Attentat à Sydney : qui étaient Dan Elkayam et les autres victimes de l'attaque antisémite ?
Des tirs qui ont duré "près de dix minutes" en direction d'un rassemblement juif sur la page de Bondi, à Sydney en Australie, pour le premier jour de Hanouka. L'attaque antisémite et qualifiée de "terroriste" par les autorités australienne, survenue dans la matinée du dimanche 14 décembre, a fait des dizaines de victimes : 15 personnes sont mortes, sans compter un des deux assaillants, et plus de 40 personnes ont été blessées.
Les victimes décédées sont des personnes âgées de 10 à 87 selon plusieurs médias australiens, elles appartiennent pour la plupart à la communauté juive. La victime la plus jeune est une fillette prénommée Mathilda. L'enfant a été transportée à l'hôpital pour enfants de Sydney après avoir été blessée par balle, mais elle n'a pas pu être sauvée. L'attaque terroriste de Sydney a également eu raison d'Alexander Kleytman, un juif octogénaire qui avait survécu aux horreurs de la Seconde Guerre mondiale. Le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, a annoncé dimanche qu'un ressortissant français se trouvait parmi les victimes.
Le Français Dan Elkayam parmi les victimes
Ce jeune Français de 27 ans se trouvait en Australie depuis décembre 2024 et travaillait à Sydney comme analyste informatique. Originaire du Bourget en Seine-Saint-Denis, Dan Elkayam était diplômé d'un master en génie informatique de l'École supérieure de génie informatique de Paris depuis 2022. Passionné de voyages, le jeune homme avait visité plusieurs pays comme les Etats-Unis, le Mexique, la Nouvelle-Zélande, la Thaïlande ou encore l'Indonésie et postait les photos de ses voyages sur ses réseaux sociaux.
Dan Elkayam est décrit dans les médias australiens, dont la ABC comme un joueur de football amateur "extrêmement talentueux et très apprécié de ses coéquipiers" selon les propos du club de Rockdale Ilenden dans lequel le jeune homme jouait. Le même club décrit Dan Elkayam comme "un membre à part entière" de son équipe en Premier League 1. Le jeune homme avait également fréquenté le club du Bourget de Seine-Saint-Denis pendant plusieurs années et "avait fait du futsal aussi" a ajouté le maire Jean-Philippe Borsali auprès de BFM.
Deux amis d'enfance de Dan Elkayam ont témoigné auprès de BFM et ont décrit "un bon gars, gentil, qui ne méritait pas ça" et qui "faisait rire tout le monde". "Il représentait vraiment les juifs de banlieue. Il représentait vraiment la mixité, il ne faisait aucune différence en fonction des religions. C'était une lumière pour tout le monde", a ajouté Ilan, un de ces amis, dans les colonnes du Parisien. Le frère de la victime, Jérémie Elkayam, a également témoigné sur Franceinfo : "Il avait la joie de vivre. Il n'y a pas de mot. C'était quelqu'un d'exceptionnel. On est dévastés, je n'arrive pas à réaliser. C'était quelqu'un d'extraordinaire qui profitait de la vie, pas du tout matérialiste, qui avait la valeur des choses et qui aimait voyager".
Une enfant de 10 ans, Matilda, et un grand-père de 78 ans, Tibor Weitzen
L'une des victimes de l'attentat de Sydney est une petite fille de 10 ans qui s'appelait Matilda. Sa famille n'a pas souhaité que son nom de famille soit divulgué, mais la tante de la victime a décrit une enfant "très sympathique" qui "adore l'école et a beaucoup d'amis". "C'est une enfant joyeuse, elle me fait toujours des câlins", a-t-elle ajouté auprès de ABC. La tante de Mathilda a fait savoir que la fillette avait une petite sœur "sous le choc et très stressée". Cette dernière n'a pas été touchée dans l'attaque, "mais son état mental actuel est préoccupant".
Si des familles ont perdu des enfants, d'autres ont perdu des grands-parents comme la petite-fille de Tibor Weitzen qui a confirmé la mort de l'homme de 78 ans. Tibor Weitzen avait d'Israël en Australie en 1988. D'après les témoignages, il est mort en protégeant d'autres personnes lors de l'attaque. Ses proches le décrivent comme un "gentil grand-père" qui "aimait la vie" et très apprécié à la synagogue.
Deux rabbins parmi les victimes
Le rabbin Eli Schlanger, ayant exercé la fonction de rabbin pendant 18 ans et anciennement à la tête de la mission Chabad à Bondi, fait partie des victimes. C'est son cousin germain, le rabbin Zalman Lewis, qui a confirmé sa mort. "Il laisse derrière lui sa femme et ses jeunes enfants, ainsi que mon oncle, ma tante et mes frères et sœurs", a déclaré le cousin d'Eli Schlanger. La victime était un membre actif de la communauté juive et était l'un des organisateurs de l'événement Hanouka au bord de la mer à Bondi Beach.
Le proche du rabbin a pointé les motivations antisémites de l'attaque : "Eli porte le nom de notre arrière-grand-père commun, assassiné par les nazis à Auschwitz… à cause d'une haine irrationnelle. Eli a été assassiné sur la plage de Bondi à cause d'une haine irrationnelle, et notre réponse doit être un amour irrationnel — une bonté irrationnelle", a-t-il déclaré.
Un autre religieux juif a perdu la vie dans l'attentat. Il s'agit du rabbin Yaakov Levitan, le secrétaire de la synagogue Chabad de Bondi où le rabbin Schlanger était assistant, a annoncé un autre religieux du pays, le rabbin Gabi Kaltmann. L'homme distribuait des tephillin, des objets religieux au moment de l'attaque d'après le Sydney Morning Herald.
Un survivant de l'Holocauste
Alexander Kleytman, qui avait survécu à l'Holocauste de la Seconde Guerre mondiale lorsqu'il était enfant, est décédé dans l'attentat de Sydney. C'est son épouse, Larisa Kleytman, elle aussi rescapée de l'Holocauste, qui a confirmé son décès aux médias. "Nous étions debout quand soudain il y a eu un grand boum, et tout le monde est tombé. À ce moment-là, il était derrière moi et, à un instant donné, il a décidé de s'approcher. Il a redressé son corps parce qu'il voulait rester près de moi", a-t-elle déclaré au journal The Australian. Originaire d'Ukraine comme son épouse, l'octogénaire avait émigré en Australie où il était Installé depuis des décennies. Il avait deux enfants et onze petits-enfants.
Des soutiens de la communauté juive
Parmi les victimes de l'attentat se trouve également Reuven Morrison, un réfugié de l'ancienne Union soviétique. L'homme était "d'une grande beauté et d'une générosité exceptionnelle, doté d'un sourire radieux qui illuminait la pièce", a réagi le rabbin Gabi Kaltmann auprès de la ABC. Reuven Morrison "a été un membre actif et un généreux donateur des communautés juives de Melbourne et de Sydney. Il a participé à la construction du centre Chabad de Bondi et a joué un rôle déterminant dans l'obtention des permis et du financement de la synagogue Chabad de Bondi".
Marika Pogany, une femme de 82 ans décédée dans l'attentat, est également présentée comme une bénévole très appréciée de la communauté juive de Sydney. D'après 9News, elle était assise au premier rang de la fête de Hanouka. Elle était bénévole depuis plus de dix ans, notamment auprès d'une association venant en aide aux personnes âgées juives et avait, d'après les médias australiens et avait notamment livré plus de 12 000 repas casher à domicile depuis la fin des années 1990.
Un policier à la retraite
Un ancien policier australien fait aussi partie des victimes, il s'agit de Peter Meagher. Le policier ayant servi "pendant près de 40 ans dans la police de Nouvelle-Galles du Sud" avait pris sa retraite. Il s'occupait en étant bénévole et manager de l'équipe première du club de rugby de Randwick, qui le décrit comme "l'une des figures emblématiques" du club, rapporte la ABC. L'homme travaillait comme photographe indépendant lors de l'événement de Hanouka, c'est pourquoi il était présent au moment de l'attaque a indiqué le club de rugby.