Messe en hommage à Pétain : la paroisse justifie l'office avec un argument religieux

Messe en hommage à Pétain : la paroisse justifie l'office avec un argument religieux Une enquête pour "contestation de crime contre l'humanité" a été ouverte par le parquet, après la tenue d'une messe en hommage au maréchal Pétain à Verdun, samedi dernier.

Le parquet annonce ce lundi 17 novembre l'ouverture d'une enquête pour contestation de crime contre l'humanité à l'encontre du président de l'Association pour la défense de la mémoire du maréchal Pétain (ADMP), Jacques Boncompain, après une messe organisée samedi dernier à Verdun. La plainte vise également le prêtre qui a célébré la messe, indique la procureure de la République de Verdun, Delphine Moncuit, comme révélé par l'Agence-France-Presse (AFP). Ce dernier est mis en cause pour "provocation par ministre du culte à la résistance à l'exécution des lois ou actes de l'autorité publique".

Après la déclaration du président de l'association assurant que Pétain avait été "le premier résistant de France", la préfète de la Meuse a fustigé des propos "clairement révisionnistes", annonçant effectuer un signalement au procureur, tout en mettant l'accent sur son souhait d'une "éventuelle dissolution" de l'ADMP. Attention, cette prérogative relève du ministère de l'Intérieur et non d'une préfecture, quelle qu'elle soit.

Pourtant, cette messe aurait pu ne jamais avoir lieu. En effet, la semaine passée, le maire de Verdun - Samuel Hazard - avait pris un arrêté interdisant l'hommage au maréchal Pétain. Une décision annulée vendredi dernier par le tribunal administratif de Nancy. Désormais, une enquête est ouverte pour "contestation publique de l'existence de crime contre l'humanité commis durant la Seconde Guerre mondiale" et pour "tenue d'une réunion politique dans un local servant habituellement à l'exercice d'un culte", indique Delphine Moncuit, procureure de la République de Verdun, à l'AFP.

Rappelons que la tenue d'un propos révisionniste est passible d'une peine de 45 000 euros d'amende et que le maréchal Pétain a été déclaré coupable d'intelligence avec l'ennemi et de haute trahison le 15 août 1945, après avoir collaboré avec l'Allemagne nazie. Il est alors condamné à mort, à l'indignité nationale et à la confiscation de ses biens.

Le prêtre s'engage à célébrer la messe "comme un service spirituel"

Dans un communiqué publié le 13 novembre dernier, Mgr Philippe Ballot, Administrateur apostolique du diocèse de Verdun, assure que "pour l'Eglise, toute personne peut demander à un prêtre de célébrer une messe à l'intention d'une personne défunte, quelle que soit sa vie passée". "En acceptant l'intention de messe, le prêtre s'engage à la célébrer comme un service spirituel, cela n'est pas le reflet de son jugement personnel", poursuit-il. 

Il rappelle également ne pas avoir été contacté par le maire de Verdun avant la parution de l'arrêté interdisant la messe, le 10 novembre. Le document faisait part de "risques graves de troubles à l'ordre public". Dans une lettre en date du 12 novembre et adressée à Mgr Philippe Ballot, le premier édile de Verdun précise "qu'il apparaît nécessaire d'annuler cette célébration", s'en remettant à "l'autorité spirituelle" de l'Administrateur apostolique de la commune. "Oui, on peut toujours, on doit toujours, prier pour tout homme, et quand il est décédé encore plus, en s'en remettant à Dieu dont la toute-puissance est d'être Amour", a également déclaré Mgr Philippe Ballot dans son homélie du 11 novembre 2025, en la cathédrale de Verdun.