Dylan Vas, aveugle depuis 12 ans, retrouve la vue : l'exploit médical qui a changé sa vie
Dylan Vas vit un véritable rêve éveillé après que sa vie a tragiquement basculé. En 2013, alors qu'il n'est âgé que de 12 ans, le jeune homme est frappé par le syndrome de Lyell, une réaction allergique rare. Ses yeux sont brûlés et il perd totalement la vue. "Ça a dû être une nouvelle vie parce qu'il faut se réadapter à tout ça", a-t-il confié à franceinfo.
Douze ans plus tard, retournement de situation. Alors qu'il pensait que son handicap était irréversible, le jeune homme aujourd'hui âgé de 24 ans, se voit proposer par son médecin une opération exceptionnelle qui pourrait lui faire retrouver la vue. Sans hésiter, Dylan Vas accepte. Ainsi, pendant 8 heures, il est opéré au CHU de Montpellier par le professeur Vincent Daïen, le chef du service ophtalmologique. Pour ce faire, le chirurgien utilise une dent de son patient - en l'occurrence l'une de ses canines - qu'il prélève et creuse afin d'y placer une lentille de 4 à 5 millimètres comme un morceau de lunette. C'est ce que l'on appelle la kératoprothèse.
Des résultats immédiats
Cette prothèse est ensuite placée sous l'œil de Dylan pour s'y vasculariser avant d'être ensuite fixée à la place de son œil brûlé. "L'intérêt, c'est que c'est un tissu qui ne se résorbe quasiment pas. On l'a retrouvé chez des patients décédés après, ça reste plus longtemps que tous les autres supports testés", explique le professeur. Le résultat, lui, est immédiat. "Je lui ai enlevé le pansement le soir de l'opération. Ça peut prendre quelques semaines, voire quelques mois, mais dans son cas, il arrivait déjà à compter les doigts de la main alors qu'il n'avait auparavant que des perceptions lumineuses", ajoute Vincent Daïen.
Pour Dylan Vas, cette opération est un véritable bouleversement dans sa vie. Auprès de franceinfo, ce dernier confiait d'ailleurs avant son opération sa peur de revoir ses proches, même s'il était excité à l'idée de pouvoir le faire à nouveau. "Revoir mes parents, parce que mes parents, c'est mes parents. J'ai bien peur quand même de les voir, parce que je me dis que les gens qui m'entourent, ils ont dû prendre un petit coup". Et d'ajouter : "Puis la nature, revoir une fleur, rien qu'une rose. Tout ça, c'est mon but en fait." Une semaine après son opération, le jeune homme qui emménagera prochainement dans son propre appartement, réapprend à vivre comme n'importe quelle personne. Ayant retrouvé à présent trois dixièmes de vision, il peut désormais voir son reflet qu'il n'avait pas vu depuis si longtemps dans le miroir. "Ça devient de plus en plus net. Je commence à voir mon visage. C'est incroyable. Je me tire la langue", confie-t-il.