"On est terrifiés" : face au hantavirus, des soignants de l'hôpital évoquent leur "peur"
L'ombre du Covid-19 semble encore planer au-dessus du pays. Avec l'arrivée du hantavirus en France et une vingtaine de cas contacts hospitalisés dans des hôpitaux parisiens, les soignants se retrouvent une fois de plus en première ligne. Ils font cette fois-ci face à un virus connu, certes, mais dont certaines caractéristiques interrogent et inquiètent au plus haut point.
"C'est un virus très grave", alerte justement Benjamin Rossi, médecin infectiologue à l'hôpital Robert Ballanger à Aulnay-sous-Bois, au micro de Public Sénat ce mercredi 13 mai. De plus, "il n'y a pas de traitement et pas de vaccin" contre l'hantavirus, a confirmé Yasmine Belkaid, directrice générale de l'institut Pasteur, sur le plateau du JT de 20 Heures de France 2, ce mardi. De quoi renforcer le sentiment de méfiance.
Ne pas céder à la panique est plus facile à dire qu'à faire, notamment pour ceux qui oeuvrent dans nos hôpitaux chaque jour et qui font face au hantavirus. À l'hôpital Bichat, la croisiériste française de plus de 65 ans positive au hantavirus reste dans un état grave. Elle lutte contre "la forme la plus sévère" du virus et dispose d'un "poumon artificiel", précisait hier Xavier Lescure, infectiologue à l'hôpital Bichat, pendant une conférence de presse en présence de la ministre de la Santé, Stéphanie Rist.

Dans le service des maladies infectieuses de l'hôpital Bichat, certains soignants livrent leur inquiétude. "Nous, on est terrifiés, vraiment, on a peur", déclare une infirmière dans les colonnes de Franceinfo. "Avec tous les collègues, on n'est pas du tout rassurés. Certains ont dit que s'ils devaient être déplacés dans ce service, ils n'iraient pas", poursuit-elle. Déplorant un manque d'information de la part de la direction de l'établissement, un anesthésiste se questionne sur la suite de la prise en charge des patients : "si tous les soignants désertent, qui va tenir l'hôpital ?" demande-t-il.
La peur se fait également ressentir jusqu'à la Maison du don du sang de l'hôpital Bichat et pas uniquement chez les soignants, loin de là. "On a eu des annulations à la suite de la médiatisation de l'hantavirus. Des donneurs nous ont dit 'en fait, on a trop peur de venir', confie une infirmière de l'Etablissement français du sang. "Tout va bien, la santé n'est pas mise en danger pour les donneurs. Donc, revenez, si c'est possible ! (...) Le service est très sécurisé", conclut-elle chez nos confrères, pour tenter de rassurer la population et attester du professionnalisme du corps médical dans sa prise en charge.