LFI classée à l'extrême gauche : les explications en trois points du ministre de l'Intérieur
Laurent Nuñez persiste et signe. Dans une circulaire datant du lundi 2 février, mais publiée mercredi dernier, le ministère de l'Intérieur a acté le classement des candidats investis par La France insoumise aux élections municipales dans le bloc "extrême gauche". Une décision qui n'a pas manqué de susciter l'ire des principaux concernés, jusqu'à leurs partenaires, socialistes entre autres. Sur RMC et BFMTV, ce lundi 9 février 2026, Laurent Nuñez a assumé "complètement" ce choix.
Au micro de la chaîne d'information en continu, il a justifié cette décision par "trois éléments" qui permettent cette évolution, tout en soulignant que le nuançage "évolue en permanence". Pour commencer, le ministre de l'Intérieur a pointé "la remise en question très forte de l'autorité judiciaire, des médias et les accusations systématiques sur 'la police qui tue'", brandies par les membres du parti fondé par Jean-Luc Mélenchon. Laurent Nuñez a déploré "une évolution vers une forme de radicalité et parfois des appels à la désobéissance civile". Le basculement en question remonterait, selon lui, à l'été 2025.
"Depuis l'été dernier, il y a une évolution vers une forme de radicalité"
— RMC (@RMCInfo) February 9, 2026
Laurent Nuñez évoque le classement de LFI à l'extrême gauche pour les municipales pic.twitter.com/DvzpzJZ4IE
Un éloignement des valeurs universalistes républicaines
Dans un deuxième point, Laurent Nuñez a mis en exergue les dissensions qui existent depuis quelque temps également entre LFI et les autres partis de gauche. "Il y a une forme de dés-alliance au sein du bloc de gauche, avec La France insoumise qui appelle à 'sanctionner' le Parti socialiste et qui monte des listes contre la gauche traditionnelle", a-t-il souligné, alors que les insoumis font souvent bande à part pour ces élections municipales.
Enfin, Laurent Nuñez a indiqué, en troisième point, que La France insoumise avait tendance à s'éloigner "un peu de nos valeurs universalistes républicaines, en donnant la primauté aux aspects communautaires de l'organisation de la société". Mercredi dernier, Jean-Luc Mélenchon était monté au créneau après avoir découvert ce nouveau nuançage. Il n'avait pas hésité à accuser le locataire de Beauvau de "troubler l'ordre public électoral en changeant les étiquettes sur les partis politiques". Et l'insoumis de lancer à Laurent Nuñez : "Personne ne vous a demandé de faire de la sociologie politique."