Nicolas Sarkozy se rapproche-t-il de Marine Le Pen pour satisfaire un ami ? Ses "intérêts d'affaires" en question
Un mois après sa sortie de prison, Nicolas Sarkozy publie ce mercredi 10 décembre 2025 son livre "Journal d'un prisonnier" aux éditions Fayard (éditeur du groupe Bolloré). L'ancien président de la République y raconte ses vingt jours passés derrière les barreaux à travers des confessions et des anecdotes. "Tous les faits" relatés "correspondent à la réalité de ce que j'ai vécu", voilà comment l'ancien chef de l'Etat entame son récit. Arrive le moment où Nicolas Sarkozy évoque une "surprise" dans cet ouvrage de plus de 200 pages, il s'agit de Marine Le Pen.
Celui qui fut incarcéré à la Santé explique avoir "apprécié les déclarations" de la cheffe de file des députés RN à l'Assemblée nationale, "à la suite de (sa) condamnation". Il fait également part d'une conversation avec Marine Le Pen, dans laquelle il assure qu'il ne militera pas pour un "front républicain" en cas d'élections législatives anticipées, car le Rassemblement national n'est "pas un danger pour la République", dit-il.
Un "esprit de rassemblement le plus large possible"
L'ancien maire de Neuilly-sur-Seine va jusqu'à établir un rapprochement entre les électeurs du RN et son ancien électorat, alors qu'il faisait partie de l'UMP. "Beaucoup d'électeurs actuels de Marine Le Pen et de Jordan Bardella étaient à mes côtés lorsque j'étais dans la politique active (...) Jamais, lorsque j'étais président de l'UMP, ni le père ni la fille n'ont été présents au second tour de l'élection présidentielle. Insulter les dirigeants du Rassemblement national, c'est insulter leurs électeurs, donc les nôtres, au moins potentiellement", juge-t-il.
Alors, une alliance entre la droite (LR en l'occurrence) et le RN est-elle possible en vue de la prochaine présidentielle, par exemple ? Nicolas Sarkozy ne le dit pas. En revanche, il se positionne en faveur d'un "esprit de rassemblement le plus large possible", sans être plus précis sur la question. Avec une telle position, Nicolas Sarkozy pourrait largement fragiliser son propre parti qui verrait son influence fondre comme neige au soleil s'il venait à s'allier avec le RN. L'exemple le plus frappant étant le parti d'Eric Ciotti, l'UDR, désormais allié du parti à la flamme, dévoré par le Rassemblement national qui ravage tout sur son passage (pour l'heure), avant le scrutin suprême de 2027.
"Dans cette volte-face inouïe, il est difficile de distinguer la part de ses intérêts d'affaires et celle de ses affects (il a été vexé d'avoir reçu peu de soutien des LR)", peut-on lire dans l'éditorial du Monde, publié le 9 décembre 2025. Rappelons que Nicolas Sarkozy est aussi administrateur du groupe Lagardère, détenu par "son ami" Vincent Bolloré, partisan de l'union des droites et détenteur de la maison d'édition Fayard. La droite et l'extrême droite pactiseront-elles dans les prochains mois ? Seul l'avenir nous le dira. Tout comme la finalité des velléités de Nicolas Sarkozy, se montrant toujours un peu plus aligné avec la ligne de Marine Le Pen et du RN.