ONU : pourquoi l'organisation est confrontée à un risque d'"effondrement financier imminent"

ONU : pourquoi l'organisation est confrontée à un risque d'"effondrement financier imminent" Mise à mal par l'envolée des cotisations impayées et le désengagement des États-Unis, l'Organisation des Nations unies alerte sur une crise financière inédite.

Il tire la sonnette d'alarme. Dans une lettre adressée aux gouvernements des États membres, le secrétaire général de l'Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, a affirmé que cette dernière fait face à un "effondrement financier imminent", selon Le Monde.

Si l'ONU a déjà été confrontée à ce type de crises budgétaires, Antonio Guterres explique que "la situation actuelle est radicalement différente" en raison de plusieurs pays – non nommés – qui décident "de ne pas honorer des contributions obligatoires finançant une part significative du budget ordinaire approuvé".

Le désengagement des États-Unis fragilise l'ONU

Parmi ces États, les États-Unis jouent un rôle central. Hostile au multilatéralisme onusien, Washington a multiplié ces derniers mois les retards de paiement et les coupes ciblées dans les budgets d'agences internationales. Début janvier, Donald Trump a retiré son pays de 66 organisations internationales "qui ne servent plus les intérêts américains", dont 31 liées à l'ONU. De plus, le président américain a récemment lancé un "Conseil de la paix", visant officiellement à mettre en place son plan pour Gaza, mais perçu par ses critiques comme une structure destinée à concurrencer l'organisation.

Malgré le paiement des cotisations par plus de 150 États membres, l'Organisation des Nations unies a terminé l'année 2025 avec 1 600 000 000 dollars impayés, un montant plus que doublé en un an. Et ce n'est pas tout puisque l'ONU doit aussi rembourser aux pays certaines sommes correspondant à des dépenses non engagées. "Nous sommes pris dans un cycle kafkaïen : on attend de nous que nous rendions de l'argent qui n'existe pas", déplore Antonio Guterres dans son courrier.

Le budget-programme 2026 de l'ONU menacé

Avec ces difficultés, l'ONU est dans l'obligation de geler des périodes de recrutement, de retarder ses paiements ou de restreindre ses missions. Pourtant, ces mesures d'économie ne suffisent plus. Le secrétaire général redoute désormais que le budget-programme 2026, pourtant approuvé en décembre, ne puisse pas être "exécuté intégralement". "Pis, (…) les liquidités du budget ordinaire pourraient être épuisées dès le mois de juillet", prévient-il.

En ce sens, Antonio Guterres demande aux États membres de régler leurs cotisations ou d'engager une révision des règles financières de l'organisation. Un appel pressant qui intervient alors que son mandat se termine à la fin de l'année.

Plus de 2 000 postes supprimés par l'ONU

Pour 2026, le budget ordinaire de l'ONU s'élève à 3 400 000 000 dollars, en baisse de 7% par rapport à l'année précédente. Les États membres ont entériné la suppression d'environ 2 400 postes, l'un des ajustements les plus stricts de ces dernières années.

Les États-Unis restent officiellement le premier contributeur, avec 22% du budget pour la période 2025-2027, suivis de près par la Chine (20%), selon un barème basé sur la capacité de paiement de chaque pays.