La France détient un bien triste record dans ses écoles, les enseignants ne savent plus comment faire
La France détient un record dans les écoles qui met directement en difficulté les élèves. Elle devance largement ses concurrents européens et cela préoccupe les enseignants.
Régression du niveau des élèves, manque d'enseignants... De nombreux sujets inquiètent dans le système scolaire français. A cela s'ajoute un indicateur en particulier qui préoccupe parents et enseignants depuis des années : la taille des classes. Dans les 22 pays de l'UE membres de l'OCDE, la moyenne est de 19 élèves par classe à l'école élémentaire et 21 élèves au collège. La France se situe bien au dessus de ces deux moyennes, surtout en dehors des zones d'éducation prioritaire. Des efforts ont été réalisés par l'Education nationale dans ces territoires défavorisés (REP et REP+) avec le dédoublement des classes de CP et CE1. Le reste du pays, lui, est sous tension en raison du manque d'enseignants.
Selon des données comparatives de l'Union européenne, rendues publiques par le gouvernement, la France détient même un record dont elle se serait bien passée : celui du nombre d'élèves par classe le plus élevé. Le rapport 2022 de la Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEEP) de l'Education nationale indique que c'est "la France qui présente la taille moyenne de classe la plus élevée à l'école élémentaire, avec 22 élèves par classe. Au collège, c'est à nouveau en France que les classes sont les plus chargées, en moyenne avec 26 élèves".
L'Allemagne et les pays scandinaves, par exemple, ont un taux d'encadrement plus petit, soit moins d'élèves par enseignant, ce qui permet notamment aux enseignants de mettre en place une approche plus individualisée. La France a un professeur pour 23,2 élèves à l'école maternelle et 18,4 élèves par enseignant en élémentaire, alors que l'Allemagne est à 9,2 élèves par enseignant à l'école maternelle et 14,9 en élémentaire.
Ce record français n'est pas qu'une simple statistique. Cette situation de surcharge semble directement pénaliser la réussite scolaire. Ce sureffectif scolaire tend à rendre difficile l'apprentissage par les enseignants au profit de la gestion du calme qu'ils essayent de conserver dans leurs classes. De plus, l'impossibilité d'accorder une attention équitable à chaque élève crée un environnement éducatif avec des disparités de niveaux entre les élèves volontaires et ceux qui n'osent pas s'exprimer.
De plus, les enquêtes internationales montrent une stagnation, voire une baisse des performances des élèves français en mathématiques et en lecture. Le manque de disponibilité de l'enseignant pour corriger les erreurs en temps réel et accompagner le raisonnement de l'enfant freine l'acquisition des fondamentaux.
La triste performance française est aussi, chiffres à l'appui, la traduction d'un manque de moyens attribués par l'Etat à l'Education Nationale comparé aux voisins européens de la France : les dépenses dans l'éducation représentaient 6,7% du PIB en 2023 contre 7,8% en 1995, selon l'Insee. Le FSU SNUipp, principal syndicat du corps enseignant, manque rarement une occasion de le souligner.