Retailleau encense un mouvement nationaliste prônant "la remigration"

Retailleau encense un mouvement nationaliste prônant "la remigration" Une vidéo dans laquelle le ministre de l'Intérieur félicite le collectif d'extrême droite identitaire Némésis circule ces derniers jours, suscitant l'indignation de certains opposants. Éléments de contexte.

"Némésis, je voudrais féliciter les jeunes dames que j'ai vues, voilà. Bravo pour votre combat, vous savez que j'en suis très proche." Ces propos ont été tenus par le ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau, mardi 21 janvier. Le locataire de Beauvau était alors l'invité du centre de réflexion sur la sécurité intérieure, fondé par l'avocat français spécialiste, entre autres, de la défense des forces de sécurité intérieure (police, gendarmerie, armée) et de la défense de victimes d'actes terroristes, Thibault de Montbrial.

Lancé en 2019, peu après le début du mouvement #MeToo, qui encourage les femmes à dénoncer les viols et agressions sexuelles dont elles sont victimes, le collectif Némésis est un groupe d'action d'extrême droite identitaire se revendiquant féministe. Il s'est illustré ces dernières années par ses prises de position racistes, anti-islam, anti-immigration et anti-transidentité. Némésis est particulièrement connu pour dénoncer les cas de violences sexuelles commis par des personnes immigrées.

"Il se référait à ce qu'elle venait de dire"

Alors que les militants du collectif Némésis ont fait l'objet de plusieurs plaintes, dont une déposée par la maire de Lille, Martine Aubry, pour "incitation à la haine raciale" à la suite du déploiement de banderoles anti-immigration, la députée insoumise Clémence Guetté n'a pas manqué de dénoncer les propos de Bruno Retailleau. "Je ne pense pas que le ministre connaisse la dirigeante de Némésis, Alice Cordier, et je ne suis pas sûr qu'il sache exactement ce qu'est Némésis. Il s'intéresse davantage à la DZ Mafia", a tenté d'évacuer l'entourage de Bruno Retailleau, interrogé par BFMTV sur cette séquence pour le moins troublante. Avant de rappeler le contexte de la déclaration faite par Bruno Retailleau : "Il répondait simplement à une question sur la dissolution du collectif La Jeune garde et sur les chiffres de l'antisémitisme. Quand il salue les combats d'Alice Cordier, il se référait à ce qu'elle venait de dire". Le ministre de l'Intérieur aurait en effet évoqué la possible dissolution à venir du collectif d'extrême gauche, La Jeune garde antifasciste.