Lot. "Si j'avais su..." : il regrette d'être devenu chasseur après un drame et demande pardon
Un accident de chasse mortel jugé par le tribunal correctionnel de Cahors. Le jeudi 25 septembre, un homme de 41 ans a comparu pour homicide involontaire, car accusé d'avoir tiré un coup de feu ayant entraîné la mort d'un autre chasseur, Bruno Bonnel, le 23 février dernier à Lamothe-Cassel.
Le prévenu, père de deux enfants, est un chasseur expérimenté qui pratique depuis 19 ans et ayant suivi plusieurs formations, dont celle de chef de battue, rapporte actu Lot. "Il est donc censé être au faîte des règles de sécurité" a estimé le juge. Pourtant, les faits ont montré que le chasseur n'avait pas respecté toutes les règles le jour du drame.
Le quadragénaire a reconnu être l'auteur du tir ayant mortellement touché Bruno Bonnel au niveau du menton. Devant le juge, il a explique avoir tiré un premier coup réussi sur un sanglier, avoir loupé un autre animal lors d'un deuxième coup et avoir tiré une troisième fois, c'est ce dernier coup qui s'est avéré fatal pour la victime. Le prévenu a reconnu être sorti de son angle de tir, mais a assuré avoir pratiqué un tir fichant censé finir sa course dans le sol. "Cela a été une imprudence de ma part, je suis désolé", a-t-il déclaré durant l'audience rapporte le média local.
Une erreur à laquelle s'ajoute la consommation de cannabis, dont des traces ont été retrouvées lors d'analyses. Le chasseur a reconnu consommer ce stupéfiant occasionnellement et avoir tiré quelques lattes sur un joint le matin du 23 février. Une habitude connue des autres chasseurs et partagées par certaines selon les débats tenus à l'audience. Mais d'autres reproches sont fait au mis en cause : l'utilisation d'un arme non-déclaré et sa non-dénonciation après le drame.
Le tir mortel a été effectué avec une carabine que le chasseur possède sans l'avoir déclarée a fait savoir le juge. L'homme a seulement fait répertorier un fusil calibre 12 qu'il est allé chercher dans sa voiture le jour du drame après les trois coups de feu et la mort de Bruno Bonnel. Un comportement interrogé durant l'audience, d'autant qu'à ce moment le fils de la victime crie. "Je suis allé prendre le fusil dans la voiture, car je n'avais plus de balle pour la carabine. Si je n'ai pas réagi aux cris, c'est parce que je n'entendais pas bien vu l'éloignement. J'ai d'abord pensé à un agriculteur qui appelait ses animaux. Ensuite, en voyant arriver les pompiers, j'ai cru qu'un promeneur s'était blessé", a répondu le prévenu.
Quant à l'absence de dénonciation, elle n'était pas volontaire selon le prévenu. Il a expliqué avoir été persuadé d'avoir effectué un tir fichant et ne pas être impliqué dans le drame jusqu'à la découverte d'une de ses munitions usagées sur la victime.
Au cours de l'audience, le chasseur a plusieurs fois reconnu ses torts, exprimer des regrets et présenté des excuses à la famille Bonnel et à la sienne : "Si j'avais su qu'un jour il m'arriverai une chose pareille, je n'aurais même pas passé le permis de chasser, je ne serai jamais allé à la chasse ! Nous souffrons tous de ce qui est arrivé, malheureusement, on ne peut pas revenir en arrière. Je suis malheureux pour la famille !".
"Il est coupable du décès de M. Bonnel et ce n'est pas discutable", a déclaré le parquet après avoir souligné plusieurs fautes du chasseurs. La vice-procureure a ensuite demandé une peine "à la hauteur" de 30 mois de prison, dont 18 avec sursis probatoire pendant 2 ans, assortis d'une obligation de réparer, de soins et de travail, ainsi que le retrait définitif du permis de chasser et du port d'arme. Des réquisitions jugées "hors de proportion" par l'avocat de la défense. Le jugement doit être rendu le 23 octobre. Le chasseur mis en cause a conclu avec ces morts : "Que la famille ne me pardonne pas, je le conçois, mais que la justice soit la plus juste possible envers moi".