Un nouveau genre de garderies cartonne, les enfants en ressortent plus forts
Les aires de jeux sont des lieux adorés des enfants. Ils viennent s'y amuser et s'y dépenser sous le regard avisé de leurs parents. Mais sont-elles vraiment idéales comme environnement pour les plus petits ? Une expérience a été menée dans 43 garderies en Finlande. Les revêtements de sol des aires de jeux, que ce soit tapis en caoutchouc, sol en plastique ou encore gazon synthétique, qui sont choisis pour des motifs sécuritaires et d'entretien, ont été remplacés par des matériaux plus naturels. Ainsi, le sol est devenu de la terre, de la boue, du sable ou encore de la mousse.
Les enfants ont aussi été poussés vers de nouvelles activités pour les mettre en contact avec cette nature, notamment en creusant, en jouant avec la terre, ou en manipulant du compost. Ils sont même parfois incités à se salir. Dans l'une des crèches participantes, une petite fille a mélangé de la terre, du sable et des feuilles pour faire "un gâteau" avant de s'étaler le mélange sur le visage, rapporte The Guardian. Certains s'occupent aussi de potagers.

Cette expérimentation a été évaluée durant deux ans par l'Institut finlandais des ressources naturelles, institut de recherche gouvernemental. Il a suivi 75 enfants, âgés de trois à cinq ans, dont certains ont fréquenté ces nouvelles aires de jeux. Ils ont analysé si des changements s'opéraient chez les enfants qui étaient au plus près de la biodiversité car aujourd'hui, les enfants passent plus de temps en intérieur ou sont plutôt dans des environnements très contrôlés et sont donc moins confrontés aux micro-organismes du sol et aux écosystèmes naturels. Les différences environnementales peuvent pourtant avoir des conséquences mesurables.
Les chercheurs ont analysé les microbes présents sur la peau, la salive et le visage des enfants ainsi que leurs marqueurs immunitaires. Les enfants qui avaient fréquenté ces aires de jeux naturelles présentaient moins de bactéries pathogènes sur la peau et voyaient leur nombre de lymphocytes T, essentiels à un système immunitaire robuste, augmenter et ce au bout de seulement quelques semaines. Leurs réponses immunitaires étaient donc plus fortes.
Dans un environnement trop sécurisé, le système immunitaire ne fait pas face à une bonne stimulation, provoquant des affections comme l'asthme ou les allergies. C'est au contact de la nature qu'il apprend. Si ces recherches restent à préciser, l'étude invite à une vigilance plus approfondie face à cette "stérilité excessive", qui va surprotéger les plus jeunes même face à leur environnement naturel. Aki Sinkkonen, chercheur principal de l'étude, a ainsi déclaré : "Je ne veux plus voir de tapis en caoutchouc dans les jardins d'enfants !"