Le député RN Frédéric-Pierre Vos tient des propos loufoques sur un génocide, le parti présente ses excuses

Le député RN Frédéric-Pierre Vos tient des propos loufoques sur un génocide, le parti présente ses excuses En plein débats budgétaires à l'Assemblée nationale, le député RN Frédéric-Pierre Vos a tenu des propos pour le moins surprenants sur le génocide au Rwanda, suscitant un véritable tollé.

La tension était palpable ce 15 janvier 2026. Alors que la France n'a toujours pas de budget pour 2026 et que l'exécutif envisage toutes les options sans écarter celle d'une nouvelle dissolution de l'Assemblée nationale, le ton est monté au palais Bourbon ce jeudi. En cause, des propos tenus par un député du Rassemblement national.

Alors que se tenait un débat sur le pacte Dutreil - qui prévoit un abattement fiscal de 75% pour les descendants se voyant transmettre une ou des entreprises familiales -, Frédéric-Pierre Vos s'est quelque peu emporté. "La résistance à l'oppression, c'est de ne pas confondre égalité et égalitarisme, et vous transformer en Tutsi pour couper les Hutu sous prétexte qu'ils étaient plus grands", a-t-il lancé, faisant référence au terrible génocide survenu en 1994 au Rwanda, qui a coûté la vie à plus de 800 000 personnes.

Une phrase "intolérable" qui "inverse la victime et le bourreau"

Dans la foulée, la présidente du groupe Écologiste et social, Cyrielle Chatelain, est montée au créneau. "Cela revient à une attitude négationniste", a-t-elle déploré depuis l'hémicycle du palais Bourbon, dénonçant des propos "absolument honteux". Et d'ajouter : "Comparer le fait de vouloir la juste contribution des Français à un génocide où des gens ont été tués à la machette, c'est inadmissible."

Les propos du député RN ont particulièrement affecté le député des Côtes-d'Armor, Hervé Berville (Renaissance), lui-même né au Rwanda et orphelin tutsi. Réagissant à cette phrase "intolérable", il a souligné qu'elle "inverse la victime et le bourreau", alors que la plupart des victimes de ce génocide étaient en effet Tutsis.

D'autres personnalités se sont également offusquées, à commencer par le socialiste Boris Vallaud qui a réclamé que le bureau de l'Assemblée se saisisse de l'incident, celui-ci étant en charge de prononcer les plus lourdes sanctions contre les députés. Face à la polémique, le parti de Jordan Bardella et de Marine Le Pen n'a pas tardé à présenter ses excuses. "Je tiens au nom de notre groupe à nous excuser pour les propos qui ont été tenus que je ne comprends pas évidemment. Nous honorons la mémoire des victimes du génocide au Rwanda", a ainsi réagi le député RN Jean-Philippe Tanguy.