Ces produits alimentaires sont désormais interdits à la vente, des rayons vidés dans plus de 2000 magasins en France
A partir de ce vendredi 15 mai, les Français pourront face, dans certains commerces, à des rayons vides. Une nouvelle règle vient d'entrer en vigueur dans l'Hexagone faisant disparaitre une gamme de produits de plus de 2000 magasins. Bonbons, pâtes de fruit, biscuits, tisanes, huiles comestibles... Certains vont disparaitre, mais pas n'importe lesquels : ceux qui contenaient du CBD. Les produits alimentaires contenant du cannabidiol sont désormais interdits à la vente en France. Certains pouvaient même être vendus en pharmacie.
La Direction générale de l'alimentation a décidé d'appliquer la réglementation européenne en la matière. Le règlement "Novel Food" impose aux produits non traditionnellement consommés au sein de l'UE d'avoir une autorisation de commercialisation. Ce qui n'est pas le cas du CBD, qui attend toujours une réponse favorable de l'Autorité européenne de sécurité des aliments. Le CBD à fumer ou sous forme de liquide de cigarette électronique reste autorisé. Les consommateurs qui ont déjà des stocks ne seront pas sanctionnés, mais il ne sera plus possible d'en acheter maintenant.

C'est un vrai coup dur pour les commerçants : le CBD alimentaire représenterait 40% du chiffre d'affaires des magasins spécialisés. "On trouve ça complètement aberrant", a réagi auprès de l'AFP Paul Maclean, représentant de l'Union des professionnels du CBD (UPCBD). Il a déploré une décision insensée : "On peut prendre du CBD, mais on peut juste ne pas le prendre sous forme alimentaire, ce qui n'a absolument aucun sens". D'autres regrettent la disparition d'une alternative pour les non-fumeurs, comme l'a expliqué Nicolas, vendeur de produits à base de CBD, auprès de France info. Il craint aussi que ses clients se tournent vers les achats à l'étranger ou la vente en ligne où ils manquent de contrôle. Les producteurs de cannabis sont également inquiets.
S'il n'y a eu d'essais cliniques qui ont prouvé les bienfaits thérapeutiques du CBD, ce dernier est classé "sans risques" par l'OMS, ne provoquant pas de dépendance. Il a toutefois une petite dose de THC, la molécule du cannabis, qui est pour, sa part, interdite en France. Le seuil légal est de 0,3%. Or, selon l'Anses, ce seuil n'est pas toujours respecté dans les produits à base de CBD, précise RMC. Des produits de synthèse seraient également parfois ajoutés, faisant grimper le nombre d'intoxications depuis 2024, tout comme le surdosage en THC. Les symptômes rapportés sont de la fatigue, des nausées, des maux de tête, mais aussi des crises d'angoisses, des hallucinations et des pertes de connaissances. Il vaut mieux se renseigner auprès d'un professionnel de santé avant de s'en procurer et désormais, ce ne sera plus sous forme de produits alimentaires.