas rendez-vous et aux horaires accessibles. 
  • Opter pour un prélèvement salivaire à domicile. Certains laboratoires proposent cette alternative pour les enfants fiévreux (et pour qui il vaut donc mieux rester à la maison). Soit le laborantin vient chez vous, soit le parent doit aller chercher un kit afin de réaliser lui-même l'autoprélèvement. Des consignes strictes doivent être suivies, relève 20 Minutes : l'enfant doit être à jeun et ne pas s'être lavé les dents depuis trente minutes. Il lui faut remplir sa bouche de salive, la garder pendant trente secondes puis cracher minimum 1 à 2 ml dans un flacon ou un tube. Si l'enfant a du mal à cracher, le parent peut récupérer sa salive avec une pipette. Une fois recueilli, l'échantillon doit être rapporté au labo et analysé dans les 24 heures. 

Que faire si mon enfant est positif au Covid ou cas contact au collège et au lycée ?

Au collège et au lycée, où les élèves sont en partie vaccinés, les règles diffèrent de celles établies pour les écoles primaires. Une période d'isolement de sept jours est prévue d'office pour les cas contact non vaccinés, les autres peuvent revenir en classe immédiatement par le biais d'une attestation sur l'honneur des parents  : 

  • Les élèves positifs doivent respecter un isolement de dix jours, aucun test n'est nécessaire à l'issue de cette période de dix jours pour retourner en cours.
  • Les élèves non vaccinés sont considérés comme des cas contact "à risque élevé", ils doivent respecter un isolement de 7 jours à compter du dernier contact à risque et doivent réaliser un premier test immédiatement puis un second à l'issue des sept jours. L'isolement se poursuit même si le premier test est négatif.
  • Les élèves vaccinés sont considéré comme des cas contact "à risque modéré". Ils peuvent poursuivre la classe mais devront tout de même réaliser un test immédiatement et un second 7 jours à compter du dernier contact à risque. 
  • Les élèves ayant contracté le Covid depuis moins de 2 mois peuvent poursuivre les cours en présentiel, sans isolement et sans test, sauf en cas de symptômes.

Comment faire une déclaration sur l'honneur pour le retour au collège et au lycée ?

Une attestation sur l'honneur signée par les représentant légaux est nécessaire pour la poursuite ou le retour en cours des élèves cas contact au collège et au lycée (pas d'attestation en primaire). Elle sera demandée sans délai pour permettre la poursuite des cours des élèves vaccinés et de ceux ayant contracté le Covid depuis moins de deux mois, mais aussi à l'issue de la quarantaine et après le deuxième test négatif des élèves non vaccinés. Le ministère de l'Education a mis en ligne des modèles d'attestations à télécharger pour les premiers (télécharger l'attestation sur l'honneur de vaccination) comme pour les seconds (télécharger l'attestation de retour de quarantaine) à adapter selon votre situation.

Dois-je m'isoler si mon enfant est infecté ? 

Ça dépend. Si vous êtes non-vacciné ou immunodéprimé, vous avez pour obligation de vous isoler immédiatement, et ce jusqu'à sept jours après la date de guérison du malade. Cela revient à vous isoler 17 jours à partir de l'apparition des symptômes ou du test pratiqué par le malade. 

Si vous êtes vacciné contre le Covid-19, vous n'êtes pas obligé de vous isoler. Il vous est très conseillé cela dit de surveiller activement votre état, de vous faire tester au moindre symptôme et de renforcer votre respect des mesures barrières. 

Cas particulier : si votre enfant est infecté au variant Omicron, vous devez alors absolument vous isoler immédiatement. 

Puis-je être arrêté si mon enfant est infecté ? 

L'activité partielle était auparavant une option, mais n'est plus valable. Contacté par 20 Minutes, le ministère du Travail précise : "Maintenant que la règle a changé – quand un enfant est malade, toute la classe est testée –, il n'y a plus d'activité partielle pour classe fermée. Si vous êtes positif au Covid-19, vous êtes en arrêt maladie. Si en revanche votre test est négatif et que vous êtes en mesure en télétravailler, vous continuez votre activité.
Pour certaines professions, le télétravail n'est à coup sûr pas possible (hôtellerie-restauration, artisans, soignants...). Pour d'autres, comme les cadres, les frontières sont plus floues. Pour autant, garder son enfant tout en travaillant peut vite être un casse-tête. A cela, le cabinet de la ministre du Travail Elisabeth Borne répond : "C'est au salarié de négocier avec son employeur pour expliquer qu'avec un enfant en bas âge, il n'est pas en mesure de réaliser ses tâches".  

Quel est le niveau de circulation du Covid à l'école en France ?

Voici les taux d'incidence (nombre de cas pour 100 000) mesurés sur la dernière semaine glissante par niveau scolaire. Les chiffres ci-dessous sont établis par Santé publique France et extraits du site Data.gouv. Si le dépistage automatique désormais en vigueur à l'école augmente évidemment l'ampleur des chiffres, ces derniers établissent toutefois que le virus circule largement dans les écoles, au moins autant qu'en population générale : 

Fermetures de classes et d'écoles pour Covid

Selon ce dernier point officiel du ministère de l'Education, on comptait 4 578 classes fermées au jeudi 2 décembre à 13h, contre 8 890 dans le précédent bilan hebdomadaire (un record lors de la cinquième vague). Elles représentaient 0,9% des 527 200 classes que compte le pays, contre 1,70% lors du précédent point. Du côté des structures scolaires (publiques et privées sous contrat), le ministère dénombrait 38 fermetures complètes (contre 74 dans le précédent bilan), sur 59 650 établissements scolaires au total, soit une proportion de 0,06% (0,12% dans le précédent bilan). 36 écoles, 2 collèges et aucun lycée étaient fermés (contre 73 écoles, 1 collège et 0 lycées la semaine d'avant). 

Comment analyser ces chiffres ? Si l'on note une nette baisse des fermetures, à la fois de classes et d'écoles, elle est à relativiser compte tenu de la modification des règles fin novembre, mettant fin à la fermeture automatique des classes dès le premier cas de Covid-19 détecté chez un élève. En déplacement dans le Val-de-Marne ce 3 décembre, Jean-Michel Blanquer s'est montré satisfait : "Nous avons environ 4 500 classes fermées, en nette diminution, c'est l'objectif que nous recherchions : avoir plus de classes ouvertes avec ce nouveau protocole". L'évolution des cas positifs chez les élèves et les personnels reste, elle, en hausse, selon ce même point de situation hebdomadaire du ministère de l'Education : 

  • 33 550 cas confirmés chez les élèves sur la semaine écoulée, contre 21 976 la semaine précédente (+6 261 en 24h), soit 0,27% des 12 223 000 élèves.
  • 2 145 cas confirmés chez les personnels sur les 7 derniers jours, contre 1 562 la semaine d'avant (+385 en 24h),  soit 0,18% des  1 201 500 personnels. 

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