Trois députés jugés inéligibles, pourquoi ces élus sont contraints de démissionner d'office
L'Assemblée nationale ne compte plus que 574 députés. Trois députés ont été déclarés inéligibles par le Conseil constitutionnel ce vendredi 11 juillet 2025, leurs comptes de campagne ont été rejetés. Deux élus macronistes, Jean Laussucq (Paris) et Stéphane Vojetta (Français de l'étranger) et la ciottiste Brigitte Barrèges (Tarn-et-Garonne) sont donc contraints de démissionner de leur mandat. La sanction est la même pour les trois ex-membres du Palais-Bourbon : un an d'inéligibilité, ce qui les rend démissionnaires d'office. De facto, des élections législatives partielles seront organisées dans leurs circonscriptions pour désigner de nouveaux députés dans la chambre basse du Parlement.
Jean Laussucq est soupçonné d'avoir réglé "des dépenses de campagne au moyen de son compte bancaire personnel" et d'avoir laissé des tiers régler "directement une part significative des dépenses exposées pour sa campagne électorale" de 2024. Les dépenses irrégulières "représentent 21 % du montant des dépenses du compte et 10,2 % du plafond des dépenses autorisées dans la circonscription" et s'élèvent à 7 030 euros, indique le Conseil constitutionnel.
Deuxième inéligibilité pour la ciottiste Brigitte Barrèges
Il est ensuite reproché à Stéphane Vojetta d'avoir réglé "irrégulièrement" une "part substantielle des dépenses engagées" durant sa campagne, notamment des "frais de transport". Le principal intéressé l'assure : "On ne se débarrassera pas de moi comme cela". "La Banque Postale a eu besoin de cinq semaine pour ouvrir mon compte de campagne, m'obligeant à prendre en charge certains frais de campagne avant l'ouverture de ce compte", explique-t-il.
Enfin, Brigitte Barrèges est, elle, épinglée pour avoir facturé la participation à sa campagne de deux collaborateurs de son cabinet à la mairie de Montauban, alors qu'elle en était la maire. Dans une vidéo, elle déplore une "décision extrêmement lourde et politique". "Je me relèverai, je serai toujours présente", a lancé l'élue. En 2021, elle avait déjà été déclarée inéligible pour une durée de cinq ans pour détournements de fonds publics, l'obligeant à démissionner de la mairie de Montauban. Ex-membre des Républicains, elle fait désormais parti de l'UDR, créée par Eric Ciotti, soutien du Rassemblement national (RN) de Jordan Bardella.