Le RN veut rouvrir des maisons closes "en mode coopératif", une proposition de loi en route
Quatre-vingts ans après leur fermeture actée par la loi Marthe Richard, les maisons closes seraient-elles sur le point de revoir le jour en France ? Comme le rapporte Le Monde, le député de la Somme et actuel M. Budget du Rassemblement national, Jean-Philippe Tanguy, prépare une proposition de loi allant en ce sens. Et pour cause, selon lui, le cadre actuel de la prostitution en France constituerait le "summum de l’hypocrisie".
La pénalisation des clients, mise en place en 2016 sous François Hollande, aurait aggravé la situation des prostitués, condamnant les principaux concernés à se cacher davantage encore dans les bois et à travailler dans des conditions particulièrement risquées. "Elles se font tabasser, égorger parfois, et personne n'en parle !" déplore Jean-Philippe Tanguy, qui évoque les professionnels au féminin.
Des maisons closes "tenues par les prostituées elles-mêmes"
"Je vais proposer la réouverture des maisons closes, mais tenues par les prostituées elles-mêmes, en mode coopératif", a donc récemment annoncé aux membres de la commission des finances celui qui dans sa jeunesse a "un peu participé au travail du Bus des femmes au bois de Boulogne", une association qui aide les personnes prostituées. "J'ai alors vu la précarité, la souffrance, l'horreur quotidienne que vivaient ces femmes", raconte le député de la Somme, qui affirme avoir aussi rencontré à Paris, dans le quartier de Saint-Lazare, "de vieilles prostituées, très fières de leur métier".
"Je prépare une proposition de loi en ce sens. Une première version est prête, mais doit être améliorée. J'ai le soutien de Marine [Le Pen] pour cette initiative", assure au Monde Jean-Philippe Tanguy. Concrètement, le député RN souhaiterait remettre en place des maisons de tolérance, comme ce fut le cas entre 1804 et 1946 dans l'Hexagone, avec toutefois une différence : le fait que "les prostituées seraient impératrices en leur royaume" et ne seraient plus sous le joug de proxénète.
Reste que le projet n'est pas forcément vu d'un bon œil par tout le monde. "Recréer des maisons où l'on enfermerait des êtres humains, juste pour assouvir les besoins sexuels jugés irrépressibles d'hommes, non, c'est inimaginable", étrille Delphine Jarraud, déléguée générale de l'Amicale du Nid, au Monde. "Hors de question de se retrouver alliés du RN et de ceux qui veulent chasser les étrangers", affirme-t-on du côté du Strass, qui milite pourtant pour des coopératives. "Sans doute faudrait-il trouver un autre nom que 'maison close', qui n'a pas laissé que de bons souvenirs", tente pour sa part Jean-Philippe Tanguy. Quoi qu'il en soit, c'est un sujet qui ne sera abordé qu'une fois "que le budget sera passé", souligne le député.