Un cercle magique bleu turquoise et pourtant... C'est le lac le plus dangereux de France, même s'en approcher peut être risqué

Un cercle magique bleu turquoise et pourtant... C'est le lac le plus dangereux de France, même s'en approcher peut être risqué S'il offre un paysage magnifique, ce lac français est strictement interdit à la baignade, qui peut s'avérer très dangereuse. Un phénomène particulier est surveillé de près par les scientifiques.

La France compte des milliers de lacs, étangs et autres plans d'eau. Evidemment, tous ces coins d'eau ne sont pas baignables, mais l'un d'entre eux est particulièrement dangereux alors qu'extérieurement, son apparence donne très envie de piquer une tête. Il a, en effet, une forme de cercle presque parfaite et l'eau est bleu turquoise en été.

Né il y a 6900 ans de la rencontre entre une montée de lave et une nappe phréatique, le lac Pavin s'étend sur 800 mètres de diamètre et 92 mètres de profondeur. Il est situé dans le Puy-de-Dôme en Auvergne sur le territoire de la commune de Besse-et-Saint-Anastaise. Son nom vient du latin "pavens" qui veut dire "épouvantable" et il a fait l'objet de légendes, étant notamment désigné comme le lac dont sortait le diable ou qui avait englouti une cité. 

S'il ne s'agit que d'histoires, le lac est réellement dangereux. La baignade y est strictement interdite. Si le danger est notamment lié à sa profondeur et à l'eau glaciale à quelques mètres du bord, les scientifiques ont relevé un autre phénomène à surveiller. 

Le lac Pavin est le plus jeune lac de cratère de France. Il est ainsi chargé en gaz dans ces 32 derniers mètres de profondeur. C'est, de plus, un lac meromictique, dont les eaux de surface et de profondeur se mélangent moins d'une fois par an. "La première couche d'eau de 60 mètres se retourne au fil des saisons. S'il y a du gaz, il est relâché de manière continue. Par contre, dans la seconde couche, les eaux restent stagnantes", a expliqué Guillaume Boudoire, enseignant-chercheur au laboratoire Magmas et Volcan, auprès de La Montagne. Ces gaz sont principalement du dioxyde de carbone et du méthane.

Des chercheurs ont simulé la libération de ces gaz lors d'une éventuelle éruption limnique, un dégazage brutal, et ont partagé leurs résultats dans une étude. Ces derniers pourraient alors atteindre la surface, voire la ville voisine. Cependant, les concentrations ne seraient pas suffisantes pour menacer la santé de la population dans la commune. Ils seraient toutefois dangereux aux abords du lac et donc près des sentiers de randonnées, empruntés par 200 000 personnes par an. Les teneurs en C02 pourraient y être létales entre 15 minutes et deux heures après l'éruption.

La situation au niveau du lac est pour le moment stable et un tel événement n'est donc pas annoncé. "En combinant les flux mesurés en surface avec des données météorologiques, la modélisation ne révèle aucun danger pour la vie humaine dans les conditions actuelles", révèle l'étude. Ce dégazage ne pourrait intervenir qu'en cas d'éboulement conséquent ou de puissant séisme. Ces modélisations peuvent cependant permettre d'envisager la mise en place d'un système d'alerte ou d'un itinéraire de secours.